‹ Contribution à l'étude de la nutrition azotée de la cellule vivante: assimilation de la molécule nitrique par l'Aspergillus repens de BaryChapitre 80 sur 82 · LES · texte numérisé non relu

LES

3° -__ Lieu de la réduction.

On a cherché également à savoir si la réduction était due à des diastases endo-cellulaires ou exo-cellulaires et des expériences (IRWIN) (19) ont surtout eu lieu avec des plantes supérieures ou bien des bactéries. Mais on ne trouve guère de références au sujet des Moisissures.

Personnellement, nous n’apportons pas de preuves pour ou contre Car nous n’avons pas envisagé le problème de la réduction sous cet angle. La réaction est-elle exo-cellulaire ? C’est posble, néanmoins nous pencherions vers l'inverse.

En effet si la réduction se passait hors de la cellule, il est vraisemblable que la réaction ne serait pas réglée par le pH du milieu de culture : c’est-à-dire par la perméabilité de la membrane aux molécules nitriques.

De plus l’action des déshydrases est bien connue chez différents organismes inférieurs comme les Bactéries et en général leur pH d'action optimum est compris entre 6 et 7, c’est-à-dire très loin de l’action maximum du phénomène de réduction que nous avons observé (pH 1,4).

Il paraît donc peu probable que de telles diastases trouvent hors des cellules, dans un milieu si acide, des conditions optima.

4° -__ Destinée de cette ammoniaque.

L’ammoniaque ainsi formée à l’intérieur de la cellule par réduction directe de l’acide nitrique est un corps {rès toxique pour le protoplasme de l’organisme vivant.

Il faut que la cellule, par un moyen approprié se « détoxique ». Et, ainsi que nous l’avons précédemment exposé, dans notre historique, il existe plusieurs moyens pour arriver à ce but.

L’ammoniaque se trouve dans la cellule sous un état :

a) très réactionnel,

b) très toxique,

c) mais aussi très diffusible à travers la membrane cellulaire.

Ainsi la cellule pourra s’en débarrasser :

1°) par copulation avec un acide pour former des sels ammoniacaux ; ,

2°) par copulation avec des résidus carbonés à forme acide.

3°) par copulation avec des résidus carbonés à forme aminoacide ; |

4°) enfin tout simplement par exosmose.

Quel est le moyen qu’utilise l’Aspergillus repens pour se débarrasser contre cet envahissement ammoniacal toxique ?

Là, encore, nous n’avons pas d'expériences exactement adaptées à ces divers points de vue.

Mais qu’observe-t-on avec notre organisme ?

Nous pouvons résumer rapidement les résultats de nos expériences ainsi que nous l'avons fait aux C. R. (10 et 11) :

« L’ammoniaque apparue dans la cellule y prend un état de dissociation réglé par le pH intérieur. Comme celui-ci se maintient dans une zone faiblement acide, NH doit passer en partie à l’état de molécule non ionisées (NH{OH) qui s’hydrolysent d’ailleurs en (NH!) et (H20). L’ammoniaque sous la forme (NH5) acquiert ainsi une certaine tension dans la cellule.

« On sait, d'autre part, que sous cette forme moléculaire, elle est très apte à traverser les pores de l’ultra-filtre que représente la membrane. Il y aura donc une exosmose de (NH) qui se poursuivra indéfiniment, car, aussitôt arrivés dans le milieu extérieur, très acide dans le cas envisagé les molécules d’'NH* s’y dissocient intégralement. La tension de (NH) dans la cellule reste aussi constamment plus élevée que dans le milieu extérieur ce qui a pour résultat de provoquer sa sortie au fur et à mesure de sa formation. Le mycélium souffre ainsi d’une véritable faim en azote : il n’augmente pas de poids.

« En milieu neutre ou faiblement acide, les conditions sont tout autres.

« Les premières quantités d’ammoniaque passées dans la solution extérieure ne s’y ionisent que faiblement : la tension de (NH°) dans ce milieu acquiert vite une valeur assez élevée pour que toute nouvelle exosmose de molécules devienne impossible. Par voie de conséquence, la cellule conserve à sa disposition l’ammoniaque produite et peut aussi effectuer sa synthèse protéique : le mycélium augmente rapidement de poids ». L’ammoniaque ne pouvant sortir de la cellule celle-ci s’en débarrasse en l’utilisant pour sa croissance.

Et c’est ce qui ressort très nettement des deux essais suivants que nous résumons dans le tableau ci-joint :

pH Durée du contact en

initial Here CR Rene Er 12 24 48 89 119 1,61 N/NO3H disp. (mmigr.). 140005520296 3,02

N/NH3 apparu (mmgr.). 2 (re és VU 2,88 Poids du mycélium en centigrammes - . -.... AG DS HG NL TA 158

Durée du contact en RTS ee ee 12 36 60 84 110 4.40 N/NOSH disp. (en mg). 1,60 8,16 17,16 17,32 16 92 N/NH3 apparu (en mg.). 0,24 0,40 0,16 0,68 1.28 Poids du mycélium en CéNLISrAMMES 2152760. AT 368 425

Il s'ensuit que pour la Moisissure étudiée, lammoniaque est surtout toxique en milieu alcalin car elle ne peut sortir de la cellule.

Si, dans ces conditions, on n'offre que peu de glucide à la cellule, la copulation des restes carbonés avec l’ammoniaque se fera peu ou pas et la cellule sera intoxiquée.

Par contre, si on offre un excès de glucide, la cellule pourra édifier rapidement son édifice azoté et éliminer l’ammoniaque.

Le mécanisme de défense en milieu alcalin, se trouve donc très certainement dans un phénomène de synthèse.

Au contraire, en milieu acide l’ammoniaque peut sortir et cette extravasion constitue vraisemblablement le mécanisme naturel de protection de la cellule.

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