‹ Contribution à l'étude de la nutrition azotée de la cellule vivante: assimilation de la molécule nitrique par l'Aspergillus repens de BaryChapitre 79 sur 82 · ETUDE DE QUELQUES HYPHOMYCETES · texte numérisé non relu

ETUDE DE QUELQUES HYPHOMYCETES

Nous avons groupé dans ce chapitre 3 moisissures assez communes :

1° Fusarium roseum,

2° Alternaria solani,

3° Dematium pullulans.

EXPÉRIENCE N° 57. — FUSARIUM ROSEUM.

Milieu habituel au nitrate d’ammoniaque ajusté à 3 pH différents, 3 séries de fioles retirées de l’étuve les 4, 9° et 12° jours. Le titrage des témoins est relevé au tableau suivant (95).

Série pH N/NH3 N/NO:

D’après les résuliats expérimentaux (tableau 96) nous voyons que le Fusarium a surtout utilisé l’ion nitrique en milieu acide. Le maximum est atteint dans la série 2. Inversement, la consommation de lion NH% a surtout lieu dans les milieux alcalins.

On note une alcalinisation particulièrement forte dans la série 3 et vraisemblablement un commencement de protéolyse.

Culture directe de Fusarium roseum sur milieu N/10 en NO:NH!:

ajusté à différents pH.

pH à Temps Mycélium N/NH3 N/NO3 . Séries en en pH a —— — initial jours grammes résiduel utilisé résiduel utilisé 4 points blancs 3.17 33 88 1:42 34.48 0.52 3.23 1 a 0.008 3.06 33,68 1" 39 DOTE 1.28 12 0.0085 3.63 33.20 4.80 93-00 1.44 0.1415 3.98 19 80 14.37 32.36 2.64 5-19 2 9 0.310 3.20 3.04 30.49 30.24 4.76 1172 0.3265 2.82 3.04 31.09 30-72 4.928 4 points blanes 6.44 99.52 92,56 34.98 0.72 6.83 3 9 0.334 4.84 1.08 30 32.44 2.56 12 0.276 6.91 6 00 21.88 31.16 3 84

EXPÉRIENCE N° 58. — ALTERNARIA SOLANI.

Cette moisissure n’a pas poussé sur notre milieu nitraté à aucun des pH considérés, même au bout de 12 jours. EXPÉRIENCE N° 59. — DEMATIUM PULLULANS.

Milieu habituel au nitrate d’ammoniaque, ajusté à 3 pH différents. 3 séries de 2 fioles retirées de l’étuve les 4° et 8° jours.

Le dosage des témoins donne les résultats suivants (tableau

d4 TABLEAU 97 Série pH N/NH° N/NO* 1 3.23 30 5H) 2 5.19 34 35

Culture directe de Demalium pullulans sur milieu N/10 en NO:NH: ajusté à 3 pH différents.

pH Temps Mycélium N/NH3 N/NO3 Lie SGRES en DÉS RC , initial jours grammes résiduel consommé résiduel consommé 4 0.052 2.95 30 56 4.44 34.92 1.08 393 1 8 0.081 2.97 30.48 4.590 32.90 2.80

549 2 SONO RS EP ADTA0 7 33 2 20 0 1614 4.29 27.05 6.95 32.90 2.10 4 0.004 6.07 29.28 2 34.70 0 50

Conclusions

Parmi les quelques hyphomycètes que nous avons examinés, deux nous ont donné des cultures sur notre milieu au nitrate de NH ; ce sont Fusarium roseum et Dematum Pullulans.

Par contre Alternarta solani n’a pas poussé.

Les résultats obtenus sont du même ordre que ceux que nous avons déjà mis en évidence.

CONCLUSIONS

A. — Les résultats obtenus en utilisant la méthode de culture directe n’ont rien apporté de nouveau.

Tout ce que l’on peut dire c’est que certaines espèces sont capables d’absorber plus ou moins l'acide nitrique. Telles sont :

Aspergillus repens, niger et nidulens.

Sterigmatocvstis butyracea, Penicilium glaucum.

Les sept mucors dont nous avons donné précédemment la

liste.

Cunnuinghamella echinulata.

Circinella spinosa.

Glomerula repens.

D’autres espèces ne poussent pas sur nos milieux à l'acide nitrique, parmi lesquelles :

Botrytis cinneria, Penicilium clavatum et Alternaria Solani.

Enfin on peut mettre à part les espèces suivantes où les quantités d’azote nitrique absorbées sont insignifiantes, sans toutefois être nulles

Rhizopus nigricans, Rhizopus reflexus, Absidia dubia et Absidia racemosa.

B. —— Par contre l’utilisation de la technique des voiles solides nous a permis d'obtenir des résultats plus intéressants.

1°. __ Absorption de l’ion nitrique.

Le plus gros résultat obtenu est le suivant :

Si l’on fournit de J’acide nitrique à une espèce nitophyle comme l’Aspergillus repens, cet acide est non seulement absorbé mais entre en réaction et sert à l’édification de la molécule azotée nécessaire à la croissance de l’organisme,

On en a pour preuve non seulement la disparition de la molécule nitrique, mais d’une part :

L'apparition dans des conditions nettement précisées d’ammoniaque (issue de la réduction de l'acide nitrique) dans le milieu extérieur tandis que le mycélium n’augmente pas de poids,

et d’autre part

Dans d’autres conditions (également précisées) l’augmentation régulière du mycélium tandis que l’ammoniaque issue de la réduction de l’acide nitrique ne diffuse pas hors de la cellule.

La mise en évidence de l’ammoniaque dans le milieu extérieur a été faite en utilisant deux milieux différents :

a) —— MILIEU AU NITRATE DE POTASSE.

Pour arriver à mettre en évidence la formation d’ammoniaque on se place en milieu acide : dans ce Cas on voit apparaître dans le milieu de culture de lammoniaque issue uniquement du processus d’assimilation de lPacide nitrique (puisque nous avons opéré sur un milieu ne contenant pas d’ammoniaque et que nous nous sommes mis à l’abri de toute autre production d’ammoniaque). Nos chiffres obtenus et l’explication que nous avons donnée du phénomène cadre avec l'hypothèse de MEVIUS : savoir que : l’acide nitrique ne pénètre qu’à l’état moléculaire.

On peut dire comme WARBURG « ce qui règle la réduction de l'acide nitrique, c’est la vitesse d’entrée de cet acide dans la cellule. »

Nous n’en voulons pour preuve que l'apparition de NH" issue de lPassimilation de NO*H entré dans la cellule est maximum en milieu acide : or, c’est justement en milieu acide, ainsi qu'il résulte des calculs des restes de dissociation, que la quantité de (NO*H) moléculaire passe par son maximum.

Par exemple dans un milieu très acide à pH 1,61, on observe une transformation considérable de NOSH en NH3, La quantité

d'N/NH° apparue correspond assez bien au poids de N/NO% dis-

paru ainsi qu’on le voit dans le tableau suivant qui résume un de nos essais.

Durée du contact en heures

ARDHMIDNTALSL C1 EEE 12h 24 h. 48 h. 85 h. 13h N/NO3H disparu en mmgr.….. 1,24 0,96 3,02 2,96 3,02 NAN ADDARU me sen 1532 0,72 1,88 2,44 2,88

b) — MILIEU AU NITRATE D'AMMONIAQUE.

La mise en évidence de l’assimilation de l’acide nitrique en utilisant un milieu au nitrate de NH3 ne semble pas avoir été envisagé par d’autres auteurs. Cependant nous montrons, également, que dans un milieu au NONH* l'organisme étudié assimile NOH et le réduit en NH£.

La preuve en est donnée par le fait que nous retrouvons dans le milieu de culture un excès de NH° par rapport à la quantité initiale.

Par exemple, dans l’expérience suivante, nous avons envisagé l’action de voiles solides d’Aspergillus repens sur NO*NH). Le contact est de 14 heures à 27°. Les quantités initiales d’azote nitrique et ammoniacal sont de 35 mmgr.

Jusqu'à pH 5.45 la consommation de l’azote nitrique l’emporte sur celle de l’azote ammoniacal. C’est du reste un fait bien connu et mis en évidence depuis longtemps (D. Bac, 1925, SAKAMURA, 1925, Ripper, 1930).

Mais le fait nouveau que nous apportons et que nous avons du reste déjà signalé (1) est que les milieux à pH 1,89, 3,07, 3,77, non seulement n’ont pas présenté de consommation d’azote ammoniacal, mais au contraire se sont enrichis en NH° et cet enrichissement (qui n’est pas dû à l’autolyse nulle en milieu sucré acide) est considérable. Il atteint 5 mmgr. à pH 3,07 en 14 heures c’est-à-dire un septième de l’azote mis en œuvre.

(1) D. BACH et J. DESBORDES (10) 1933,

DH IDIDALNSSSSe CREe LE 1,89 3,07 3.77 4,68 5,45 6.85 Azote nitrique résiduel, en

millign. (quantité initiale :

nil secoue rouvoones 31,2 31,228 1020, 1020 420572 Azote ammoniacal résiduel en

milligr. (quant. init. 35 mmgr.) 38 38,9..37 Slot à Ge. EY2l Poids du mycélium en ctgr... 211 267 220 318 261 233

20 __ Condition de la réduction

Il est vraisemblable que la réduction de l’acide nitrique par la cellule vivante soit le fait de diastases spécifiques et que la réaction est due à une deshydrogénase.

Bien que nos expériences ne soient pas adaptées à ce genre de recherches nous pouvons néanmoins spécifier que l’une des conditions nécessaires de la réduction est la présence dans le milieu de culture d’une quantité suffisante de glucides.

Il est vraisemblable de rattacher cette réduction au phénomène général d’oxydo-réduction NO jouant le rôle d’accepteur d'hydrogène et les glucides celui de donateur d'hydrogène.

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