OBSERVATION II
Épanchement abondant du péricarde. Paracentèse du péricarde.
Docteur BARTHET (Gazette hebdomadaire, 1873), guérison.
Le malade, âgé de vingt ans, était dans le service du docteur Hervey. Entré à l'hôpital après dix jours de maladie. Le 13 novembre, quatre jours après son entrée, fièvre excessive, dyspnée; on reconnaît l’existence d’un épanchement pleurétique. A midi, le docteur Russel voit le malade avec le docteur Harvey. Le pouls était très faible et très fréquent. La respiration très accélérée. À l’auscultation, bruits du cœur faibles, à peine perceptibles, le malade asphyxiait.
Le même jour, à huit heures du soir, la ponction du péricarde fut pratiquée. Évacuation de 420 gr. de liquide. Pendant la dernière partie de l'opération, il fut manifestement constaté que les mouvements du cœur se transmettaient à l'aiguille, calme subit des accidents après l’aspiration du liquide épanché Le pouls se relève, le facies devient presque normal.
14 novembre, nuit bonne.
Le 15 et jours suivants, convalescence. Guérison complète.
OBSERVATION JIII
Ponction du péricarde
faite par M. Renpu (Aspiration, guérison). Gazette hebdomadaire.
Un jeune homme de vingt ans entrait, le 27 octobre 1881, à l'hôpital Tenon, pour une affection ayant débuté huit jours auparavant par du frisson et un grand malaise, à la [suite d’un refroidissement. L'aspect du malade faisait songer tout d’abord à une dothénientérie; mais, en l’examinant de plus près, on ne trouvait aucun des signes de la fièvre typhoïde, tandis que l’on consta-
tait au niveau du péricarde un frottement des plus nets. Les révulsifs ne purent enrayer la marche de l'affection, et du 18 au 22 octobre le frottement et les bruits cardiaques allèrent en s’assourdissant vers la pointe du cœur. Le 24 au soir apparurent des symptômes d’épanchement péricardique rapide et considérable ; la matité s’étendait du deuxième espace intercostal jusqu’à 3 centimètres au-dessous de sa limite normale inférieure, c'est-à-dire sur une hauteur verticale de f4 centimètres; les veines jugulaires étaient turgescentes, l'oppression très marquée. Tous ces symptômes s’accentuèrent rapidement et le malade semblait être atteint d’asystolie : la face était cyanosée, le pouls filiforme, fréquent, les bruits n'étaient plus perceptibles à la région précordiale. En arrière, on constate à la percussion, vers la partie moyenne du poumon gauche, un bruit skodique dû à la compression produite par le sac péricardique très distendu. Le malade ne présentait d’ailleurs aucune trace de pleurésie de ce côté, aucune matité à la base du poumon. Un peu d'amélioration se produisit sous l'influence d’une saignée, mais les symptômes généraux devenant plus menaçants, M. Rendu appela en consultation M. Sevestre, et ils décidèrent la ponction du péricarde qui fut pratiquée le 31 octobre.
À ce moment la matité précordiale mesurait 16 centimètres verticalement sur une largeur de 11 centimètres au niveau de la ligne mammaire et de 13 centimètres un peu au-dessous. La ponction fut faite entre la sixième et la septième côte sur la ligne verticale mammaire, à 5 centimètres au-dessous du mamelon, à 8 centimètres en dehors de la ligne médiane du sternum. On retira 950 grammes de liquide citrin et le malade se trouva considérablement soulagé. La convalescence ne fut d’ailleurs entravée que par une congestion pulmonaire du côté gauche, suite immédiate de la décompression du viscère et par une légère pleurésie qui ne tarda pas à disparaître. Les bruits du cœur sont encore un peu sourds, le pouls petit, fréquent: il y a sans doute un certain degré de symphyse cardiaque, mais le résultat de la ponction n'en est pas moins fort intéressant et constitue un beau succès.
Ces trois exemples couronnés de succès suffisent assurément pour servir d'encouragement aux praticiens et faire diminuer l'hésitation qu'on à trop longtemps montrée pour pratiquer une opération qui n'offre en elle-même rien de périlleux ni de difficile, toute la difficulté résidant seulement, selon nous, dans le diagnostic de l’épanchement du péricarde,
HN