‹ Contribution à l'étude de la Paralysie Ascendante AiguëChapitre 6 sur 12 · LAS · texte numérisé non relu

LAS

Histoire de la maladie. — Le malade nous dil avoir été

pris l’avanl-veille au cours de son travail de bureau de fourmillements, de crampes et d’une sensation de lourdeur dans les deux membres inférieurs. En rentrant chez lui, il éprouve une certaine gêne à faire mouvoir ses jambes, en même temps qu'il sent mal le sol. Très surpris de ces symplômes, car il n'éprouvait aucun sentiment de malaise, il fail demander un médecin. Celui-ci constale que la température est normale et pense sans doute à des phénomènes pythiatiques, car il fait prendre du bleu de méthylène au malade et lui annonce que ses troubles disparaîtront subitement.

Le malade passe une bonne nuit, mais, le lendemain, il se réveille paralysé. Il ne peut quitter le lit, cependant que les douleurs dont les deux jambes sont le siège, augmentent considérablement. Il n'existe toujours aucun autre trouble. Un second médecin appelé porte alors le diagnostic de polynévrile. [l examine et interroge le malade au point de vue éliologique : diphtérie, alcoolisme, botulisme... mais aucune de

ces causes ne peul être mise en évidence.

‘Examen. — C'est à ce moment que nous voyons le malade, et d'emblée le diagnostic de paraplégie flasque s'impose. Tous les mouvements volontaires sont abolis dans les deux membres inférieurs. Le malade ne peut même pas remuer les orteils.

Les troubles sensitifs sont également très nets. Il existe des douleurs spontanées, très vives, mais intermittentes dans la partie inférieure de la colonne vertébrale, et surtout dans les deux membres inférieurs.

Objectivement, on met en évidence une très légère

douleur à la pression des muscles et des nerfs.

La sensibilité tactile est presque complètement abolie. Le malade ne perçoit pas la piqûre jusqu'au dessus des ? genoux. Au niveau de la cuisse, il y a hypoesthésie avec retard à la perception.

Sur la paroi abdominale, la sensibilité redevient normale.

Le chaud, le froid sont lrès mal perçus dans les mêmes régions.

Les réflexes rotuliens et achilléens sont abolis.

Le signe de Babinski est négatif du côté droit, indifférent du côté gauche.

Les troubles sphinctériens sont marqués. Le malade ne va à la selle qu'après lavement. La rétention d'urine est complète.

Par contre on ne décèle rien au point de vue trophique ou vaso-moteur. On ne perçoit d’atrophie musculaire, ni à l'inspection, ni à la palpation. La température locale, la coloration des téguments sont normales.

Malgré une recherche attentive on ne peut mettre en évidence aucun symptôme méningé. Pas de raie rouge. Pas de signe de Kernig. L'intelligence est intacte.

La mobilité et la sensibilité sont intégralement conservées au niveau des membres supérieurs et de la face. La force musculaire est normale ; le malade ne présente aucun trouble de la déglutition ni de la respiration.

La température rectale prise plusieurs fois ne dépasse pas 37°2. Il n'existe ni sucre, ni albumine dans les urines recueillies par sondage.

Devant un tel tableau clinique on pratique une

EToiEe

ponction lombaire qui ramëne un liquide clair, d'aspect normal.

Il s'écoule dans hypertension 11 cmc, au manomètre de Claude. :

L'albumine n’est pas augmentée.

La cytologie est normale — 1 élément et demi par millimètre cube à la cellule de Nageotte.

Par contre la liqueur de Fehling montre une réaction assez nette. : : =

Le sucre dosé monte à 0 gr. 85.

Le Wassermann dans le liquide céphalo-rachidien est négatif.

Évolution. — La paralysie paraît s'arrêter dans son extension pendant quelques heures, mais dès le lendemain elle atteint les membres supérieurs. Elle reste flasque, bilatérale. Le malade ne peut saisir un objet. Les réflexes radiaux el olécraniens sont abolis, la sensibilité très nettement diminuée.

On note à ce moment du ptosis du côté droit.

En ?4 heures l’évolution se fait progressivement vers la mort avec apparition de phénomènes bulbaires. La respiration prend le type costal supérieur, et s'accompagne de dépression abdominale. Elle s'accélère et devient irrégulière. La parole est difficile et presque indistincte. La déglutition est absolument impossible, la salivation intense et continue. Une tachyarythmie très prononcée fait son apparition. La tension maxima tombe à

7 au Vaquez. La température reste absolument normale,

be

Le malade se plaint de douleurs vives dans la colonne vertébrale et dans les membres.

Du côlé de la face, on ne note pas de paralysie marquée. Deux signes cependant sont à noter, l’exagération du ptosis, et l'existence d’herpes labial.

Du côté des membres on voit apparaître des plaques rouges violacées aux lalons et aux malléoles.

Quelques instants avant la mort apparaît un délire tranquille qui vient, un peu tard, justifier son internement. La température reste à 37° 6. Le malade se cyanose et meurt par asphyxie moins de quatre jours après le début des accidents. |

Une hémoculture pratiquée deux heures environ

avant la mort est restée entièrement négative.

Autopsie. — Elle ne montre aucune lésion des organes thoraciques ou abdominaux. Il n'existe en particulier aucune trace de tuberculose en évolution. On ne trouve qu'un peu de congeslion hypostalique dans les bases pulmonaires, congeslion à coup sûr terminale.

A l'ouverture du canal médullaire, on constate que le liquide céphalo-rachidien n'est pas augmenté. La moelle et le cerveau examinés en place ne montrent rien d'autre qu'une forte congestion vasculaire, prédominant

surtout au niveau de la moelle.

Examen histologique. — Il a élé pratiqué après conservation des pièces dans du formol à 10 pour 100,

puis traitement de celles-ci par la celloïdine faible et forte.

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