‹ Contribution à l'étude de la Paralysie Ascendante AiguëChapitre 7 sur 12 · UNE · texte numérisé non relu

UNE

Les coupes nombreuses et portant surtout sur la moelle et le mésocéphale ont été traitées par la méthode de Nissl, par l'hématoxyline au fer et par l'hématéineéosine. Les coupes colorées par ce dernier procédé ont été traitées entre les deux temps de coloration par l'alcool acétique au quart puis par une solution de carbonate de lithine à saturation.

Ce qui frappe d'emblée, c'est le peu d'intensité des lésions. Ensuite c’est leur aspect identique, quoique plus ou moins marqué sur tous les points de l'axe créébro spinal examinés.

Les lésions les plus nettes que nous ayons rencontrées s'observent au niveau de la protubérance et surtout dans sa partie postérieure.

Les lésions les plus évidentes, les seules que nous ayons constatées à un premier examen, sont des lésions vasculaires et périvasculaires. Sur deux coupes, l’une située dans la région protubérantielle, l’autre dans la région de la moelle cervicale, nous constatons l’existence de vaisseaux très dilalés, bourrés de globules rouges. |

En des points limités ces vaisseaux sont entourés, surtout au niveau de la Coupe médullaire par une infiltralion de cellules ronds. Ces manchons périvasculaires examinés à l'immersion se montrent constitués presque exclusivement par des lymphocytes. On y trouve quelques très rares polynucléaires neutrophiles, quelques grands mononucléaires à allure de macrophages, quel-

quelques plasmazellen.

lo

Ce n'est qu’à la suite d’un examen très prolongé que nous avons pu constater l’existence, à distance des vaisseaux, de deux ou trois petits nodules inflammatoires. Les lésions interstitielles nous paraissent donc réduites à leur minimum.

De même ni dans la gaine périvasculaire, ni dans la substance grise nous n’avons trouvé d'hémorragies disséminées.

Les lésions cellulaires nous ont paru elles-mêmes exceptionnellement légères. Sur de nombreuses coupes, l'aspect des cellules est entièrement normal.

Cependant en quelques points, au niveau de la protubérance, du bulbe rachidien, dans quelques cellules des cornes antérieures, en un point même de la substance blanche médullaire, nous avons pu constater des modifications de forme portant à la fois sur la cellule et le noyau.

Par endroits, chromatolyse plus ou moins marquée. En certaines places, les lésions sont plus nettes. On observe de la diminution de volume du corps cellulaire, de la latéralisation ou de la fragmentation du noyau. Mais de telles lésions sont exceplionnelles et n'étaient la présence de thromboses vasculaires d’infiltrations lymphocytaires enlamant les vaisseaux la plupart des coupes paraîtraient normales.

La rareté des lésions médullaires rend difficile, melgré le grand nombre de coupes examinées, de préciser leur maximum de localisation. Cependant, nous avons

pu constater des lésions dans la substance blanche et

grise et les plus nettes d’entre elles s'observaient dans les cornes antérieures. C'est seulement dans cette zone que nous avons trouvé des altérations cellulaires.

Si les lésions trouvent leur maximum au niveau du mésocéphale, elles paraissent n’avoir frappé ni la corticalité cérébrale, ni la région des noyaux gris de la base

où nous n'avons pu déceler aucun aspect pathologique net. :

Enfin nous n'avons pu constater sur aucune des coupes examinées aucun microorganisme visible, susceptible d'éclairer l’éliologie de l'affection.

L’allure un peu particulière présentée au point de vue clinique par le malade de l'observation que nous venons de rapporter, l’existence de cas d’encéphalite ayant évolué dans le voisinage du malade peu de temps avant l’éclosion des accidents, surtout l’aspect anatomopathologique très spécial des lésions, aspect rappelant trait pour trait les lésions de l’encéphalite épidémique, n’ont pas manqué d'attirer notre altention.

Nous avons recherché dans les mulliples publications de ces dernières années si de semblables faits avaient été signalés.

Sans présenter une symptomatologie médullaire aussi nelle que dans notre cas, il est en effet ne nom. breux malades qui ont présenté des signes mésocéphaliques et myélitiques concomitants el suffisamments nets pour attirer l’attention de divers auteurs.

Tel est le cas rapporté par Carnot et Gardin.

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