‹ Contribution à l'étude de la paralysie du nerf phrénique dans son utilisation thérapeutique contre la tuberculose pulmonaireChapitre 22 sur 44 · Après l'intervention · texte numérisé non relu

Après l'intervention

1°) Un examen radioscopique immédiat doit être pratiqué après la phrénicectomie. Il permet d’en contrôler le résultat. On peut ainsi être amené à constater la persistance du fonctionnement diaphragmatique prouvant que le tronc réséqué n’était pas le plus riche en fibres motrices et commandant de reprendre immédiatement l’intervention pour la recherche et la destruction d’anastomoses ou d’un tronc accessoire passés inaperçus. Car si l’immobilité et l'ascension du diaphragme ne sont pas les seuls facteurs de réussite de la phrénicectomie, elles constituent tout de même avec le signe de Kienboeck, les tests les plus précoces et les plus apparents de la réussite technique de l'intervention.

2°) Une cure prolongée de repos est indispensable après la phrénicectomie. Le pneumothorax ne dispense pas de la cure, la phrénicectomie la nécessite.

Cette cure se fera immédiatement en position déclive à moins de phénomènes hémoptoïques marqués ou de dyspnée post-opératoire violente accompagnée de troubles cardiaques importants. Cette cure doit se faire à la chambre pendant les trois premiers mois; c’est le seul moyen d’assurer sa continuité si utile au début et de donner au malade l'habitude de conserver cette attitude de façon quasi permanente, habitude en général prise assez facilement. Elle doit être poursuivie en-

suite avec patience, nous devrions même dire avec obstination. On a signalé des cas d’ascension tardive du diaphragme qui ne s'est déclenchée qu'après de longs mois de cure déclive et dans notre observation N° 6, un arrêt trop précoce de cette cure s’est accompagné d’un réveil de l’activité lésionnelle qui n’a définitivement cédé qu'après reprise prolongée de la cure déclive.

Mieux encore que la cure déclive, la cure latéro-déclive est susceptible d'apporter à l’action de la phrénicectomie une aide appréciable. Nous ne nous étendrons pas sur ce point qui a fait Fobjet de nombreuses études. Dans son travail inaugural où il passe en revue les attitudes de cure adjuvantes de la collapsothérapie au cours de la tuberculose pulmonaire, V. J. WEIL y a consacré un important chapitre. Rappelons cependant que l’efficacité de la cure latéro-déclive est basée sur le fait que dans le décubitus latéral, le poumon inférieur respire surtout par son diaphragme alors que le poumon supérieur respire surtout par ses côtes. Si donc les mouvements actifs d’un hémi-diaphragme ont été supprimés par la phrénicectomie, le décubitus sur le côté opéré aménera la suppression presque complète des mouvements respiratoires de ce côté.

3° On a indiqué comme adjuvant de la phrénicectomie le port d’une sangle abdominale et l'instauration d’un régime d'alimentation susceptibles d'augmenter la tension abdominale.

La première de ces deux méthodes a surtout été préconisée par les auteurs allemands. Elle peut être utile chez des malades dont la sangle musculaire serait déficiente, particulièrement lorsque la cure déclive commencera à être progressivement abandonnée.

La seconde ne peut être vraiment efficace que si la paroi abdominale est assez résistante et suffisamment soutenue pour contenir la poussée du tube digestif et l’obliger à concentrer toute son action sur le diaphragme. Il ne semble pas que lon doive en exagérer la valeur; la remontée du diaphragme n’est pas tout dans la phrénicectomie et cette dernière a déjà tendance à provoquer des troubles digestifs qui risquent fort de se voir aggravés par une distension gastro-intestinale exagérée.

Ajouterons-nous que la cure post-opératoire et la mise en

DLAARES

œuvre de ses divers adjuvants doivent être pratiquées au moins pour les premiers mois en milieu sanatorial. Là seulement le malade est l’objet d’un contrôle médical méthodique et constant qui permet de suivre l’amélioration produite ou d’en déceler à temps l’absence, l’arrêt ou le recul en cas notamment de reprise des fonctions du diaphragme. Là seulement le malade trouve toutes les conditions favorables au respect des prescriptions et particulièrement à la pratique suivie de la cure déclive, les exigences de la discipline se substituant avec avantage à sa volonté défaillante (car le phrénicectomisé n’est pas rappelé à l’ordre en dehors du sanatorium comme le porteur de pneumothorax soumis en raison des réinsufflations à une surveillance médicale intermittente mais cependant effective).

Page 1