‹ Contribution à l'étude de la paralysie du nerf phrénique dans son utilisation thérapeutique contre la tuberculose pulmonaireChapitre 7 sur 44 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

- En publiant quelques observations de phrénicectomie pra” tiquées par le Docteur Olivier MoNop au sanatorium de Mardor, Henri LECLERC n’aura peut-être pas rendu à la science

un immense service. Mais comme louvrier obscur ap-

portant autrefois sa pierre à l'édification des cathédrales il aura donné sa contribution à l’œuvre de lutte contre la tuberculose. La science est faite d’une multitude d'observations patientes.

C’est pour avoir négligé le facteur patience que trop de chercheurs ont fait fausse route. Ceux qui ont une longue pratique de la phtisiologie ont vu naître et mourir depuis trente ans des quantités de médications dites spécifiques de la tuberculose. À côté des charlatants, il y a les chercheurs honnêtes qui séduits par quelques résultats favorables ont annoncé trop vite qu’ils tenaient la pierre philosophale. Peut-être parmi ces méthodes quelques-unes ont approché du succès. Il n’a fallu pour les empêcher que la hâte trop grande de linventeur. La course du flambeau est noble dans le stade. Heureux celui qui le premier atteindra le but ! Mais il n’en va point ainsi quand il s’agit de faire reculer la mort.

La phrénicectomie a failli subir le sort des thérapeutiques

que l’on qualifie de désuètes. Un engouement indicible a mar-

qué ses débuts dans la thérapeutique et quelques années plus tard on ia jugeait inutile et dangereuse.

La faute en est, il faut le penser, à ceux qui ont voulu trop se presser et qui mettant la clinique au second plan après la radiologie ont jugé sur des pièces et non sur des hommes.

Il semble qu'entre le rejet pur et simple d’une méthode et l'enthousiasme excessif il y ait place pour un juste milieu.

L'étude approfondie — en tuberculose on a très souvent le

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temps pour soi — de chaque malade, de ses réactions, permet au médecin de ne pas se lancer dans des aventures où la santé du malade risquerait de périr et la conscience du thérapeute de s’amoindrir. Le rôle de ce dernier n’est pas de faire des expériences, de penser que « perdu pour perdu >» le malade peut subir telle opération ou tel traitement. Ce serait le déshonneur de la médecine que de permettre à ses fils de penser ainsi. Ce serait donner un trop mol oreiller à des doutes trop faiblement discutés et encourager la paresse — si souvent naturelle — des cerveaux modernes.

Nous pensons que le travail d'Henri LECLERC, en montrant avec quel soin il faut rechercher les indications de la phrénicectomie pourra rendre quelques services en incitant ceux qui le liront à ne jamais douter de la clinique, à poursuivre patiemment par l’auscultation secondée — mais secondée seulement — par la radiologie, les indications des traitements médicaux ou chirurgicaux de la tuberculose.

N’eut-il atteint que ce but, qu’il eut fait œuvre utile en une époque où la théorie du moindre effort risquerait d’envahir même la plus noble profession.

G. Roux

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