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Mais le mécanisme le plus fréquent serait du à une méningite syphilitique de la base. En effet, la syphilis méningée est fréquemment rencontrée. D’autre part elle est souvent accompagnée d’ostéo-périostite syphiltique du corps du sphénoïde. Celle-ci, rare d’après certains auteurs, est cependant affirmée par des documents cliniques et par des vérifications anatomiques.
On peut citer les cas de Stranculeanu et de Métafume.
e- Dans le premier, il y avait, accompagnant une hémia- | nopsie binasale, une exostose syphilitique portant sur les apophyses clinoïdes, antérieures et postérieures. Dans le second il s’agissait d’une périostique gommeuse comprimant le chiasma. Dans üne observation de Van Gangelien il s’agit d’un malade atteint de syphilis de
la selle turcique et qui présenta d’abord une hémianop-
sie binasale suivie d’un rétrécissement des deux champs temporaux. Dans un cas de Worms, il y a une hyper-
trophie des apophyses clinoïdes postérieures chez un syphilitique qui présente une hémianopsie bitemporale. Ce rôle de l’ostéopériostite du sphénoïde n’est donc pas douteux, mais on n’avait pas encore mis en relief le rôle des apophyses clinoïdes antérieures dans la patho- | génie de l’hémianopsie binasale.
Le professeur Déjean l’a mis en évidence à propos d’un cas d’hémianopsie binasale observé en 1929 sur un enfant de 7 ans. L’examen périmétrique montrait un rétrécissement portant sur la totalité du champ nasal avec un léger empiétement temporal. Il y à une remarquable symétrie entre les scotomes droit et gauche. Le fond d’œil était normal, l’acuité visuelle de la partie
conservée était de 1/50. On ne trouve aucun autre signe
oculaire. L’examen oto-rhino-laryngologique est négatif, il n’y a ni glucose, ni albumine dans les urines et la réaction de Bordet-Wassermann est négative, L’examen neurologique ne révèle non plus rien d’anormal. Dans les antécédents du malade on note, à l’âge de un an l’apparition de crises nerveuses caractérisées par: perte de connaissance, trismus, pâleur de la face, cyanose des lèvres, mais pas de secousse des membres, pas d’écume aux lèvres, pas d’émission d’urine. Ces crises se renouvellent tous les huit à quinze jours jusqu’à l’âge de trois ans où elles disparaissent. L’examen radiographique montre des irrégularités et une augmentation de volume des apophyses clinoïdes antérieures.
Le professeur Déjean pense alors que cet élargissement des clinoïdes antérieures est due à des placards méningitiques. Les crises nerveuses de l’enfance peuvent être rattachées à une méningite survenue à l’âge de deux ans. Les cicatrices se sont lentement organisées
et £ au niveau a clinoïdes elles os À les Lode : latéraux du chiasma.
En effet, celui-ci mesure de 12 à 14 mm, de largeur, les apophyses clinoïdes sont séparées par un espace
© de 20 mm. sur le squelette. Si l’on tient compte des par- ties molles cet espace est encore moindre. Ces disposi-
tions anatomiques expliquent très bien qu’un élargissement des apophyses clinoïdes viennent léser le chiasma.
Or, l’ostéo-périostite du sphénoïde atteint souvent la
base des apophyses clinoïdes et peut se propager sur
-ces faces internes. De même un épaississement des mé-
ninges de la base qui recouvrent les apophyses clinoïdes, réduit l’espace qui sépare ces deux apophyses et le chiasma se trouve comprimé par ses bords latéraux créant une hémianopsie binasale véritable. Pour mettre en évidence cette hypertrophie des clinoïdes, l’interprétation des clichés radiographiques est assez délicate. Le professeur Déjean préconise l’utilisation de l’incidence verticale avec plaque sur le sommet de la tête. En résumé, ce qui caractérise cette pathogénie, c’est la multiplicité des mécanismes, par lesquels la syphilis peut léser les nerfs optiques ou le chiasma et produire une hémianopsie binasale. En l’absence de tout signe clinique net, et même avec une sérologie négative, il sera souvent indiqué d’entreprendre un traitement d’épreu-
ve.
Pour terminer, nous publierons une récente observa-
- tion relevée à la Clinique ophtalmologique de l'Hôpital
Général à Montpellier, et que M. le professeur Déjean a bien voulu nous communiquer.
Observation