‹ Contribution à l'étude de la pathogénie de la dilatation gastrique: Des rétrécissements larges de la région pyloriqueChapitre 9 sur 12 · I. INFILTRATIONS PARIÉTALES · texte numérisé non relu

I. INFILTRATIONS PARIÉTALES

Ogs. I. Lyon chirurgical, octobre 1909. Villard

Infiltration sténosante du pylore. — Gastroduodénostomie sous-pylorique

M: FF... Marie, âgée de 31 ans, demeurant à Marseille, entre le 18 juillet 1899 à l'hospice de la Charité de Lyon, pour des troubles gastriques. Pas d'antécédents héréditaires. Comme antécédents personnels à signaler : des cicatrices laissées dans la région cervicale par des adénites suppurées de l'adolescence.

Mariée il y a 7 ans, la malade a eu deux enfants qui sont actuellement en bonne santé. Elle souffre de l'estomac depuis sa dernière couche, c'est-à-dire depuis 3 ans. Depuis 2 ans surtout la malade a des digestions lentes, avec éructation, ballonnement. Plus tard les vomissements ont apparu de temps à autre et sont devenus de plus en plus fréquents : vomissements alimentaires survenant plusieurs heures après

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le repas. Pas de signes d'hémorragie, pas de douleurs. Au début des accidents, la malade a eu une diarrhée abondante qui a fait place à une constipation opiniâtre. Dans ces derniers temps, amaigrissement considérable,

A l'examen de la malade, on est frappé de sa maigreur ; facies pâle, traits tirés. Elle a, dit-elle, perdu l’appétit, et évite de manger pour ne pas être exposée aux pesanteurs et aux vomissements qui suivent l'ingestion d'aliments. Vomissements à peu près journaliers, abondants, contenant des aliments ingérés plusieurs jours auparavant. Céphalée intense. Les règles sont suspendues depuis 9 mois sans signes de grossesse.

L'’abdomen est volumineux, cette distension est due au volume considérable de l'estomac, qui descend jusqu’à trois travers de doigt au-dessus du pubis. Clapotage. Péristaltisme; les ondes se succèdent rapidement et dessinent admirablement la forme de l'estomac. Rien à la palpation ; pas de douleur, pas de tumeur.

Rien du côté des autres organes.

L'examen du chimisme gastrique montre une petite quantité d'HCI libre, et une diminution de l’acidité totale. Devant ces signes indubitables de sténose pylorique, une intervention chirurgicale est pratiquée.

Opération le 26 juillet 1899. — Incision sus-ombilicale de 20 centimètres. Après ouverture de l'abdomen, on reconnait la présence au niveau du pylore d’une tumeur du volume d’une noix, qui ne se trahit à l'extérieur que par un soulèvement des tuniques intestinales. Le pylore est mobile sans adhérences avec les organes voisins. Seuls quelques ganglions rétropyloriques et d'autres situés dans l’épiploon gastro-hépatique vers le hile du foie font rejeter l’idée d’une pylorectomie. On pratique la gastro-duodénostomie souspylorique (procédé de Villard).

Suites opératoires excellentes. Dès le lendemain, disparition de la pesanteur gastrique, des nausées, des éructations, la sensation de faim réapparaît. La malade quitte l'hôpital le 20 août; elle a engraissé de 6 kilogrammes et s’alimente comme tout le monde. L’estomac est revenu complètement sur lui-même. Plus de clapotage, plus de

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péristaltisme, L'examen du contenu gastrique montre que l'évacuation de l'estomac se fait sans résidu. Pas de modifications du côté de l'acidité. Pas de traces de bile dans le liquide retiré.

En décembre 1899, — La guérison s'est maintenue. Elle a engraissé de ? kilogrammes en 5 mois. Aucun trouble gastrique. Les règles ont réapparues, sont abondantes et régulières.

14 février 1900. — La malade, de passage à Lyon, est présentée à la Société de Chirurgie. L'état est toujours excellent. L'examen de l’estomac pratiqué par le D'Lyonnet montre la disparition de la dilatation de l'organe, l'absence de tout signe de récidive de sténose, l'absence de péristaltisme. La palpation ne permet pas de sentir de tumeur.

O8s. Il. Lyon chirurgical, octobre 1909. Villard

Sténose tuberculeuse de nature inflammatoire. — Pyloroplastie. — Récidive des symptômes. — Gastro-entérostomie antérieure. — Rhumatisme. — Péritonite tubercu-

leuse. — Accidents méningés.

A. M.., 16 ans, entre dans le service du D’ Leclerc le 7 avril 1900. Depuis l’âge de 3 ans, il a des vomissements qui devinrent de plus en plus fréquents au point d’avoir lieu plusieurs fois par semaine. Peut-être faut-il attribuer à cette affection l’état d'infantilisme que l’on trouve chez lui? Il mesure 1 m. 33, a le pubis glabre, les organes génitaux peu développés.

Actuellement les vomissements sont fréquents, précédés de malaises douloureux auxquels le malade met un terme en se faisant vomir mécaniquement. Ils sont copieux, alimentaires, non bilieux et se produisent plusieurs heures après le repas. Ni hématémèse, ni mélæna.

Au moment où l'on amène le malade à l'hôpital, il est pris d'une crise de tétanie très violente qui est la seconde et qui est suivie d'une troisième et dernière dans la journée. Le ventre est gros, tendu, aucun empâtement, aucune tumeur; il y a une grosse dilatation stomacale et de la rétention

gastrique, on retire par la sonde des débris alimentaires et jamais le liquide n'arrive à être clair. Péristaltisme. Aucun autre trouble.

Opération le 21 avril 1900, pratiquée par M. Villard.

Incision sous-ombilicale, on trouve faisant corps avec le pylore une plaque dure qui occupe presque toute la circonférence. Tout autour il y a des ganglions non adhérents. Pyloroplastie sur la face inférieure de la région pylorique. Le 11 juin le malade avait repris 5 kil. 800 ; les vomissements n'avaient pas reparu. On pense alors avoir eu affaire à une sténose de nature tuberculeuse.

La malade rentre le 19 août 1901, la guérison ne s’est maintenue que peu de temps. Dilatation considérable de l'estomac. Péristaltisme. Tympanisme.

Intervention le 29 août. On constate que la plaque indurée qui existe lors de la première intervention a augmenté. Gastro-entérostomie postérieure. Le malade reprend une bonne santé, il augmente de poids, va très bien au point de vue digestif, il semble prendre un peu d’ascite.

Le 4 mars 1904,le malade revient à l'hôpital pour des douleurs rhumastismales diffuses occupant toutes les articulations. Pendant l’année qui suit la dernière intervention le malade dit s'être très bien porté au point de vue digestif. Il a fait un séjour à Longchêne, où il a fait une poussée d’ascite que l’on a attribuée à une infection tuberculeuse péritonéale ; l'appétit est devenu capricieux, les digestions sont toujours lentes et pénibles avec des vomissements de temps à autres.

On remarque de l’œdème des jambes, de la bouffissure de la face; ces œdèmes sont récents, aussi ne peut-on interpréter l’ascite comme l’ascite de l’anasarque, car à ce moment il n'y a pas d'œdème périphérique. Comme le malade vomit de temps en temps, on pense à une nouvelle sténose pouvant expliquer cet état de dénutrition et d'affaiblissement si marqués.

Une laparotomie est faite le 24 octobre 1904. On tombe sur plusieurs anses intestinales adhérentes. Il s'agit d'adhérences intestinales multiples fibreuses ne traduisant pas un

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