‹ Contribution à l'étude de la pathogénie des kystes radiculo-dentairesChapitre 8 sur 18 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

De tout temps les observateurs ont été frappés de Îa rareté des kystes dans les os et de leur fréquence dans les machoires. Cette particularité explique les recherches aussi longues que savantes et les controverses retentissantes qui ne sont pas encore arrivées à élucider complètement cette question difficile.

Nous n'avons pas la prétention de faire une étude complète des nombreux travaux qui ont été publiés depuis un siècle environ sur les kystes alvéolo-dentaires. On en trouve de longues énumérations dans les thèses et les différents mémoires écrits sur ce sujet. Notre intention est d’éclaireir certains points de pathogénie et nous nous bornerons à rechercher dans l’histoire les documents qui ont directement trait au but que nous poursuivons.

Les kystes dentaires que les anciens confondaient avec les autres tumeurs de la machoire en sont séparés, d'abord par SCULTET sous le nom de «chystes » en 1654, puis par J.-L. Petit sous le nom « d’exostoses molles à l'intérieur (1723),

FoucHAuD, RUNGE, BORDENAVE, JOURDAIN, dans la seconde moitié du XVIII siècle en font des études cliniques et descriptives très intéressantes : c’est RunGE d’ailleurs qui découvrit ce signe de diagnostie important qu'on a appelé depuis « bruit de parchemin. »

Au début du XIX® siècle, DELPEcH, de Montpellier, hasarde enfin une hypothèse pathogénique et fait naître les kystes de la pulpe dentaire et du cordon vasculo-nerveux. Il est vraiment curieux de rapprocher cette théorie de celle de M. le docteur AGUILHON DE SARRAN, émise en 1884.

DuPpuYTREN, dans ses Leçons orales reprend la question au point de vue clinique et la traite d’une façon magistrale. Il insiste beaucoup sur l’étiologie et le diagnostic, mais il ne s'occupe guère de la pathogénie. ForGET, dans sa thèse inaugurale en 1840, et dans un second travail présenté à la Société de Chirurgie en 1853, précise encore les relations qui existent entre les lésions dentaires et l’apparition des kystes et leur donne la dénomination de kystes « alvéolo-dentaires » qui a longtemps prévalu.

A cette première période toute clinique succède celle des grandes théories pathogéniques où l’on essaie de décrire les processus à la fois mécaniques et pathologiques qui président à la formation des kystes radiculo-dentaires. Deux noms célèbres y apparaissent presque simultanément, ce sont ceux de Maciror et de Marassez et avec eux deux

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grandes écoles. La théorie périostique de Macrror fait sa première apparition en 1860 et est définitivement fondée en 1873 par un mémoire publié dans les Archives générales de Médecine où il traite d'une façon émérite l'historique, l'anatomie pathologique et la pathogénie de ces kystes. Ses idées sont dès lors généralement acceptées. De nombreuses observations viennent encore confirmer cette théorie que nous pouvons résumer par cette pbrase de Macrror extraite de son mémoire sur les Tumeurs du périoste dentaire, écrit en collaboration avec le professeur C. Ron « L’étiologie des Kystes du périoste est assez simple; la cause éloignée est constamment la carie dentaire dont lenvahissement a modifié profondément la vitalité de l'organe ; la cause prochaine est une périostite chronique limitée au point de la membrane qui devient le siège de l’abcès, de sorte que le pus, produit à la face profonde de la membrane, ne trouvant pas d'issue extérieure, ni par le canal dentaire oblitéré, ni par l’alvéole, s’accumule en une poche close de toutes parts ».

Mais dès 1876, Mr le professeur VERNEUIL et son interne M. Reczus font jouer un rôle prépondérant aux débris épithéliaux paradentaires. Ces mêmes idées, nous les retrouvons dans un mémoire publié en 1881 dans les Archives générales de Médecine par M. le docteur CHarvor, professeur agrégé de clinique chirurgicale au Val-de-Grâce «Nous passerions outre, écrit-il, si cette expli-

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