PUS
cation (théorie périostique) très claire en apparence, ne paraissait pas trop simple pour être complètement vraie. Il est certain que le point de départ de l'affection est une irritation du périoste alvéolo-dentaire produite par la carie ou l’ébranlement d'une dent... Or, la complète assimilation des kystes périostiques aux abcès alvéolaires ne nous parait pas justifiée... ceux-ci sont absolument comparables aux kystes des autres régions et jouissent de la même perfection anatomique et des mêmes propriétés pathologiques que ces derniers... L'impression produite par l'étude clinique de cette affection nous faisait songer à une autre explication basée sur la préexistence de petits kystes embryonnaires oubliés dans l’épaisseur du périoste alvéolo-dentaire et développés sous l'influence de l’irritalion dentaire ; mais ce n’était là qu'une pure hypothèse : M. MaLassez est venu nous la confirmer en partie » et il termine en exposant les idées que M. Marassez lui a communiquées et sans admettre d'emblée la théorie épithéliale, il l’envisage néanmoins comme une hypothèse très séduisante. La lutte est désormais ouverte. Mon maitre, M. le professeur RÉDIER, dans le Journal des sciences médicales de Lille, dès 1887, critique les idées exposées par M. CHaRvoT, tout en admettant comme rigoureusement exacte sa description histologique « En deux mots, conclut-il, M. CHarvor, ou plutôt M, Marassez regarde les kystes périostiques comme de petits kystes d'origine épithéliale se transformant en
abcès enkystés ; nous les considérons, au contraire, comme de petites collections enkystées qui deviennent peu à peu des kystes parfaits, et qui, ultérieurement, cela est bien entendu, peuvent s’enflammer. et suppurer comme les autres kystes .»
A partir de cette date, les discussions entre partisans des deux théories périostique et épithéliale deviennent de plus en plus passionnantes. En 1884, à la Société de Biologie, MM. Nerveu, Macrror et MaALASssEez, confrontent leurs théories qui sont l’objet de controverses très longues et très intéressantes. L'année suivante, M. Marassez publie, dans les Archives de Physiologie, son mémoire sur le rôle des débris paradentaires.
En 1887, à la Société de Chirurgie, la discussion recommence à l’occasion d'un nouveau rapport, lu par M. Macrror, sur une observation de M. le docteur Bauzon et où MM. Kimmisson et RecLus se déclarent les partisans convaincus de la théorie épithéliale.
En 1888, M. ALBARRAN, après avoir occasionné, l’année précédente, de nouvelles discussions à la Société de Biologie, à la suite d’une note publiée sur l’épithélioma adamantin du sinus maxillaire, porte les derniers coups à la théorie périostique, en démontrant que les kystes dentifères et les kystes uniloculaires ont une origine commune paradentaire (Revue de Chirurgie, 1888).
La théorie épithéliale, dès lors, généralement admise en France, est partout enseignée et tend
à demeurer la seule classique.