‹ Contribution à l'Étude de la Pathogénie et du Traitement de l'ÉpilepsieChapitre 11 sur 20 · RS CR · texte numérisé non relu

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3 L'état de mal épileptique parait loujours -accompagné d'albuminurie. |

4° L'albumine est constante chez les mêmes/malades, mais elle est quelquefois très fugace, et variable en quantité. Elle se montre surtout dans les deux premières heures qui suivent l'accès convulsif, et elle parait avoir un rapport constant avec la congestion de la face.

Depuis que le professeur Bouchard (1) a attiré l’attention des expérimentateurs sur la toxicité des urines, Deny et Chouppe (2), Féré (3), Chevalier Lavaure (4), Mairet (5} ont étudié cetté question dans lépilepsie, avec des résultats différents il faut l'avouer.

MM. J. Voisin et Péron (6) ont aussi fait une série d'expériences sur ce sujet,'expériences qui ont été reprises et continuées avec Raymond Petit (7) à la Salpêtrière, et auxquelles nous avons eu le loisir de prendre une part active. Après une série d'injections d'urine dans la veine marginale de l'oreille de lapins, ces trois auteurs sont

(1) Bouchard. — Anto-intoxications Paris 1885,

(2) Deny et Chouppe. — Toxicité des urines de l'épilepsie. Soc. de Biol. mars 1690,

(3) Féré. — Variations de la toxicité des urines des épileptiques. Soc. de Biol. mars 1890.

- (1) Chevalier Lavaure. — Contribution à l’étude de la toxicité de

l'urine chez les épileptiques. Th. de Bordeaux 1890.

(5) Mairet. — [urine des épileptiques et de certains aliènés au point de vue de leurs toxicité. Montpellier médical. Die. 1890 janvier 1891.

(6) Voisin et Péron. — Hyper et hypotoxicité des-urines de l’épilepsie, Arch. de neurologie n° 71 et 73 (1890).

(7) J. Voisin et R. Petit — Hyper et hypotoxicité des urines dans l’épilepsie. Loc. cit..et congrès de médecine mentale à la Rochelle {août 1893), L

arrivés à des résultats assez constants pour pouvoir conclure que l'urine des épileptiques est hypotoxique avant les accès, qu’elle l’est de plus en plus pendant leur durée, et peut même servir à la détermination en série dans les cas difficiles ; enfin, qu'après les séries on trouve une Rypertoxicité très considérable, véritable décharge de toxines par l’'émonctoire rénale.

La toxicité des urines varie done en sens inverse des troubles digestifs et prrticulièrement de l'état gastrique dont nous parlerons à l’instant. Cette variation peutservir de confirmation à la théorie de l’intoxication que nous nous efforçcons de soutenir. Ne semble-t-il pas, en effet, qu'un poison s’accumule dans le sang qui en contient des doses progressivement croissantes. Les accès éclatent, se succèdent plus ou moins régulièrement en série, elne cossent que quand l'élimination commence à se faire par les urines.

3° Troubles digestifs. — M. Jules Voisin est le premier qui ait insisté sur les symptômes fournis par l'appareil digestif et principalement dans sa portion supérieure; il a bien mis en relief leur valeur au point de vue du diaenostic, et l'important enseignement pathogénique qu'ils pourraient comporter.

: Comme nous venons de le dire, leur évolution se fait en sens inverse de celle de la toxicité des urines. Ils permettent, en outre, de déterminer les séries, d'en annoncer la fin, et même ce qui est plus important encore, de prévoir l'apparition des accès d'épilepsie qu'ils soient isolés ou sériels.

« Chaque fois qu’un épileptique est en imminence

Date

d'accès, dit J. Voisin, on observe chez lui un état saburral de la langue des plus prononcé. Plus ou moins étalé, cet organe est recouvert d’un enduit blane sale ; souvent, vers la base, il prend une teinté jaunâtre, tandis que la pointe et les bords apparaissent rouges, avec un piqueté de même couleur à la limite de l’enduit saburral. C’est, en somme, l’aspect qu'offre la langue dans ce qu’on est convenu d’appeler l'embarras gastrique fébrile, c’est-à-dire, dans les infections et auto-intoxications gastro-intestinales. » Cet état saburral qui n’est d'abord que peu marqué dans les jours qui précèdent l'accès, s’accentue de plus en plus jusqu’à l'explosion des accidents.

Il annonce toujours une manifestation épileptique sous une forme quelconque (vertiges, accès, trouble mental. état de mal) et chez les malades sériels, on peut être certain que la suite d'accès n’est pas terminée tant que ce symptôme n’a pas rétrocédé. Il en est de même dans les périodes de trouble mental.

Cet état de la langue, si spécial et si caractérisé, que nous n'avons jamais vu faire défaut depuis que M. Jules Voisin yaaltiré notre attention, n’est que le reflet de l'état gastrique.

Nous avons fait à plusieurs malades et en particulier à celle de l'observation VI des lavages de l'estomac avec le tube Faucher, et chaque fois nous avons vu le liquide revenir chargé d'une quantité plus ou moins grande de mucosités filantes et épaisses, de couleur sale, jaunâtre,

parfois mêlées de bile. Leur abondance au début des : accès ou pendant la durée du trouble mental était telle, :

qu'il fallait faire passer plusieurs litres de liquide avant de

Le go u

le voir revenir limpide. Nous sommes convaincu que des

toxines pourraient y être retrouvées, mais celte recherche n'a pas encore été faite, que nous sachions, jusqu’à présent Il nous à, enfin, paru manifeste que cet état gastrique et l'état saburral de la langue variaient parallèlement l’un à autre, et que, par conséquent, ces deux signes ont la même valeur.

Ces symptômes digestifs sont évidemment à rapprocher de ce qu'ont écrit Massalongo(!), Pommay (2), Féré(3), Lépine (4), à propos de l’épilepsie gastrique ou épilepsie des gros mangeurs.

Quoiqu'il en soit, ces symptômes fournis par l'appareil

digestif, par leur constance et leur mode de variation sont considérés par nous comme unargument puissant à l'appui de l'hypothèse d'une intoxication dans l'épilepsie.

Ils viennent renforcer la valeur des modifications du sang et de l’urine, et leur ensemble nous parait former une base solide à la nouvelle pathogénie que nous développons. Enfin, les succès dela thérapeutique à laquelle nous avons eu recours, imbu de ces idées, et sur les indications de M. J. Voisin, ne nous paraissent pas constituer l’argument le moins important qui plaide en faveur des opinions dont nous nous faisons ici le défenseur.

1) Massalongo. — Lo sperimentale (épilepsie gastrique). Naples 2) Pommay. — Epilepsie gastrique. — Revue de méd., mars 1881. 3) Féré. Les epilepsies et les épileptiques. Paris. 1890. 4) Lépine. — Epilepsie des gros mangeurs. — Rev. mens. de :méd. et chir. Juin 1877.

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