OBSERVATION I
Curval, 23 ans, épileptique. Hospice de la Salpêtrière. Section Esquirol.
Antécédents héréditaires. — Le père était bien portant. La mère était hystérique et migraineuse, ayant eu la fièvre typhoïde en 1870.
Grossesse bonne mais accompagnée de chagrins, l'accouchomeut était normal et à terme.
Un frère avait le tempérament nerveux.
Antécédents personnels. — A parlé et à marché de bonne. heure. Pendant la dentition, elle a eu des convulsions ainsi que de petits vertiges jusqu’à l’âge de cinq ans. Ils ont été plus nombreux et plus fréquents à la suite d’une chute qu'elle a faite dans une cave. À partir de 10 ans, les accès épileptiques se manifestent souvent, suivis de grand et de petit mal.
Ses facultés intellectuelles ont beaucoup baissé, et elle a perdu totalement la mémoire.
Le 3 août 1893, elle a une série d'accès et entre dans un véritable état de mal avec élévation de la température.
Face hébétée. Etat saburral très prononcé des voies diges-tives. On la purge et on supprime le traitement du bromure.
Le 7 août. Nouvelle purgation.
Le 11 août. Lavage de l'estomac, abaissement de la température.
Le 13 et le 44 août. Injection de 24 et 80 grammes de sérum artificiel.
La tension vasculaire restant basse, le pouls battant faiblement et les bruits du cœur étant sourds, on lui fait prendre de la caféine. :
Le 17 août. Les accès ont disparu, l'intelligence semble revenir peu à peu et progressivement.
La température est normale.
En janvier 1894, elle:prend 4 grammes de bromure par jour et suit ce traitement depuis longtemps. Cette malade présente un accès convulsif le 16 janvier.
Le 18 1 vertige.
Le 19 1 accès.
Le 21 5 accès.
Le 23 10 accès et 3 vertiges.
Le 24 5 accès.
Le 25 29-accès:
On la purge le 24 janvier et on supprime le bromure. Le 25 janvier, à une heure de l'après-midi, elle entre en état de mal avec 29 attaques..Nous lui faisons prendre un lavement glyceriné, puis ensuite un bain prolongé à la température de 34degrés. ,
A 9 heures du soir, la malade est dans un état des plus graves. La terminaison fatale semble être devenue imminente.
Les lèvres ainsi que les extrémités sont cyanosées, le teint verdâtre, la peau reste agglutinée quand on la pince.
Le pouls est à peine sensible, la respiration très difficile. L'abrutissement est complet. On ne peut obtenir aucune réponse aux questions qu’on lui adresse.
La malade n'émet pas même un son intelligible. Les yeux. vagues roulent dans leur orbite, la langue est sèche et rôtie, les lèvres fulgineuses. Les dents sont tellement serrées que c'est à grand'peine qu’on parvient à faire boire cette malade. On ordonne la prescription suivante:
1° Lotions sur tout le’ corps à 10 heures du soir, 1 heure et 4 heures du matin avec :
Eau, 3 litres:
Sublimé, 1/000 1/4 de litre ;
Alcool, 1/2 litre;'
Frictions sèches après ces lotions.
2° Lavements froids avec 90 centigrammes de Bétol à 41 heures 1/2 du soir et à 5 heures du matin.
3° Pendant toute la nuit on fait hoire à la malade le plus possible de la préparation suivante :
Eau, 500 grammes ;
Lactose, 100 grammes ;
Acide lactique, 15 grammes, |
Pendant la durée du bain la malade a uriné très abondamment et évacué des matières fécales en grande quantité toute la nuit.
La température qui était montée à 38°5 puis à 39° est redescendue à 37°. ù
Le 26 janvier, la malade est encore un peu ahurie, quoique cependant elle articule quelques mots qui sont des phrases sensées.
Elle comprend qu'on lui demande de montrer sa langue, mais elle répète ensuite constamment ce mouvement.
La peau a repris son aspect normal et les extrémités ne sont plus cyanosées.
La langue encore un peu charosée est humide et ne peut être: comparée à ce qu’elle était la veille.
DT Co
Du 27 au 31 janvier la malade’n'a pas eu d'accès, mais l'état saburral de la langue persiste toujours.
Dans la nuit du 31 janvier au 1° février la malade a 12 attaques, sa température monte à 38°. Pendant les journées du 1* au ? février elle a eu 51 accés.
La température monte à 34 puis à 40° 1.
Le même traitementestinstitué de nouveau. Après un bain de 3 beures et plusieurs lotions, la température s'abaisse à 38°4, mais à 5 heures du soir elle remonte à 392. On lui injecte alors 15 grammes de sérum artificiel concentré.
Dans la nuit elle a de nouveau 6 accès.
La température se maintient à 39° mais les attaques ne se sont plus manifestées.
Le 3 et le 6 février on lui fait prendre un grard bain froid prolongé.
Le 5 février la température tombe à 87°
Un lavement détermine une abondante évacuation de matières fécales. |
Le 6 et le 7 février, l'améliration se maintient, et à partir de cette date jusqu à ce jour, la malade est tout à fait revenue à elle-même et a repris ses occupations.
Le 20 février 1895. Cette malade recommence un état semblable et avec les mêmes accidents qu'en janvier et février 4894.
Cette malade qui prend toujours 4 grammes de bromure a été prise le 11 février 1895, de verliges fréquents environ une quinzaine par heure.
Ils consistent dans la contraction des muscles des yeux qui sont portés en haut, et dans la pâleur de la face, avec obnubilation de l'intelligence. Cet état verligineux et hébété continue les jours suivants. La malade parle rarement et difficilement, réLond seulement oui ou non à toutes nos questions. Elle est
Eraba dans l'impossibilité de se tenir debout, de s'habiller et de manger seule. Elle est devenue gâteuse et garde le lit.
La langue est très saburrale. On suspend le bromure et on purge la malade. On lui fait prendre de la lactose, mais l'état vertigineux, la confusion de l'irtelligence et l'hébétude persistent. Un état de stupeur se développe le 3° jour et la malade ne peut parler. Ses yeux sont hagards et elle manifeste de la frayeur par ses actes ou ses cris.
La température reste à 37° et 37°5 jusqu'au 15 février où elle atteignit 37°6. |
CG: même jour elle fut prise d'attaques convulsives. Dans la la nuit elie en a eu 11. C
Le 16 février elle en eut 16 le jour et 3 pendant la nuit.
Le 17 février elle a eu 22 attaques et la température s'est élevée à 39°. : | :
L’hébétude et la stupeur dure jusqu'au 22 février, jour où elle se mit à manifester une grande frayeur par des cris. Son regard devient fixe, son bras se tend tonjours en avant comme pour repousser un être imaginaire et appelle quelquefois son père, puis son bras retombe et son regard s'abaisse. Cet état d’agitation dure ainsi presque toute la journée.
Depuis le 17 février elle n'a pas eu d'attaques, mais quelques vertiges persistent. La température est tombée”à37°.
La langue reste saburrale, l’haleine fétide.
Le bromure a été supprimé depuis le 11 février.
28 février. — La malade est agitée, effrayée ct crie, On ne peut fixer son attention et on lui fait prendre à grand'peine quelques verres de lait.
Les lotions faites le 16 et le 17 février ont été suspendues le 18, mais la malade prend de la lactose, de l'acide lactique, du lait et des lavements avec 0,90 centigr. de béthol.
La température est à 379,5 et la malade va de mieux en mieux. :