‹ Contribution à l'Étude de la Pathogénie et du Traitement de l'ÉpilepsieChapitre 9 sur 20 · OVER · texte numérisé non relu

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locoque blane en particulier (hétéro-intoxication). D'ailleurs il est bien possible, comme d’autres l'ont déjà fait remarquer, que l’une ou l’autre de ces deux formes d'intoxication puisse être mise en cause suivant les cas, la crise convulsive n'étant que la façon particulière de réagir d'un individu prédisposé, indépendamment de ce qui réveillerait cette prédisposition et la ferait se manifester ultérieurement.

. Les cellules de nos organes peuvent bien, dans certaines conditions qui troublent leur rôle physiologique, sécréter des poisons analogues à ceux des microbes ; du reste, la différence entre les microbes et les êtres organisés supérieurs n'est pas si considérable qu'elle paraît à première vue. Comme l’a si bien montré M. Duclaux (1), ces êtres infiniment petits, sont des individus mono-cellulaires qui, comme nos cellules, ont leur vie propre, leurs besoins, qui absorbent et sécrètent des toxines ou d’autres produits variables suivant leurs conditions d'existence.

Le poison convulsivant qui nous occupe passant dans l'appareil circulatoire irait donc porter son action plus spécialement sur les centres nerveux qui sont les points de « minoris resistentiæ » chez les individus prédisposés -dont nous parlons, héréditairement tarés dans leur système nerveux. Il agirait spécialement sur les centres vasomoteurs, soit en paralysant les vaso-dilatateurs, soit en excitant les vaso-constricteurs : c’est cette dernière manière de voir qui nous parait être plus vraisemblable.

Sans dout2 les lésions de fine histologie, les modi-

(1) Duclaux. Le microbe et la maladie. Paris, 1891. De Lambert a

fications histo-chimiques du système nerveux qui ont été vues et décrites récemment par Chaslin, par Marinesco, seraient le résultat de l’action répétée de la substance toxique et viendraient renchérir encore sur la prédisposition en augmentant la tare nerveuse ; mais nous ne pensons pas qu’il faille chercher là la cause délerminante de l’épilepsie générale.

= Ajoutons enfin cette remarque intéressante du rapporteur de l'Académie Royale de Bruxelles pour les prix sur lépilepsie en 1894, que tous les mémoires sérieux présentés à la Société invoquaient la théorie de l’intoxication dans l’épilepsie. ;

Ce que nous venons d'avancer, nous allons l’appuyer sur des faits, sur des symptômes, dont nous avons déjà dit un mot au cours de cet essai de pathogénie. Ce sont les modifications du sang, de l’urine, et les troubles digestifs. J

Le sang, l'urine, et les troubles digestifs chez les épileptiques

Il ne suflit pas d'avancer une théorie plausible et logique pour expliquer la pathogénie d'un état morbide ; il faut encore, pour que cette théorie ait quelque valeur, qu’elle s'appuie sur des faits. Or; dans le cas particulier trois ordres de symptômes viennent confirmer la théorie : de l’intoxication. Nous allons nous y arrêter un moment dans les trois paragraphes suivants:

1° Modifications du sang.

2 Modifications de l'urine.

30 Troubles gastro-intestinaux.

Ces symptômes sur lesquels notre maitre, M. Jules Voisin,a maintes fois attiré notre attention, nous semblent avoir une grande valeur. Ils ont servi de point de départ à la théorie nouvellement édifiée que nous venonsd’exposer, ils ont été la source d’un traitement rationnel, absolument différent de l’ancien, et qui a donné jusqu'ici d'excellents résultats. | 1° Le sang. — Les modifications du sang chez les épileptiques avaient déjà éveillé l'attention des auteurs, Hénoëque à montré qu'après les accès épileptiques il y avait une diminution de l'activité de réduction de l'oxyhémoglobine. Féré a dit aussi que la quantité d'oxyhémoglobine dans le sang diminuait ; enfin, il a été démontré qu'il n’y avait pas de parallélisme entre la diminution du

SR, Mis

nombre des globules et la teneur du sang en oxyhémoglobine, fait qui n’est du reste pas spécial à l’épilepsie (Seppeli, Otto).

Le sang dans l’état de mal épileptique devient épais et poisseux ; il se coagule avec une facilité et une rapidité beaucoup plus grandes que normalement, au point que la saignée ordinaire devient très difficile à pratiquer. La quantité de sérum parait faible. Cet état du sang rappelle beaucoup ce que l'on voit dans certaines intoxications et dans certaines maladies infectieuses, en particulier dans l’éclampsie puerpuérale. Ù

Enfin, nous avons pu suivre de près les examens bactériologiques du sang qui ont été faits avec un soin minutieux à la Salpêtrière, et nous avons pu voir pousser dans les tubes ensemencés, des cultures qu'il nous a été permis d'examiner nous-mèême au microscope, et qui, pour la plupart présentaient des colonies pures de cocci qui, par leurs caractères et leurs réactions vis-à-vis des colorants usités, paraissaient bien être des staphylocoques parfois dorés, le plus souvent blancs (1).

Si nous rapprochons ces résultats bactériologiques de ceux fournis par l'examen du sang chez les éclamptiques, nous voyons que l’analogie est parfaite au point de vue bactériologique, comme elle l’est du reste cliniquement, ainsi que nous l'avons dit plus haut.

Les modifications du sang, la présence de microbes

(1) On trouvera le compte-rendu de ces examens bactériologiques que nous ne pouvons pas reproduire ici dans un travail aussi limité, dans le mémoire de MM. J. Voisin et R. Petit, publié dans lesarchives de neurologie (N°5 98, 99, 100, 101, 402 ; 1895)

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