Widal. Thèse de Paris
2. Widal. S/replococci el érysipèle de la face. In Trailé de médecine de Brouardel el Gilbert.
taines angines... La diversité des troubles morbides occasionnés par un seul etmême streptocoque ne dépend pas“seulement de variation de virulence, mais surtout des qualités du terrain que nous lui opposons. Chacun de nous réagit envers le streptocoque suivant ses aptitudes constitutionnelles, suivant son état actuel d’oppor- ” tunité morbide, suivant le tissu qui a été envahi. »
La question était donc tranchée, et, grâce aux recherches bactériologiques, la pathogénie de l’érysipèle tendait à s’éclaircir, Deux questions restaient à résoudre. La première était de savoir si le microbe de l’érysipèle à répétition était le même que celui de l’érysipèle franc ordinaire. Les caractères cliniques des deux affections ne sont pas toujours d’une similitude parfaite, si bien qu’on a pu prendre pour de simples plaques d’érythème ou de lymphangite des poussées éphémères et atténuées d’érysipèle à répétition. M. Widal nous a donné la solution de ce problème. Il a ensemencé du sang retiré de la plaque pendant une poussée légère érysipéloïde ; 11 a obtenu des cultures pures d’un streptocoque si virulent qu'il a déterminé chez le lapin un #rysipèle rapidement mortel.
La solution de cette première question en soulève une seconde. Pendant les périodes intercalaires, quel est le repaire dustreptocoque ? Cest là le problème étudié par Verneuil. Nous développerons dans le chapitre suivant la théorie du parasitisme microbien latent. Mais déjà nous pouvons dire qu’elle ne satisfait pas complètement l'esprit. Notamment au sujet des causes qui permettent au streptocoque de réveiller à certains moments sa virulence, on
en est encore réduit à des hypothèses. En présence de
HUE la périodicité plus fréquente peut-être chez la femme, en raison de la coïncidence parfois manifeste entre l’apparition de l'affection et l'apparition des règles, on a appelé l’érysipèle à répétition érysipèle cataménial et la question a étéclassée. Nous verrons dans le chapitre suivant ce
qu’il faut penser de cette interprétation.
Cachera dans sa thèse n’a cité que l’hypothèse de Verneuil. Le problème ne paraît être nullement élucidé par
son travail.
La thèse inaugurale d’Achalme a une grande valeur. Il décrit minutieusement l’anatomie pathologique, les complications et surtout le microbe spécifique de l’affection, mais il passe sur la question qui nous occupe aujourd’hui en montrant seulement les hypothèses émises avant lui
par Verneuil.
On le voit, la question de la pathogénie de Pérysipèle à répétition, pour avoir fait des progrès énormes durant ces derniers temps, est loin d’être résolue. On connaît le streptocoque, on connaît son mode d’action, mais on ne sait pas au juste quelles sont les causes du réveil de sa virulence et on ignore quelle est sa demeure la plus habituelle à l’état latent. C’est pourtant là une question de première importance ; car, résolue, elle nous permettrait d'attaquer le streptocoque dans sa retraite. Nous connattrions alors un traitement préventif et par là curatif des érysipèles à répétition, À l'heure actuelle, nous n’en connaissons pas. Nous traitons les symptômes, nous enrayons souvent la marche de la maladie, nous n’avons pas encore
réussi à en détruire le germe. Nous n’avons pour nous
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en convaincre qu'à parcourir la thèse de Moulins (1). Nous n’y verrons que des traitements symptômatiques, traiéments qui ont varié d’ailleurs à chaque époque suivant la conception pathogénique de la maladie. C’est ainsi qu'Hippocrate, Celse, Galien et toute l’école qgalénique se contentaient de purger l’érysipélateux. Pendant tout le temps que régnèrent les doctrines humorales, la méthode évacuante, la saignée, les dérivatifs, les révulsifs firentles frais du traitement. Quand naquit l’idée d’infection, on fit de l'hygiène et de la prophylaxie. Vint l'ère de l’antiseptie. « Gosselin, Verneuil, Ricord appliquaient sur la plaque érysipélateuse des pansements antiseptiques. Roger a fait usage des bains froids. Hardy donnait des compresses de sureau, appliquait sur la partie malade du cold-cream et de la vaseline, mais c'était pour rendre moins douloureuse la distension de la peau, ce n’était pas un traitement curatif. Graves indiquait le sulfate de quinine en injections ou en lavements. Talamon vantait ses procédés de pulvérisation au sublimé au 1000°, à l’éther. Hayem se servait d'alcool et d’acide phénique cristallisé à parties égales. Bien souvent ces moyens n'étaient pas suffisants, cela ne quérissait pas et la maladie devait accomplir son évolution, Malgré tous ces moyens, l’érysipélateux profitait, s'il était taré, de son érysipèle pour succomber, car la maladie infectieuse, nous le répétons, fait baisser la tension artérielle et compromet au plus haut chef l’in-
suffisance rénale. Mais, avec une sérothérapie active, on
1. Moulins, Contribution à l'étude de l'érysipèle au point de vue thérapeulique. Paris 1897.
s’occupera moins, ét surtout moins longtemps, de ces tares organiques, car on arrêtera l'infection qui n’aura plus le temps de nuire. On s’occupera de la cause de fa maladie, et on ne laissera plus au streptocoque le temps d'agir sur les organes déjà malades. » (Moulins).
Ainsi donc, antiseptiques, antithermiques, toniques, tels sont les trois grands groupes de médicaments actuels. Les mots justifient amplement le terme de médication symptomatique. La sérothérapie réalise à coup sûr une des plus grandes découvertes de la thérapeutique moderne ; grâce à elle, on agit directement sur le streptocoque et sa toxine. Ces ressources nous permet'ent le plus souvent de juguler la maladie. Maïs si elles enrayent une première attaque d’érysipèle, elles n'empêchent pas la reproduction d’une seconde. On est arrivé à quérir lérysipèle, on n’est pas encore arrivé à prévenir sa réapparition.
On conçoit cependant l'importance du fait dans le cas d'érysipèle à répétition. Car, s’il est vrai que les récidives sont le plus souvent bénignes, elles peuvent cependant être graves et même morielles. M. Jaccoud a prétendu qu'il se ferait à chaque nouvelle poussée une sorte de vaccination partielle. Il ne faut cependant pas feire une loiabsolue de la bénignité de ces érysipèles à répétiton. M. Widal a publié l'histoire d’une malade qui, après unnombre incalculable de poussées des plus légères, fut atteinte d’une érysipèle confluent compliqué d’un état typhique extrêmement grave. Juhel-Rénoy a rapporté des
faits semblables.
Une lésion rénale est, en général, un facteur de gravité