‹ Contribution à l'étude de la Pathogénie et du traitement des états psychoneurasthéniquesChapitre 23 sur 33 · HAN T · texte numérisé non relu

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nement, sur la dialectique. Or, un raisonnement par lui-même est indifférent. Il ne devient facteur d’énergie, créateur d'effort qu’autant qu’un élément émotif se Superpose à lui «et que la personnalité du sujet dont on cherche à modifier la mentalité, se trouve atteinte et touchée par lui. C’est, selon moi, une erreur que de considérer comme des actes psychologiques de même nature et le jugement, phénomène primitif, et l'impression ou le sentiment qui le suivent. Cette impression, ce sentiment ne sont que le résultat de l'adaptation plus ou moins facile de notre personnalité au jugement en cause, et quoique secondaires, ils n’en sont pas moins susceptibles de provoquer des réactions. Pour moi, le fondement, la base unique sur laquelle repose toute la psychothérapie, c’est l’influence bienfaisante d’un être sur un autre. On ne guérit les neurasthéniques que lorsqu'ils arrivent à croire en nous. C’est qu’en effet la psychothérapie ne peut avoir d’action que lorsque celui sur lequel vous l’exercez vous a confessé sa vie entière, c’ets-à-dire, lorsqu'il a en vous une confiance absolue.

Entre le raisonnement et l’acceptation de ce raisonnement par le sujet, il y a, je le répète, un élément sur l’importance duquel on ne saurait trop insister, c’est le sentiment. Et c’est le sentiment qui crée une atmosphère de confiance sans laquelle ,selon moi, il n'y a pas de psychothérapie possible. »

En devinant certains symptômes constants, en exposant avant le malade et souvent mieux qu’il ne saurait le faire lui-même, ce qui se passe en son esprit, ce qu’il ressent dans son corps, tous phénomènes dont

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il croyait bien avoir le triste privilège (un ‘exemple pris entre cent : le fait qu’il ne voit pas l’avenir, qu’il a l'impression de se trouver devant un mur) il se prendra plus ou moins d’admiration pour ce médecin qui « connaît » sa mystérieuse maladie. Il accordera toujours sa confiance à cet homme qui « comprend » ses misères et qui le plaint. Comme il ressemble peu à son entourage et. à « son dernier docteur ». Le patient mis en confiance par ces manœuvres préliminaires qui suffisent à remplir une première séance, il y a les plus grandes chances pour qu’il admette comme vrai ce que va lui dire le médecin et c’est au fond le but essentiel de ces « travaux d’approche ».

Il va sans dire qu’un examen approfondi des différents appareils a été fait, que le maximum de ce que lon peut attendre des laboratoires a été demandé ; la conception pathogénique exposée plus haut dictait cette conduite.

Le moment est venu d'expliquer au malade la cause et la genèse de son affection. Il faut lui montrer que sa maladie est à point de départ physique ; il est bon de recourir à des explications techniques, à une vulgarisation médicale qui répugne le plus souvent au praticien mais qui a une grosse influence sur ces malades. Il importe en effet de leur démontrer que l’examen de leurs viscères n’a dépisté que des troubles fonctionnels, qu'aucun organe n’est lésé. N’oublions pas que ces névropathes sont hantés par la chronicité de leurs troubles, par la crainte de sombrer dans l’aliénation mentale. A leurs yeux, les troubles phy-

siques sont curables, démontrer leurs rapports étroits avec les phénomènes psychiques c’est leur garantir la guérison. Citant des cas semblables au leur guéris, le médecin fera luire l’espoir dans l’âme de ces désespérés.

Au lieu de mettre en avant les complexes affectifs comme le font les disciples de Frend, nous exposerons au malade la contingence du contenu intellectuel de ses troubles. S'il souffre de phénomènes affecfs (sentiments de tristesse, incapacité, etc.), de phénomènes intellectuels (obsessions), on lui fera toucher du doigt que la maladie dont il souffre est une maladie de l’émotivité, qu’il est devenu un individu impressionnable, et cela sous l’influence de troubles survenus dans certains de ses organes, qu’il faut essayer de lui expliquer, sans crainte de perdre son temps.

Il est nécessaire de lui indiquer quelle attitude il doit avoir vis-à-vis des troubles obsédants qu’il peut présenter, lui montrer qu’il ne doit pas essayer de lutter contre son obsession en la raisonnant, discutant avec lui-même puisqu'il en est incapable à cause de son émotivité. Le fait de discuter son obsession lui donne corps et lui crée une réalité. Faut-il donc qu’il lui cède ? Non, il lui faut s’en aller, fuir devant elle par la distraction au sens éthymologique du mot, en changeant de lieu, d'occupation.

Cette psychothérapie que nous venons d’étudier au moment du traitement de l’accès doit se continuer et se renouveler. Au début, il est utile de soumettre le patient à une séance quotidienne, d’où sera bannie la

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crainte de répéter. N'oublions pas que la suggestion et la persuasion sont à la base de son action et que ces médications agissent à doses répétées et prolongées.

3° Traitement physique

Si nous avons commencé le chapitre du traitement par l'étude de la psychothérapie c’est uniquement pour une question de chronologie, et non pas d'importance, étant bien entendu que les états psychoneurasthéniques restent à nos yeux comme, étant avant tout, la conséquence de troubles fonctionnels que nous avons essayé de passer en revue et contre lesquels il importe de lutter avec tous les moyens dont nous disposons. Néanmoins ces malades sont loin d’être des malades ordinaires et il faut déplier son arsenal thérapeutique dans un ordre doné, l’arme psychothérapique étant la première. Jusqu’à quel point d’ailleurs ne procède-t-on pas de la même manière avec les malades atteints d’affections purement physiques ?

Nous avons vu plus haut que ces sujets étaient amenés le plus souvent au médecin, surtout au médecin spécialiste, après un temps parfois assez long, temps pendant lequel le patient a été plus ou moins traité, souvent sans résultats. L'état général est presque toujours précaire, quelquefois inquiétant, et constitue une indication à l’alitement. En règle générale il y a un bénéfice à tirer du repos complet qui ne peut être obtenu intégralement que couché, tout au moins au début. Cette mesure évite beaucoup de maladresses

de la part de la famille, correspond à des indications générales, telles que troubles cardiaques, anxiété avec énervements paroxystiques, permet d'éviter ou de réduire l’administration de médicaments chez des malades déjà intoxiqués.

a) Régime.

Si la diète lactée et le régime végétarien sont très souvent le principal moyen de désintoxication dont nous disposons, il n’en reste pas moins vrai qu’il est tout-à-fait contre indiqué de le prolonger pendant des périodes très longues comme il est extrêmement fréquent de le voir faire. Il suffit de songer à l’état humoral de ces malades qui est, comme nous l’avons vu, presque toujours en alcalose pour écarter un régime végétarien précisément alcalinisant du moins pendant un temps trop long.

Cette réserve faite, la nature du régime alimentaire va être dictée par l’état des organes digestifs ; or, ces individus sont le plus souvent hypopeptiques, insuffisants hépatites, constipés. Il leur sera, par conséquent, prescrit l’alimentation classique des insuffisants digestifs avec le rythme des boissons et les traditionnels conseils de mastication et d’absorbtion lentes des aliments. Nous n'’insisterons pas. Il s’agit là d’une thérapeutique qui demande beaucoup de soins dans les détails maïs qui est banale.

b) Balnéothérapie.

La balnéothérapie chaude va nous être d’un précieux secours d’une part contre l’anxiété du matin,

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