GS T
L’hypnotisme semble bien avoir été complètement abandonné. Outre que ce procédé ne peut s’appliquer à tous, il a l'inconvénient d’augmenter une suggestibilité déjà spéciale du jugement, des facultés intellectuelles supérieures, de la personnalité, ce qui constitue un acte un peu immoral. Cette désagrégation mentale a d’ailleurs été dénoncée par Bernheim luimême. Mais surtout c’est son inefficacité à peu près complète qui relègue ce procédé à une expérience pour curieux dont le nombre semble bien se restreindre de jour en jour.
L’auto-suggestion, d’après la méthode Coué, a, si on en croit les courtes observations qu’il a lui-même publiées, des succès à son actif. Des neurasthéniques gravement atteints, des obsédés ont été guéris au moyen de l’auto-suggestion. Maïs la méthode suppose de la part du patient un certain manque d’auto-critique dificilement compatible avec un niveau intellectuel élevé. Et surtout, jusqu’à quel point, dans les observations de Coué, s’agissait-il d’auto-suggestion ? 11 semble bien que l’on avait affaire bien plus à de la suggestion pure et simple. Quoi qu’il s’en défendit, Coué était beaucoup, sa « méthode » bien peu. Nous n'en prendrons comme preuve que la faillite de ses disciples qui, eux, disposaient bien de la méthode (elle était vite asimilée), mais n’avaient pas reçu le merveilleux pouvoir de persuasion de leur maître.
Plus actuel et plus subtil est le traitement psychanalytique. Chacun a présentes à l'esprit les grandes données du freudisme. Nous avons consacré quelques
MTS IE
pages à la pathogénie analytique de l’obsession et il est certain que l’on ne peut que s’incliner devant un tel effort, tendant à pénétrer des phénomènes réellement obscurs. Il y a là un pas fait en avant. Mais les ambitions de Freud et de ses disciples ne se bornaient pas à une étude psychologique purement spéculative; de leurs conceptions pathogéniques des névroses, ils ont tiré une thérapeutique dont le principe peut se résumer en quelques mots : le complexe origine tiré du subconscient et rendu conscient par l’analyste, le névrose n’a plus sa raison d’être et par conséquent disparaît. Ce principe est très simple. Sa mise en application l’est beaucoup moins, et les psychanalystes de bonne foi (les seuls dont nous parlons, bien entendu) ne le nient pas. La méthode est difficile et longue, elle n’est pas inoffensive ; voilà ce que l’on peut lui reprocher. Difficile incontestablement : Il suffit de jeter un coup d’œil sur un ouvrage analyste pour immédiatement deviner l’aptitude à l’abstraction, la tournure d’esprit vraiment exceptionnelle que devra posséder le vrai psychanalyste. La méthode est longue, deux années sont parfois nécessaires, c’est dire qu’elle ne s’adressera jamais qu’à une catégorie de malades pour des raisons financières faciles à deviner. Elle est, en tous les cas, très dangereuse à manier, et il n’est guère de psychiâtre qui ne garde présente à la mémoire quelqu’ histoire peu à la gloire des psychanalystes. Est-il nécessaire de condamner la méthode parce que de mauvais disciples l’ont mal assimilée ? La psychanalyse n'est-elle pas ou ne deviendra-telle pas une arme précieuse parce qu’elle est
LENTOVE
dangereuse ? Certes non ; mais à l’heure actuelle il semble que bien rares sont les initiés.
Ces quelques opinions émises sur des traitements resté d'exception et que tout fait penser devoir tomber dans l’oubli, on rester très longtemps l’apanage de quelques-uns, le moment est venu de nous prononcer sur les caractères de la psychothérapie que nous proposons. Elle ne renferme rien de bien mystérieux, rien de bien nouveau, son but essentiel étant d’engendrer la confiance, son principe celui qui fait qu’une individualité dominante exerce sur une individualité plus faible par sa présence et la puissance de son affirmation une action salutaire, lui imposant plus ou moins, mais toujours, une idée qui tendra à se réaliser.
La psychothérapie commence au premier contact que prend le malade avec le médecin. C’est d’ailleurs pour cette seule raison chronologique que nous lavons placée au début du chapitre du traitement. Il faut écouter les doléances parfois très longues, avec la plus grande bienveillance et surtout sans impatience. L’interrogatoire a son importance. Sans prétendre faire de la psychanalyse, il est nécessaire que le médecin s’introduise loin dans le passé de son patient et pénètre les coins les plus intimes de sa vie. £n plus des renseignements parfois précieux que le psychothérapeute va retirer de ces investigations, le fait de lui avoir livré ces aveux contribuera beaucoup à lier le malade au médecin.
« La psychothérapie, écrit Déjerine, doit être rationnelle, c’est-à-dire purement basée sur le raison-