‹ Contribution à l'Étude de la Pathogénie et du Traitement des Kystes Séreux du PoignetChapitre 10 sur 15 · OBSERVATION III · texte numérisé non relu

OBSERVATION III

(Hochet. — Thèse Paris, 1894)

Le nommé G.4JH..., 30 ans, instituteur.

Antécédents héréditaires. — Père et mère bien portants.

Antécédents personnels. — N'a jamais été malade.

Il y a quinze ans environ,,le malade a remarqué à la face dorsale de son poignet droit une petite tumeur du volume d'un pois. Cette tumeur grossit d'une’ manière continue; de telle sorte que,six ans après son apparition, elle a environ le volume d’une noix.

Le malade se décide alors à se faire opérer aux Grisons (Suisse) où il est instituteur. On incise la tumeur, el il en sort un liquide visqueux.

Peu de temps après cette opération, la tumeur réapparait, et continue à progresser, de telle sorte que trois ans après cette intervention, c'est-à-dire neuf ans après l'apparition de la Lumeur, le ganglion était revenu au volume d’une noix.

Le malade subit une seconde opération qui consiste en une ponction avec un bistouri, ponction suivie d'une nouvelle évacuation d'un liquide visqueux.

Peu de temps après, seconde récidive. La tumeur augmente d'une manière continue.

Etat actuel. — La tumeur siège à la face dorsale du poignet droit, sur la ligne joignant les deux apophy-

ue ses styloïdes, et occupe le côté radial de cette ligne.

Elle est bilobée et présente un volume total à peu près égal à celui d'une grosse noix.

La peau qui la recouvre présente deux cicatrices, l'une petite, située au sommet de la tumeur, l’autre ayant une longueur de deux centimètres et siégeant à la partie.antérieure de sa circonférence.

A la palpation la tumeur est mobile sous la peau, indolore et de consistance rénitente. |

11 juin 1894. — Injection d'environ X gouttes de teinture d’iode. Par suite du mauvais fonctionnement de la seringue, la quantité injectée n'a pu être exactement observée.

Pansement compressif. ,

15 juin. — Injection de X gouttes de teinture d'iode et pansement compressif. \

25 juin. — Injection de IV gouttes de teinture d'iode.

9 juillet. — Injection de VI gouttes de teinture d'iode.

25 juillet. — La tumeur a disparu.

L'injection de teinture d’iode modifie la paroi interne du kyste, et réussit assez bien, comme nous venons de le voir, à en provoquer l'accolement, alors que d'autres manœuvres se proposant le même but ont échoué auparavant.

C'est Velpeau qui le premier préconisa les injections de teinture d'iode, qu'il employait étendue d’une égale quantité d'eau. Sa méthode consistait à vider d’abord par la ponction la poche dans laquelle il injectait ensuite la teinture d’iode qu'il. évacuait cinq à dix minutes après. |

Duplay, modifiant cette méthode, en instille quelques

EAU re gouttes, pures, dans la partie inférieure de la tumeur : il applique ensuite un traitement compressif.

Ce procédé est considéré encore aujourd'hui comme un des plus efficaces et des plus rationnels.

* Le docteur Bonneau l'a utilisé, et n’a eu qu'à s'en louer. Il est intéressant, croyons-nous, de reproduire ici sa technique opératoire : ,

« L’aiguille de la seringue de Pravaz est enfoncée en plein dans la cavité du kyste ; on s'assure que la pointe de l'aiguille est bien dans cette cavité, grâce à la sensation de liberté, aux mouvements qu'elle donne quand on mobilise le pavillon de l'aiguille. Deux à trois gouttes de teinture d'iode pure sont injectées, et l'aiguille retirée d'un mouvement brusque. Une compression assez serrée est alors exercée sur le kyste au moyen d'une pièce de dix centimes enveloppée dans de la gaze à pansement, et maintenue par des tours de coton et de larlatane amidonnée humide, roulés autour du poignet et entre le pouce et l'index. Le malade éprouve une légère brûlure qui peut persister pendant quelques heures et s’accompagne d’engourdissement des doigts, puis tout se calme. Huit jours après le pansement est enlevé, etune nouvelle

- injection est pratiquée de la mème manière, suivie du même pansement compressif, et, s'il le faut, on recommence une troisième, An a ap une quatrième injection à huit jours d'intervalle.

» La troisième injection est d'ordinaire assez difficile à exécuter, car le kyste est déjà tellement revenu sur luimême, qu'on finit par ne plus savoir si la pointe de l'aiguille est bien dans ce qui reste de la cavité. Au cas, du reste,où une goutte de teinture d'iode pénètrerait dans la séreuse articulaire ou dans le tissu cellulaire il ne sem-

ble pas qu'il doive en résulter de sérieux inconvénients. »

Page 1