‹ Contribution à l'Étude de la Pathogénie et du Traitement des Kystes Séreux du PoignetChapitre 9 sur 15 · OBSERVATION Î · texte numérisé non relu

OBSERVATION Î

(Dauchelle. — Thèse Paris, 1897)

Louis M..., terrassier, âgé de 33 ans, se faisait soigner depuis deux mois, pour un eczéma rebelle de la face.

Il revenait, à cet effet, régulièrement à la consultation de l’hôpital Saint-Louis. |

Par hasard, nous lui découvrimes un jour une tumeur de la grosseur d'un petit pois, située sur la face dorsale du poignet droit, à peu près au niveau de la ligne médiane, un peu plus haut que le sommet de l'apophyse styloïde du radius.

Il nous dit être porteur de cette tumeur depuis de longues années, et n'avoir jamais songé à s’en débarrasser. Il ajouta que son volume était assez inconstant, et que par moments elle diminuait pour augmenter de nouveau.

La palpalion de la tumeur Jui montra qu'elle était de cons 'stance moyenne, avec un certain degré de résistance.

La pression la réduisait dans une certaine mesure. Mais les différentes atliludes qu'on faisait prendre à la main élaient/sans influence sur le volume de la tumeur. |

op

Elle a toujours été indolore, el aucune manœuvre n'était capable d'éveiller de la douleur. Nous nous lrouvions à coup sûr en présence d'un kyste synovial du poignet.

A l'interrogatoire du malade, on ne découvrit aucune maladie antérieure. À l’âge de 20 ans loutefois, ‘il avait eu une fracture de l'extrémité inférieure du radius droit.

La fracture avait été rapidement et heureusement consolidée, et à vrai dire on ne distinguait qu'avec peine Île cal en palpant l'os.

Aussitôt en possession de ce renseignement, nous avons voulu voir s'il existait un rapport quelconque entre cette fracture du radius et le kyste synovial.

Après une enquête prolongée, vous avons acquis l’assurance que le kyste s'était produit quelques mois après la fracture, et le malade nous a affirmé s'être livré à des travaux particulièrement pénibles au moment où s'était montré son kyste. À cette époque 1l chargeait sur des camions de lourdes pierres de taille ; par la suite, il n'avait plus qu'à faire ce travail d'une façon tout à fait accidentelle.

Bien que ces faits soient de date assez ancienne, ils nous ont cependant paru devoir être signalés. Il semblerail y avoir une relation assez nette entre la produetion du kyste synovial et les travaux auxquels se livrait le malade à cette époque.

D'autre part, il n'est pas inutile de retenir que le malade venait d'être guéri d'une fracture du radius.

ŸY a-t-il eu retentissement de cette fracture sur l'articulation ? Nous ne saurions le dire, n'ayant pas pu le constater.

Le traitement de ce kyste a été fort simple : il nous a sufli d'exercer des pressions assez énergiques sur le poi-

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gnel pour voir au bout de quelques instants Ja tumeur disparaître. Sans doute le liquide était-il en partie rentré dans l'articulation, tant d'après ce que disait le malade que d’après les résultats fournis par l'examen de la tumeur,

Mais une plus grande partie du liquide s'était vraisemblablement épanché dans le tissu cellulaire ambiant.

Nous avons fait de plus porter au malade un bandage compressif pendant quelques jours. Nous avons été à même de le revoir un mois plus tard : la tumeur n'avait pas reparu.

OESERVATION II

(Dauchelle, — Thèse Paris, 1897)

Au mois de mai 1895, se présente à la consultation de l'hôpital Lariboisière, un jeune homme d'environ 25 ans, libéré du service militaire depuis à peu près un mois. Dans les derniers jours qu'il a passés au régiment, il dit avoir vu subitement apparaître une petite tumeur sur le côté interne du poignet droit. Il est très affirmatif sur Île point suivant : c'est après un exercice violent, s'accompagnant de mouvements répétés du poignet, que la tumeur est apparue. Un interrogatoire minutieux ne révèle aucune lésion antérieure du côté de celte arliculation ; pas de maladies, du reste, à signaler dans les antécédents.

A l'examen général, on ne trouve rien de spécial à

D, de noter: le malade est bien musclé, de haute stature, il a l'air solide et vigoureux.

Rien du côté du cœur et des poumons.

Lorsqu'on examine le poignet, on voit, sur sa partie interne, une tumeur de la grosseur d’un petit pois, d’une très grande dureté, ne cédant pas à la pression, indolore à la pression. Mais fait-on exécuter à la main des mouvements de rotation et de supination, la tumeur devient douloureuse. Le siège exact de cette dernière peut être facilement déterminé par suite d’une saillie anormale des deux pyramidaux droit et gauche.

C'est à un demi-centimètre à peu près au-dessous du pyramidal droit que se présente la tumeur, à peu près à égale distance du pyramidal et du sommet de l'apophyse styloïde du cubitus.

On se trouve, sans nul doute, en présence d’un kyste synovial de l’articulation du poignet droit, dont l’apparition semble s'être faite brutalement. En examinant l’articulation avec le plus de soin possible, on peut se rendre compte que cet examen concorde avec les commémoratifs fournis par le malade et que le poignet ne paraît avoir été le siège d'aucune lésion antérieure.

Malgré la rareté du fait, force est donc d'admettre que le kyste s'est produit subitement, sans que rien puisse en expliquer la raison que les mouvements dont il est fait mention au début de cette observation.

Nous avons essayé de rompre le kyste en exerçant sur lui une forte pression, mais il a présenté une résistance si grande, que nous avons dù renoncer à ce procédé, tout au moins momentanément. Le malade se refusait d'autre part à toute intervention chirurgicale, si minime fûüt-elle: on lui a Loutefois conseillé de revenir

| able | quelque temps plus tard, dans l'espoir de le décider à ce moment.

Lorsqu'il revint à la consultation, au bout de quinze Jours, nous fûmes étonnés de voir que sa tumeur avait considérablement diminué des deux tiers de ses dimensions primitives. Il nous dit avoir souvent répété les manœuvres de pression qu'il nous avait vu pratiquer, et à différentes reprises, sans succès aucun. Mais au bout d'un certain temps, il vit la tumeur s’affaisser après une de ces pressions plus forte, ajoutait-il, que de coutume.

Nous lui avons conseillé de porter autour du poignet un bandage bien serré, afin de compléter la guérison et d'empêcher toute récidive.

Après un pareil traitement, il est bon, afin d'empêcher toute récidive, de recommander le port d'un bandage assez serré, ou mieux d’un bracelet tel que le préconise Bonneau. On peul employer soit la mitaine en tissu élastique, soit le bracelet en tissu métallique à maillons que double intérieurement de la peau de chevreau. Dans ces deux appareils la compression est faite par une pelote composée d'un disque métallique recouvert de peau de chevreau.

Lorsque le malade se livrera à un exercice violent, il substituera à ce bracelet un appareil de force, semblable aux bracelets que portent les lutteurs.

Notons que dans quelques cas le port d'un bracelet peut, par une sorte d’auto-massage produit par les mouvements incessants du poignet, obtenir la guérison sans avoir besoin de recourir à aucun autre traite-

ment.

NS

Il. FLÉTRISSEMENT. — Pour obtenir le flétrissement de la poche kystique, on cherche, par différents moyens, à évacuer le liquide qu’elle contient, afin que les parois, revenant sur elles-mêmes, arrivent à s’accoler. à

L'écrasement est le moyen le plus ancien et le plus banal qui ait été proposé à cet effet. Aïdé de la compression il a donné quelquefois de bons résultats. On le pratique soit à l'aide des pouces, directement, soit au moyen d'une pièce de monnaie, en prenant un point d'appui solide sur le poignet maintenu en demi-flexion.

Lorsque le kyste éclate, il se produit un bruit particulier en même temps qu’on éprouve la sensation de l’affaissement de la tumeur.

Il reste, après ce résultat, une tuméfaction pâteuse qui ne doit pas inquiéter le malade, et qui ne disparaît qu'après plusieurs jours, à la suite d'un massage régulier.

Pratique avec les kystes simples, à paroi peu épaisse, l'écrasement ne réussit guère avec ceux qui offrent une résistance trop grande.

On peut alors avoir recours à différents autres moyens, tels que la ponction, les incisions sous-cutanées simples ou multiples, manœuvres toujours suivies de massage et de compression pour favoriser l'évacuation du liquide.

Mais, de ce fait que le liquide est évacué, il ne s’ensuit pas forcément que les parois de la poche vont s'accoler et fermer la cavité kystique. Ces procédés sont très souvent illusoires, et les récidives très fréquentes. Nous n'en donnerons comme preuve que l'observation suivante, choisie parmi tant d'autres :

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