‹ Contribution à l'Étude de la Pathogénie et du Traitement des Kystes Séreux du PoignetChapitre 12 sur 15 · OBSERVATION V · texte numérisé non relu

OBSERVATION V

(Léon. — Gazette des Hôpitaux, 17 septembre 1901)

(Résumée)

Mme Michaux, vingt-deux ans. Nous consulte en mars 1906 pour trois grosseurs en forme de pelites boules qu'elle porte à la face dorsale du poignet droit.

À noter, comme antécédents, que la malade aide son mari, maître-tailleur, particulièrement en donnant le coup de fer aux vêtements. Ces pelites Llumeurs ont commencé, dit-elle, par un petit gonflement qui augmeénta progressivement, et sont maintenant stationnaires depuis plus d'un an.

Des applications extérieures de teinture d'iode ont été tentées sans aucun résultat.

Elat actuel. — On constate à la région postéro-externe

FO Ver du poignet droit l'existence de trois bosses arrondies faisant une saillie analogue à celle d’une bille. Elles sont sphériques, à surface extérieure lisse, d’une consistance presque solide, et complètement irréductibles.

30 mars 1896. — Opération : Injection à l’intérieur de chaque kyste de quatre à cinq gouttes de teinture diode. La malade éprouva sur le moment une douleur assez vive « Jui portant au cœur », mais qui ne dura pas. Pansement compressif.

6 avril — Le pansement est défait. Disparition de l'aspect extérieur des trois tumeurs. A la place existe un gonflement mal limité.

10 avril. — Lafemme a pu se servir de sa main pour ses occupations ménagères, malgré le dernier bandage qui avait été appliqué très serré. On l’enlève. Les kystes sont affaissés, dépressibles et de consistance molle. Même pansement.

14 avril. — Le gonflement superficiel n’est plus sensib'e. ; 20 avril. — Les trois kystes ne sont plus représentés

que par trois petits noyaux de la grosseur d’un petit pois à celle d'une têle d’épingle, durs, immobiles, profondément situés sur le plan osseux. Guérison.

18 juillet. — L'examen local ne présente plus rien qui puisse révéler la trace des anciens kystes.

12 septembre 1900. — Madame M... nous écrit

« Vôtre traitement fut eflicace du premier coup; et c'est à vous que je dois d’être débarrassée complètement de mes kystes, car depuis ils n'ont plus reparu.

OBSERVATION VI (Lecourt. — Thèse Paris, 1897)

La nommée X.., âgée de 12 ans, écolière, vient le 4 mars 1896, à la consullation chirurgicale de l'hôpital Lariboisière, nous montrer un kyste de la face dorsale du poignet gauche non pédiculé, siégeant au niveau de l'extrémité supérieure du deuxième métacarpien, el présentant le volume d'une petite noisette. Ce kyste, qui s'est développé depuis trois mois, ne gêne pas la malade, mais linquiète parce qu'ila beaucoup augmenté de volume depuis un mois. Il est absolument irréductille.

On pratique une première injection de lrois gouttes de teinture d'iode pure dans le kyste, el on fait suivre celte injection d'une compression oualée peu serrée. Aucune douleur ou réaction. Au bout de quatre jour la douleur a diminué de moitié. Nouvelle injection de trois gouttes suivie de compression. [uit jours après le kyste avait complètement disparu. Nous avons revu la malade six mois plus tard, et elle ne présentait aucune trace de récidive. Jamais aucun trailement n'avait 66 fail antérieurement.

La question de récidive étant une des premières que nous devions envisager à la suite du traitement de cette

LUS re affection, nous ne saurions trop recommander l'emploi ultérieur du bracelet dont nous avons déjà parlé. On évitera ainsi l'ennui d'une nouvelle intervention possible, comme dans le cas de la maladie qui fait l'objet de l'observation suivante :

OBSERVATION VII (Lecourt. — Thèse Paris, 1897)

(Résumée)

La nommée X..., couturière, 21 ans, kyste de la grosseur d’un pois, à ls face dorsale du PANE Re ET irréductible et non pédiculé.

Applications de teinture d’iode, et légère compression, n'amenant aucun changement.

On pratique une première injection de teinture d'iode dans la tumeur avec la seringue de Pravaz et on fait une légère compression ouatée. Au bout de quatre jours la tumeur a diminué; nouvelle injection de quatre gouttes suivie également de compression.

Deux fois encore, de quatre jours en quatre jours, on pralique la même a Chaque fois, on a constaté une diminution notable ; et, huit jours après la dernière injeclion, la tumeur avait Ft disparu.

On recommande à la malade de continuer pendant quelque temps une légère compression, surtout lors-

Lao Le qu'elle reprendra son travail; mais elle ne suit pas cet avis, et revient, au bout d'un mois, avec une récidive du kyste qui ale volume d'une noisette.

Nouvelles injections de teinture d'iode pure, de quatre Jours en quatre jours, avec compression légère : dix jours après la dernière injection, le kyste a disparu complètement.

La malade néglige encore toute précaution et revient au bout de trois semaines avec une nouvelle récidive de la grosseur d'une noisette, comme le kyste précédent. On lui propose alors l'extirpation; quoique la malade ait promis de revenir, on ne l’a pas revue.

HT. ExrTiRPATION. — C’est le procédé le plus communément employé aujourd'hui; avec lui on se propose d'obtenir la guérison absolue tant au point de vue anatomique qu'au point de vue fonctionnel.

Cette opération effrayait autrefois les chirurgiens qui lui faisaient toujours le même reproche : la suppuration. Aujourd'hui, nous ne pouvons plus être arrêtés par cette considération. Si l'opérateur s’astreint aux règles de l'asepsie et de l’antisepsie les plus rigoureuses, lopéraration devient d'une innocuité remarquable. Ge procédé à l'avantage sur les précédents, qu'il est le seul véritablement radical, qu'il enlève avec la tumeur toute chance de récidive.

Il consiste à inciser la peau au-dessus de la tumeur, à disséquer cette dernière, à placer ensuite un lien sur le pédicule, et à exciser tout ce qui se trouve au-dessus! L'incision sera faite dans l'axe de la main, parallèlement aux tendons et aux nerfs. Elle devra loujours correspondre au point de naissance de la tumeur. Nous n'hésiterons

pe

done pas, lorsque nous nous trouverons en présence d'un kyste multilobulé, sur le point exact où nous devrons inciser.

: Nous n'aurons qu'à nous rappeler les lieux d'élection pour l'implantation d'origine des kystes du poignet, ainsi schématisés par Bonneau:

« Du côté dorsal, le kyste naît, au-dessous du ligament postérieur de l'articulation, là où la capsule fibreuse va s'insérer par des fibres clairsemées sur la face postérieure du scaphoïde et du semi-lunaire. Il vient émerger entre le tendon du deuxième radial et les tendons extenseurs communs. Qu'il perfore ou non dans sa marche ascensionnelle vers l'extérieur, le ligament annulaire, qu'il envoie un prolongement sous le tendon du long fléchisseur du pouce vers la labalière anatomique, ou qu'il s'insinue en parlie sous les tendons extenseurs, le kyste a toujours son même point de départ, el l'incision cutanée doil y correspondre. Du côté palmaire, c'est entre le bord supérieur du ligament antéro-externe palmaire et le rebord du radius (plus rarement entre les deux faisceaux supérieur et inférieur de ce ligament antéro-externe) que se trouve la partie faible de la capsule par où le kyste naît. [remonte alors au-devant du radius et parfois même du carré pronateur entre les tendons du grand palmaire et du long supinateur. Nous voyons ainsi où le bistouri doit couper la peau. » |

Quant à la dissection, ce n'est pas toujours chose facile. Quelquefois, des adhérences aux organes de la région viennent compliquer l'opération. La difficulté augmente encore lorsque le pédicule est fixé profondément à la synoviale. Il faut alors le suivre jusque dans la profondeur, reconnaissant au passage l'anneau ligamentaire

SNA ie à travers lequel il passe, et ne s'arrêter que lorsqu'on aura bien constaté la présence de la synoviale.

À ce moment, si le pédicule est étroit, on cherchera à le lier le plus près possible du plan osseux, et on extirpera la tumeur, d'un coup de ciseaux. Dans le cas contraire, on atlirera le plus possible la séreuse (comme dans une cure radicale de large hernie), on réséquera tout ce qui voudra venir, eton suturera linéairement la perte de substance elliptique ainsi faite.

Pour éviter toute récidive, il ne faudra pas oublier de fermer soigneusement l'orilice Hgamentaire, de manière à former un plan assez résistant au-dessus de la synoviale.

De plus, on ne saurait accorder trop de soin à la reconstitution du ligament annulaire et à la suture de la peau. Certaines raisons esthétiques pourraient en effet faire rejeter un procédé, en somme très recommandable, mais qui laisserait après lui, sur le poignet, une cicatrice presque aussi désagréable que l'affection ellemême. À cet effet, nous ne saurions trop préconiser l'emploi des agrafes Michell. i°

Notons que, sauf dans le cas de kystes multilobulés, qui nécessitent une longue dissection, l’anesthésie locale à la cocaïne, précédée d'ischémie artificielle par la bande d'Esmarch, est suffisante pour cette sorte d'opération. |

Nous pourrions citer un grand nombre d'observalions, à l'appui de cette méthode. Nous n'en retiendrons que deux, dues à l'obligeance de M. le docteur Soubeyran, les autres étant analogues.

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