‹ Contribution à l'étude de la pathogénie et du traitement des spasmes fonctionnelsChapitre 13 sur 17 · CHAPITRE EN · texte numérisé non relu

CHAPITRE EN

Indications thérapeutiques

Pour agir efficacement dans ie traitement d'une affection, il faut en connaitre les causes diverses avec leur mode d'action; or, dans l’étude sommaire que nous venons de faire sur la pathogénie des spasmes fonctionnels, nous avons vu qu’il fautfaire entrer en ligne de compte plusieurs éléments dans la production du spasme. D'abord un terrain préparé aux troubles nerveux, ordinairement par de l’arthritisme sous toutes ses formes, du rhumatisme très souvent, ou bien une maladie toxique comme l’alcolisme, le saturnisme ou le mal de Brigt. Ensuite nous trouvons des lésions locales diverses dans la région atteinte de spasmes. Enfin, un élément psychique plus ou moins important.

Le traitement devra donc s'adresser à chacun de ces éléments. Les observations des malades traités méthodiquement par M. le professeur Pierret nous

| MLAT sas

ROME ROUES montrent la guérison d'une infirmité réputée géné ralement incurable.

Il faut d'abord lutter contre la maladie générale qui est la cause première de l'affection et qui l’entretient. Il faudra rechercher sile spasme fonctionnel n'est pas symptomatique d'une intoxication quelconque, auquel cas on donnera un traitement approprié. On combattra le mal de Bright, s’il existe, par la diète lactée qui pourra suffire à guérir la crampe en même temps que les autres symptômes d’urémie. Demême on recherchera s'il existe des troubles gastro-intestinaux : dilatation d'estomac, dyspepsie alcoolique ou autre. À la constipation on opposera des purgatifs ou des lavements.

Nous avons vu combien le rhumatisme était fréquent chez les sujets frappés de spasmes. Pour peu que ses manifestations aient de la tendance à prendre une marcheaiguë ou subaiguë, on ordonnera le salicylate de soude ou de méthyle. Nous donnons une observation intéressante où ce médicament supprime, en même temps quela fluxion rhumatismale, les contractures fonctionnelles chez un malade atteint de crampe des écrivains. Au rhumatisme chronique on opposera les iodures longtemps continués, les alcalins, le régime.

Quand la maladie générale, toxique ou dyscrasi-

-que, aura cédé, ou que ses effets se seront atténués, - on s’attaquera à la lésion locale.

L'électrisation sera le premier moyen à employer pour rendre la tonicité aux musclesen voie d’atrophie et pour lutter contre la névrite périphérique.

PEN es

M. le professeur Pierret a vu des cas d’atrophie musculaire datant de longtemps et où il a obtenu des résultats assez probants pour qu'on ne néglige jamais ce moyen.

Il faudra bien se garder, comme on le fait trop souvent, de traiter les muscles atteints de spasme qui, d'ordinaire, sont sains. L’électrisation devra porter uniquement sur les muscles antagonistes, lesquels sont atrophiés, enflammés, douloureux à la pression. C'est le courant galvanique qui devra être employé et M.le professeur Pierret a obtenu les meilleurs résultats avec un courant labile qui consiste à laisser le pôle positif immobile sur la nuque, par exemple, et à promener le pôle négatif sur toute l'étendue des muscles malades. On aura recours aussi au massage, qui agit comme modificateur nutritif du muscle et excitant de la fibre musculaire parésiée. La gymnastique suédoise, consistant en mouvements semi-actifs semi-passifs, pourra trouver ici son indication. Enfin, on luttera, si le cas se présente, contre l’inflammation des gaines synoviales, des tendons ; on emploiera contre la névrite la révulsion et l'électricité.

On agira, en dernier lieu, sur l'élément psychique, lorsque cet élément existe. C'est dans ces eas, où les convulsions et les spasmes sont d'origine centrale, que M. le professeur Pierret préconise l'emploi d'un convulsivant, l'extrait de belladone de préférence. Ce médicament lui a donné les meilleurs résultats.

Page 1