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ou quelque membrane fibreuse. Objectivement, on perçoit des indurationssous-cutanées et on remarque les déviations consécutives à la rétraction des aponévroses ou des ligaments. Collin (4) rapporte une observation intéressante de rhumatisme chronique à localisation exclusivement fibreuse. Le malade présentait une tumeur dure et douloureuse, de la grosseur d'un œuf de poule, développée sous le feuillet antérieur de la gaine aponévrotique du grand droit. En même temps, à la partie postérieure du bras droit, il était porteur d’une tumeur également dure et douloureuse s'étendant à la portion tendineuse du triceps. |
Tendons et gaines tendineuses. — On trouve, en effet, dans un assez grand nombre de cas de rhumatisme, les tendons douloureux atteints d’une vascularisation inflammatoire et tuméfiés ; ils ont perdu leur aspect nacré; ils peuvent également s’atrophier, se rétracter et devenir une des principales causes des attitudes vicieuses des membres.
Les gaines tendineuses injectées, dépolies, sont quelquefois le siège d'un épanchement séreux, dans quelques cas, même purulents..Elles présentent, sur leur face interne, des inégalités produites par la chute de l’épithélium,par des concrétions fibrineuses et même par des végétations verruqueuses qui peuvent se détacher et prennent alors l'aspect de grains d'orge.
(1) Gazette des Hôpitaux, octobre 1894.
LR UOTE
Cette inflammation exsudative et proliférative se
traduit objectivement par un gonflement sur le trajet
du tendon et, quelquefois, par une sensation de cré-
pitation perçue pendantles mouvements. Ces lésions
entraînent naturellement une gêne plus ou moins grande dans l’accomplissement de la fonction.
. Nerfs. — Les cas de névrite signalés à la suite de rhumatisme aigu ou chronique sont assez nombreux.
La thèse de Gross, en 1879, inspirée par M. le professeur Pierret, indique que le refroidissement, le froid humide surtout, lerhumatisme sont des causes fréquentes de névrite périphérique à la suite de laquelle les muscles éprouvent des altérations diverses. On trouve des lésions de névrite interstitielle et de périnévrite qui consistent dans l’inflammation des lames connectives intra-fasciculaires ou péri-fasciculaires. « Cette forme se caractérise, dit-il, « par la présence, sur le trajet du nerf, d’un gonfie- « ment fusiforme pouvant atteindre 5 à6 centimètres, «ou bien, si l’inflammation est localisée, de nodo- «sités en chapelet qu'on pourrait confondre avec « des névromes. Ce qui frappe, c’est l'hypertrophie « du tissu cosjonctif inter-fasciculaire ».
Dans l'épaisseur du nerf, les cloisons conjonctives, qui rayonnent en tous sens, forment jusqu'aux cinq sixièmes de sa masse totale. Les tubes nerveux comprimés s’atrophient et dégénérent.
Chez des rhumatisants atteints de paralysie agi-
SAS tante (1) M. le professeur Pierret a trouvé des lésions très grossières de névrite, frappant la vue par la tuméfaction énorme des troncs nerveux. Les méninges spinales et la moelle étaient saines.
En 1887, Pitres et Vaillard reviennent sur cette question et montrent qu'au cours du rhumatisme chronique les nerfs périphériques sont le siège d’altérations diffuses et profondes. Au milieu de fibres saines, on trouve un petit nombre de fibres dont la myéline est en voie de fragmentation en boules et quelques faisceaux de gaines vides.
Ces névrites périphériques ont pour symptôme principal, avec la douleur sur le trajet du nerf, une atrophie musculaire plus ou moins précoce et correspondant au nerf lésé.
Muscles. — Dans un certain nombre de cas de rhumatisme, M. le professeur Pierret a observé que les muscles deviennent le siège d’une sorte d’induration fibreuse disséminée d’abord, puis confluente et qui aboutit quelquefois à une véritable atrophie fibreuse. Ces lésions se révélent, au point de vue symptomatique, par des douleurs spontanées ou provoquées au niveau des masses musculaires et par une atrophie avec induration.
Pour Ewer, les callosites musculaires rhumatismales de Froriep, autrement dit les myosites chroniques, sont beaucoup plus communes qu'il ne semble ; quand ces callosités sont multiples, elles donnent lieu à des phénomènes variés : douleurs
(1) VESSELLE. — Thèse, Lyon, 1880.
RO) Fe paroxystiques, gêne dans les mouvements, fatigue précoce, crampes, etc.
Ces lésions prennent naissance, d'ordinaire, au sein du périmysium où apparaît un tissu embryonnaire qui se vascularise et se transforme en une substance ferme ayant les propriétés du tissu de cicatrice. Ce tissu comprime les faisceaux musculaires qui s’altérent, subissent une sorte de transformation granulo-graisseuse. La substance contractile, étouffée, disparaît au point que le muscle,réduit parfois à l’état de bandelette fibreuse, est mis dans l'impossibilité de se contracter. À côté de ces lésions trophiques, il peut exister des manifestations fluxionnaires ou vaso-motrices qui se révèlent par une souffrance un peu sourde, exaspérée par la contraction la plus légère des muscles affectés.
Enfin, il est des cas exceptionnels de myosite intense où les éléments connectifs intermusculaires altérés présentent les indices d’une véritable phlegmasie suppurée.
Ces lésions musculaires sont fréquentes chez les individusatteints derhumatismeconfirmé,ousimplement prédisposés à cettemaladie.Elles surviennent à l’occasion du pluslégerrefroidissement.C'estquelquefois une simple propagation de la phlegmasie articulaire par contiguité detissu,mais plussouvent une manifestation de la maladie au même titre que l’arthrite.
Ces muscles lésés sont en état d’atrophie plus ou moins avancée, et les fonctions qui s'accomplissent avec leur concours seront, de ce fait, considérablement troublées.