LOIS DE L’'ÉLECTROLYSE
C'est Farapsy qui en 1833 a décrit les lois de l'électrclyse.
Lois qualitatives
1° Un électrolyte de formule RM se décompose en F et M;
2° Les produits de décomposition apparaissent uniquement sur les électrodes et non dans la masse du liquide.
3° L'ion M descend le courant et apparaît à la cathode
L'ion R remonte le courant et apparaît à l'anode.
Loi quantilative
Le poids du métal déposé à la cathode est proportionnel à la quantité totale d'électricité qui a traversé l'électrolyte e: varie selon la nature du métal.
Si À est le poids atomique que l'on suppose exposé er grammes, P le poids déposé à la cathode par le passage d'un coulomb
À — (tant l'élément électro-chimique du métal.
LRO : INGE
On croyait alors à la décomposition de l’électrolyte sous l’action du passage du courani. Mais Craupius dans ses ‘ravaux à bien montré qu'elle existait avant tout passage du courant.
Sans pouvoir ici entrer dans le détail, nous nous contenterons de résumer la théorie générale que Swanrz ARRHÉNIUS à donné de ces phénomènes : les électrolytes subissent en se dissolvant une dissociation d'un certain nombre de leurs molécules ce qui explique l’augmentation apparente de ces molécules; les parties séparées sont les ions.
Quelques molécules de chlorure de sodium par exemple se séparent en un ion chlore et un ion sodium, mais comme, d'autre part, on ne constate pas la présence de chlore libre ou de sodium libre, comme d'autre pari cette division en ions a rendu l’eau conductrice, on en conclut que le chlore et le sodium sont dans un état spécial : état ionique. Ils portent chacun une charge électrique qui semblent satisfaire leurs affinités chimiques et les empêche de se manifester à l’état libre; grâce à la présence de ces particules électrisées l’eau devient con ductrice.
Quand on plonge dans le liquide les électrodes d'une source de courant, les ions sont attirés chacun par celle des électrodes qui a une charge de nom contraire; le sodium se dirige vers le négatif, le chlore vers le positif, et c’est le déplacement des ions qui constitue le passage du courant à travers un électrolyte.
Quand ils sont au contact de l'électrode, ils perdent
leur charge, cessent par cela même dê‘re des ions, et
l’on constate à un pôle un dégagement de chlore et à l’autre un dégagement de sodium.
Si la solution est séparée en plusieurs cuves par des membranes poreuses, les ions passent à travers les membranes et la composition des différentes cuves se trouve modifiée.
Si plusieurs solutions de substances différentes sont contiguës, séparées par des membranes poreuses, on constate que les échanges entre elles ne sont plus simplement ceux produit par osmose, mais qu'il s'y ajoute des modifications apportées par le cheminement des ions.
PENETRATION ELECTROLYTIQUE A TRAVERS L'OR- GANISME. — Le corps humain peut être considéré schématiquement comme un assemblage d'innombrables cuves, les cellules, séparées par des membranes poreuses et contenant du chlorure de sodium. Le courant continu ne le traverse donc que grâce à un déplacement des ions c’est-à-dire à des modifications chimiques.
Effets interpolaires. — Si nous sommes loin des deux électrodes, d'une part le courant, s’est largement étalé et l'intensi'é traversant chaque cellule est faible, d'autre part, une cellule perd d'un côté un ion sodium. mais qui est remplacé par un autre ion sodium venant d'une cellule voisine, tandis que de l’autre côté elle perd un ion chlore remplacé lui aussi au dépend d’une autre cellule. I y a échange d’ion mais pas de modification finale du milieu.
Dand les régions éloignées des électrodes on constate au point de vue physiologique des actions
— Analgésique dont l'exemple le plus probant est la
UD
disparition des algies des plexus sympathiques abdominaux sous linfluence de la galvanisation transabdominale (DeLuenm); le sympathique est alors situé à peu près à égale dis'ance du pôle positif et du pôle négatif.
— Circulaloire dans une région soumise au courant continu on constate la diminution des œædèmes, des stases circulatoires.
Quand on à électrisé un territoire étendu de l'organisme, il y a légère amélioration de la circulation générale (pouls plus régulier, tendance à la diminution de l'hypertension, ete.).
— Trophique Guirroz et Hirrz avec dés techniques différentes ont observé que des applications de doses élevées de courant continu, diminuaient les graisses et augmentaient le relief musculaire; et GuizLoz a pu démontrer que le courant continu ‘augmente durant l’application et pendant un certain nombre d'heures consécutives, la respiration élémentaire de la fibre musculaire en survie, séparée de l'organisme.
Action polaire du voisinage, lorsqu'on se rapproche jusqu'au voisinage des électrodes le courant ne s'est pas encore étalé, sur toute la largeur de l'organisme et surtout les échanges de cellule à cellule ne se compensent plus exactement; on commence à constater les traces de modifications chimiques que nous décrirons, au contact des électrodes. |
Il existe alors en plus des actions interpolaires
Au pôle négatif une légère vaso-dilatation ;et une tendance au relàächement des spasmes et contractures.
Au pôle positif une action analgésique et une contrac-
CHTE
tion des fibres musculaires lisses se traduisant par une vaso-constriction des petits vaisseaux.
Actions polaires de contact, avec des électrodes humides imbibées d’eau conductrice (eau non distillée) les produits de l’électrolyse de l'organisme continuent leur chemin à travers les milieux électrolytiques; tout au plus si la séance est un peu intense, y a-t-il irritation plus ou moins marquée de la peau, mais on n'observe pas d'actions polaires de contact.
Par contre, si l'on applique sur la peau un conducteur solide (charbon ou métal) les produits d’électrolyse sont arrêtés; ils déterminent des actions chimiques
1° Au pôle négatif : tous les métaux et le charbon se comportent de même, ils ne sont pas attaqués; les tissus à leur voisinage se chargent de soude, il y a dégagement d'hydrogène (provenant de la décomposition de l’eau) le plus souvent sous forme de mousse.
Si la séance est intense ou prolongée il y a escarification plus ou moins profonde selon la quantité d’électricité usitée, l’escarre est celle produite par les bases, c'està-dire quelle est molle et non adhérente, plus étendue que celle du pôle positif. Si l’action a été assez forte ou assez prolongée pour qu'il y ait une cicatrice, cette cicatrice est mince, souple, peu rétractile.
2° Au pôle positif : où se portent le chlore et l'oxygène il y a action antiseptique et formation d’une escarre sèche, dure, adhérente, avec coagulation sanguine au voisinage. La cicatrice qui en résulte est épaisse, raide, rétractile.
Mais tandis que le charbon, le platine, l'or, ne sont
AT
nullement attaqués par les produits d'électrolyse au pôle positif, que d’autres le sont de façon négligeable, le cuivre, le zinc, l’argent, le fer, sont au contraire attaqués énergiquement : il se forme un oxychlorure de métal; cet oxychlorure est décomposé à son tour, le métal pénètre dans les cellules, ctc. Bref à la fin de la séance, il y a une mince couche de métal à la surface de téguments e: une certaine quantité de métal a pénétré dans
les tissus.
PÉNÉTRATION MÉDICAMENTEUSE
Nous avons dit qu'entre des cuves séparées par une membrane poreuse, le passage du courant déterminait des échanges chimiques indépendants de l'osmose.
Si donc les ions fournit par l'organisme peuvent con tinuer leur chemin vers l’électrode métallique à travers une compresse humide ou un bain, de mème les ions provenant d'un électrode humide ou d'un bain peuvent à travers la peau pénétrer dans l'organisme sous l’influence du courant.
Les expériences in vitro et in vivo ne laissent aucun
dou'e sur la réalité de cette pénétration. Il nous faur
mentionner les plus importantes
Expériences de Hilloff et Ensch
Trois cuves communiquent par deux tubes en U dont les branches se dirigent vers le bas, Les deux premières contiennent de Feau, la troisième un solution de iodure de potassium à 1/10°. L'anode à laquelle est fixé un fragment de pomme de terre bouillie plonge dans la cuve
N° sr, la cathode dans la cuve N° 3,
RENTYTOUR
À la fin de l'expérience (3 h. 4Ë), le fragment de pomme de terre bleuit par transport de l’anion iode au
pôle positif.
Expérience de Chutzky
Une pomme de terre est creusée d’une cavité contenant une solution de iodure de potassium. Les deux électrodes de platine sont fixés de part et d'autre et à distance de la cavité de façon ce qu'elles n’entrent pas au contact de la solution : la portion voisine de l’anode se colore en
bleu.
Expérience de Labatut.
Un récipient rempli de chlorure de lithium est séparé par un morceau de viande de cheval. On fait passer pendant une heure un courant de 8 milliampères; on constate alors que des 6/10° de lithium qui ont pénétré dans le muscle, 5/10° se sont groupés autour du pôle positif.
Ces faits mettent bien en évidence, la pénétration ionique à travers l’économie assurée au travers de celle-ci par les ions chlorure de sodium et la mise en liberté de ces ions assure le passage du courant.
Mais pour faire pénétrer une substance il faut réaliser certaines conditions très précises; d’abord il est indispensable que lion à faire pénétrer soit placé dans le circuit de façon à être dans le bon sens par rapport au
courant.
SRE
Les métaux et les alcaloïdes seront à l'électrode positive; les métalloïdes et les radicaux acides à la négative. C'est ainsi que le zinc, le cuivre, l'argent, etc., soit sous forme de métal pur, soi’ sous forme de solution d'un sel, ainsi que les solutions de sel d'alcaloïdes seront appliquées au pôle positif, tandis que l'iode, le chlore, l’ion salicyle le seront au négatif.
BourGuiIGxox et CoNDUCHÉ, dans leurs expériences sur l'élimination de l'ion iode dans les urines au cours de l'ionisation, ont montré qu'elle peut être divisée en trois périodes
1° Période : élimination croissante de la première à la deuxième séance;
2° Période : élimination en plateau de la deuxième séance au lendemain de la dernière séance.
3° Période : élimination décroissante se prolongeant 5 à 6 jours après la dernière séance.
Les remarquables travaux de Lepuc sur la pénétration ionique dans l'organisme vivant, travaux que nous avons schématisés plus haut, mettent bien en évidence la technique d'introduction des matières dans les tissus.
PENETRATION DES IONS DANS LES MILIEUX OCCU LAIRES. — Lorsqu'on passe à l'application de l'œil. comme nous l'avons fait, on se trouve dans des conditions particulièrement favorables.
« En effet, les liquides de lPœil constituent des corps excellents conducteurs de l'électricité, de sorte que tout le courant traverse pour ainsi dire exclusivement les
CT ‘culaires ( p INET) (ISSUS occulaires. » (GANTONNET).
Er od eu
De nombreux travaux ont tendu à démontrer la per-
méabilité des tissus occulaires aux ions
Morax et Girarp, en 1920, étudient les variations de tension oculaire par osmose électrique. Ils montrent que « par osmose électrique lorsque des solutions salines de composition ionique déterminée baignent l’épithélium de la cornée, on peut soit faire filtrer ces solutions à travers la cornée, vers l'humeur aqueuse, en sorte que le volume liquide la chambre antérieure se trouvant accru, la tension occulaire s’éiève considérablement, soit au contraire, on peut faire filtrer l'humeur aqueuse vers ces solu‘ions salines, c’est-à-dire hors de l’organisme, en sorte que le volume liquide de la chambre antérieure de l'œil se trouvant réduit, la tension occulaire est abaissée au tiers ou au quart (selon la durée de l’osmose) de sa valeur primitive ».
H faut d'ailleurs pour cela, comme le dit M. Jorrrois une différence de potentiel entre les deux faces de la cornée et l’existence dans l'épaisseur de la cornée d’interstices cellulaires remplis de veines.
— Binkaauser, de son côté, publie ses recherches sur l'introduction de l’iode par osmose.
—. Enfin, Baro fait deux expériences conciuantes
1® expérience : deux globes oculaires rigoureusement pesés sont placés dans deux récipients communiquant - entre eux et contenant du chlorure de sodium, on fait
passer un courant de 5 milliampères pendant ane heure,
e glche ccrrespondant au pôle positif a perdu 30 milli-
grammes, le globe correspondant au pôle négatif a gagné
“L'OeS
go milligrammes. Un globe témoin n'a présenté ni augmentation de poids ni diminution.
> expérience : une cornée est interposée entre deux parties d’um tube en U séparant hermétiquement ces deux parties. L'une d'elle reliée au pôle positif contient de liodure de potassium, l’autre reliée au pôle négatif contient de l’eau. À l'électrode négatif est fixé un fragment de pomme de terre. On fait passer un courant de d milliampères pendant ro minutes. Au bout de ce temps, la pomme de terre prend une coloration qui va en s'accentuant.
Ces deux expériences montrent bien avec quelle faeilité les ions arrivent à pénétrer les tissus de l'œil.
H nous a paru intéressant de résumer ici ces différentes expériences dans le dessein de montrer quel milieu extrèmement favorable était le milieu occulaire à l’application de l’électrothérapie.
Nous ne reviendrons pas ici sur l'action du courant électrique et des soiutions médicamenteuses, nous les avons déjà décrites, nous y reviendrons plus loin à
propos de chaque cas.