Fernandez. Loc. cit
4, Le Dentu. Semaine gyn.Loc. cit.
= Mo de dégénérescence scléro-kystique. Telles sont les lésions des organes génitaux, des annexes en particulier, qui . appartiennent à la première période de l’affection.
2° Abordons maintenant la description des altérations du péritoine, qui correspondent à ce que nous appelons la seconde phase, Nous ferons cependant remarquer ici que si au point de vue clinique ces deux périodes sont bien tranchées, la distinction que nous établissons est plus arüficielle quand il s’agit d'anatomie pathologique, car dès le début de la tuberculisation des annexes, le péritoine réagit pour son compte, et la péri-annexite n’atlend pas pour évoluer, que les lésions de la trompe ou de l’ovaire, soient à un stade avancé de destruction.
La lésion initiale de la séreuse estlapparition de granulations tuberculeuses dans ses points de contact avec les annexes, et qui correspondent aux granulations analo- Jues qu’on rencontre à la périphérie de la trompe. Il se fait là une extension du processus tuberculeux par contiquité. |
Dans toutes les laparotomies, nous avons trouvé ces granulations, à condition toutefois que la péri-annexite soit à son début, car plus tard le péritoine est épaissi etiln’est plus facile de les apercevoir aussi nettement. Elles varient de la grosseur d’une tête d’épingle à celle d’un pois.Alors apparaissent les adhérences qui sont la lésion dominante puisque ce sont elles qui constituent à proprement parler la péri-annexite. Elles sont d’abord jaunes ou grises, de consistance molle, puis peu à peu elles s’épaississent, entourant d’une coque dure les annexes fusionnées, et leur volume atteint parfois celui d’une mandarine. Au milieu de
Mathieu 2
cette tumeur ainsi constituée, existaient des foyers rémplis de matière caséeuse ou d’un pus jaunâtre, grumeleux et plus ou moins fluide.
À côté d’adhérences solides, qui défient toute tentative de décollement, il en est de friables qui se déchirent à la moindre traction et laissent écouler le pus et les matières caséeuses qu’elles englobaïent.
Limitées d’abord au péritoine péri-annexiel, les granulations et les adhérences s’étendent. Elles gagnent peu à peu les anses intestinales qu’elles agglutinent, l’épiploon est envahi à son tour, et la tumeur qui jusque-là était restée cachée derrière le pubis, s’élève peu à peu dans l'abdomen.
À ce moment, on trouve à l’ouverture du ventre,de vastes kystes purulents ou séreux, enclavés entre la face postérieure de la vessie et l’utérus ; d’autres situés entre l’épiploon qui adhère à la paroi abdominale, et les anses intestinales agglutinées qui forment le paroi profonde dela poche. Les intestins s’ulcèrent par places, et il se produit des fistules donnant issue à du pus, à des débris caséeux qu’on retrouve dans les selles des malades.
La quantité de liquide trouvée dans la cavité abdominale a toujours été très petite, sinon nulle, il n’a jamais été constaté d’ascite ou de circulation complémentaire des veines de la paroi abdominale, et dans aucun des cas que nous avons observés, ces collections purulentes n’ont menacé de s’ouvrir à l’ombilic.
Ces lésions de péri-annexite sont presque toujours bi-
latérales, de même que celles des ovaires ou des trompes.
Dans la grande majorité des cas nous les avons reñ: contrées des deux côtés, mais à un inégal degré de dévelcppement et le côté droit était à un stade bien plus avancé que le gauche.
La vessie et le rectum étaient dans plusieurs circons- . tances recouverts de granulations tuberculeuses, et dans une observation relatée plus loin, l’appendice était accolé sur la ligne médiane, à la face supérieure de l’utérus et ne présentait aucune lésion: il était maintenu dans cette situation par de solides adhérences : ce fait nous a paruintéressant à signaler bien qu’il ait été déjà plusieurs fois mentionné.
Toutes ces lésions du péritoine nous semblent se rattacher à des formes de péritonite tuberculeuse, décrites par Jalaguier (1) : nous y retrouvons en effet des modalités de la péritonite chronique ulcéreuse de Grisolle, de la péritonite fibreuse, mais sans l’abondance de liquide qui les accompagne. Si bien que si nous devions rattacher la périannexite tuberculeuse à des formes connues, nous serions tentés d’en faire une péritonite fibro-ulcéreuse, puisqu'elle emprunte des caractères spéciaux à chacune de ces descriptions.
Quant à la nature des lésions constatées sur les annexes et sur la séreuse, nous pensons que le moindre doute ne saurait subsister : il s’agissait bien là de tuberculose.
La granulation est pathognomonique et nous l’avons
1. Jalaguier, Tr.Chir. Duplay et Reclus. Art. Péritonite tuberculeuse.
oh
constatée à maintes reprises, mais ce qui l’est davantage encore, c’est le bacille de Koch, et tous les examens bactériologiques pratiqués ont décelé sa présence dans la trompe, l'ovaire, les kystes caséeux et purulents du péritoine, et jusque dans les écoulements vaginaux des malades.
Des cobayes dans le péritoine desquels nous avons injecté les matières caséeuses recueillies pendant les laparotomies, sont morts du % au 12° jour, et leursintestins, la rate, les poumons, le péritoine étaient parsemés de granulations tuberculeuses,
Nous devons ajouter que plusieurs fois, l’examen bactériologique a montré qu’il y avait de nombreuses chaînettes de streptocoques à côté de bacilles tuberculeux. Nous avons pensé que les cas de ce genre étaient discutables quant à la nature de l’infection, et nous les avons écartés.