TRAITEMENT
En présence d’une malade atteinte de péri-annexite tuberculeuse, quelle sera la conduite à tenir ?
Nous pensons qu’un traitement médical ne saurait convenir, à moins que les lésions ne soient tout à fait à leur début. Chez deux malades qui présentaient des antécédents tuberculeux et avaient de la salpingite, une amélioration sensible a été obtenue par le repos et l’immobilité. Nous n’avons pu suivre ces malades.
Mais dans la grande majorité des cas, les femmes qui entrent à l'hôpital ont des lésions trop avancées pour qu’on hésite à intervenir chirurgicalement, car le traitement médical serait alors trop tardif.
Nous pensons donc qu’on doit opérer, et cela pour deux raisons: La première, c’est qu’il existe de la péritonite tuberculeuse qui à elle toute seule justifierait l’intervention.
La seconde, est qu'il y a des annexes malades, transformées en une masse caséeuse ou en poches purulentes, et qui sont non seulement inutiles, mais dangereuses. Malgré cela nous faisons une restriction : il ne faut, nous semble-t-il, opérer que quand l’état général de la malade
le permettra.
Nous indiquerons rapidement l'opération qui a été pratiquée sur 8 malades dont on retrouvera des observations plus loin :
Laparotomie, qui n’a pas seulement pour but l’extirpation desannexes : la chose ne sera pas toujours facile et 1l est presque habituel de ne pouvoir tout enlever. On laissera involontairement des granulations soit sur le péritoine, soit sur les anses intestinales, sur les annexes ou sur l'utérus. Mais il est aujourd’hui démontré que la simple laparotomie suffit à modifier l’évolution de la péritonite tuberculeuse, et à la rendre curable.
Une fois l’abdomen ouvert, suivant le conseil donné par Le Dentu, on enlèvera tout ce qu'on pourra, le plus possible. On doit étancher, nettoyer, cautériser même, certaines parties des lésions.
Mais la déchirure des adhérences exige de grandes précautions, car l’intestin est d’une friabilité parfois très grande et on en pourrait arracher des portions plus ou moins étendues si on y prenait garde. Dans ce cas, il nous semble prudent de s’abstenir de toute tentative qui aurait un tel résultat.
En présence des difficultés que peut présenter l’ablation des annexes, de l’impossibilité dans laquelle on se trouve même de les enlever, on se contentera d’un drainage du péritoine : Duplay et Clado s’efforcent autant que possible d’atteindre le cul-de-sac postérieur pour pratiquer le double drainage abdomino-vaginal. Dans un cas où cette manœuvre ne put être effectuée, Clado pratiqua une hystérotomie médiane postérieure, incisant l’utérus jus-
qu’au vagin, par lequel il fit le drainage.
On emploie le procédé de Mikulicz, qui consiste en ur tamponnement aseptique ou antiseptique du péritoine, (dans le service de gynécologie de Duplay, on se sert de gaze iodoformée).
Dans certains cas bénins, la quérison a été obtenue même avec fermeture immédiate de l’abdomen, après double drainage abdomino-vaginal, et c’est par le vagin qu’on a retiré les mèches de gaze.
Le procédé de Mikulicz est décrit dans le 7raïté de gynécologie de Pozzi, aussi ne croyons-nous pas nécessaire de l’exposer en détail (1).
Chez toutes les malades que nous avons observées, les suites opératoires ont été excellentes, et une améliora tion rapide s’est produite. Mais nous pensons qu’un séjour à la campagne, la suralimentation, le repos et une hygiène bien comprise sont l’indispensable complément de lopération.
Non seulementen effet ils hâtent la guérison de l’affection péri-annexielle, mais par leur heureuse influence sur l'état général, ils contribuent dans une large mesure au
rétablissement complet.