OBSERVATION V
Portal rapporte une observation très incomplète d'un homr mort dans le coma et dont le canal de l’épine était rempli de séro-
sité sanguinolente.
OrsEervaTIoN VI
Elle a été rapportée par Ollivier d'Angers (1823), dans son Traité des maladies de la moelle, 3: édit., page 272.
Le nommé B..., â£i de 4 ans, fut apporté le 2 février 1823, à l'hôpital des Enfants-Trouvés, n'ayant pour signes de maladie que la fixité des yeux et l’opistothonos. On lui fit une application de sangsues sans résultat appréciable et l’enfant mourut.
A l’aulopsie on trouva avec lessignes de la méningite ordinaire, une quantité considérable de pus entre la dure-mère et le canal osseux.
Il s’agissait évidemment dans ce cas de méningite et de péri-
méningite.
OBSERvATION VII :
Elle est due à Albers de Boun.
Un homme de 23 ans, habitant Reisdorf, est mouillé le 1‘"février 1832 par une pluie froide ; aussitôt il accuse de la fièvre, des frissons et de vives douleurs dans les membres inférieurs. Cette douleur augmente tellement qu’on ne pouvait toucher les jambes du malade sans aussitôt lui occasionner des souffrances atroces. Des saignées répétées et le tartre stibié à haute dose, restèrent sans résultat. Le malade gardant sa pleine connaissance meurt rapidement. |
A l’autopsie, le cerveau est sain ; les appareils respiratoire et circulatoire n’offrent rien de notable.
De la hauteur de la cinquième cervicale jusqu’à sa terminaison
la dure-mère offre à sa face extérievre une coloration cinabre, pâlie, par endroit, par un peu de pus.
Cette observation est très nette.
OgservaTion VIII
Cette relation du même Albers de Boun, cite le cas d’un homme de 32 ans, qui à la suite d’un excès de femme et de vin, fut saisi de fatigue dans les mernbres inférieurs et d’une douleur violente dans la fesse gauche. Plusieurs médecins célèbres sont consultés et les médications restent sans effet. Au bout d’un mois, la paralysie des membres inférieurs est établie et la douleur reste vive sur les trajets nerveux. On nota la rétention d’urine et la constipation et bientôt le malade mourut au milieu de vives souffran- CeSe
La seule lésion trouvée à l’autopsie est la présence de pus autour de la dure-mère lombaire.
OgBservaTion IX
Cette observation due à Constant fut publiée dans la Gazette médicale de Paris en 1835.
Geneviève Champignol, âgée de 10 ans, stature élevée, tissu cellulaire très développé, fut apportée à l'hôpital des Enfants- Trouvés le 11 novembre 1834.
Antécédents. — Tout ce que nous pûmes tirer des renseignements vagues qui nous furent soumis par les parents et le médecin de la malade-sur son état antérieur, c’est que cette jeune fille
fut prise quinze jours avant son entrée à l’hôpital, sans cause
connue, d’un frisson violent suivi de fièvre, de cépbalalgie, de
courbature, douleur vive dans les membres offrant des alternatives de diminution et d’exacerbation, fièvre, constipation opiniâ- e; depuis quatre Jours, exaspération des douleurs, rigidité des muscles de la nuque, renversement de la tête en errière,insomnie, criailleries continuelles. Cette jeune fille est très adonnée à la masturba.ion elle n’a cessé de s’y livrer pendant sa maladie. La vive sensibilité dont ses membres étaient le siège, avait fait diagnostiquer au médecin une affection rhumatismale. Il avait pratiqué une saignée du bras au début, puis administré un vomitif, deux purgatifs, et quelques bains tièdes, pour combattre la céphalalgie on avait appliqué six scngsues derrière les oreilles, le tout sans soulagement marqué.
Symptômes observés. — Examinée le 11 immédiatement après son arrivée elle nous offrit l’état suivant : décubitus sur le côté droit, face pâle, yeux brillants, animés, faisant une notable sor-
tie hors de l'orbite, pupilles médiocrement dilatées, troubles pas-
sagers de la vision, renversement de la tête en arrière, céphalal-
gie intense partant de l’occiput et s’irrediant vers les parties latérales du crâne ; la malade compare cette douleur à un bandeau qui serait fortement appliqué sur le pourtour de la tête. Une douleur également vive se fait sentir à la région cervicale, aux lombes, dans les aines, dans les articulations scapulc-huméreles ; la sensibilité de la peau est notablement exagérée, on ne peut toucher la malade en aucun noin! sans lui arracher des cris, elle ne peut se metire sur son sean, ni exécuter le moindre mouvement du tronc ; les muscles du corps sont fortement contractés, ceux de l'abdomen forment une espèce de plaque solide, flexion permanente du membre pelvien droit, renversement borné du membre inférieur gauche, les extrémités supérieures sont libres, la
langue est rouge et lisse, la soif vive, la déglutition gênée, la
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constipation est opiniâlre : la malade n’évacue depuis le début de la maladie qu'à l’aide de lavements. Le pouls est régulier, il donne 120 pul-ations ; la respiration est accélérée, inégale, anxieuse, 44 respirations par minute, l'intelligence est intacte, pendant la nuit insomnie, agitation, criailleries, exaspération des douleurs. Le 12, amélioration marquée, les douleurs sont moins vives, on peut déplacer la malade et la porter dans un bain tiède, où elle reste une heure, 100 pulsations, 36 respirations.
Le 13, aggravation des accidents. Immobilité complète du tronc et des membres , même exaltation de la sensibilité cutanée, même renversement de la tête en arrière, mêmes douleurs du cou, de la tête et des bronches et des aînes.
A midi, la tête se renverse davantage, le cou est énormément tuméfié, la déglutition est presque impossible, la salive est écumeuse, le tronc forme une espèce d’arc inflexible dont la convexité est en avant et la concavité en arrière, l’opistothonos est des plus prononcées, la face est altérée, les yeux saillants sortent de leur orbite, les membres inférieurs sont dans une demiflexion permanente: vive sensibilité de la peau, émission d’urine involontaire, respiration haletante; 72 respirations par minute, 150 pulsations petites et régulières, l'intelligence commence à se troubler.
Dans la soirée, les membres supérieurs, qui jusque-là étaient restés libres, deviennent le siège de quelques mouvements carphologiques; la malade succombe à 6 heures.
Le traitement employé pendant ces 3 jours a consisté en une application de 30 sangsues sur le trajet du rachis, en bains tièdes et en frictions avec le baume tranquille, le tartre stibié à haute dose, fut tenté le dernier jour.
Ouverture du cadavre 15 heures après la mort.
Habitude extérieure. — Cadavre bien conformé ; embonpoint conservé, rigidité cadavérique très prononcée, pas de gibbosité du rachis.
Crâne. — Dure-mère saine, injection notable de vaisseaux qui rampent à la périphérie du cerveau, l’arachnoïde qui tapisse les hémisphères conserve soit à la convexité, soit à la base, sa transparence et sa consistance normale; les glandes de Pacchioni sont très développées, la substance corticale est saine, la subrtance médu'laire est méd‘ocrement sablée et conserve sa consistance ordinaire ; une cuillerée de sérosité liquide dans les ventricules latéraux.
Sous l’arachnoïde qui tapisse la face supérieure du cervelet, existe une couche de matière blanchâtre, opaque, membraniforme, siégeant à la pariie moyenne et occupant un pouce carré d’étendue ; on retrouve la même altération à la face inférieure dans les points correspondants à la partie moyenne des fosses occipiiales.
Rachis. — Le canal vertébral ouvert dans toute son étendue ; on trouve du pus en différents points de sa cavité, une couche de même liquide recouvre la surface libre de la dure-mère dans les régions cervicales et lombaires où elle occupe un pouce carré d’étendue, les nerfs qui forment la queue de cheval sont baignés par un liquide purulent et séreux, exhalant l’odeur de macération anatomique, l’enveloppe de ces nerfs présente une teinte violacée,. on retrouve du pus dans la gaîne de plusieurs des nerfs rachidiens, la dure-mère offre une teinte violacée, entre les deux feuillets de l’arachnoïde rachidienre, il n’existe qu’une petite quantité de sérosité limpide, mais le feuillet de cette membrane qui tapisse la moelle est soulevé par une couche albumineuse et purulente
qui recouvre le conduit rachidien dans sa totalité et lui forme
nn
une espèce de gaine. Cette couche augmente d'épaisseur à mesure qu’on approche de la région Jombaire, les vaisseaux qui rampent à la périphérie de la moelle sont gorgés de sang, mais le pulpe nerveux conserve sa couleur et sa consistance normales.
Les organes contenus dans les cavités thoraciques et abdominales ne présentent rien de remarquable. On ne découvre pas un seul tubercule. ;
Remarques de Constant. — Quoiqu'il en soit, les symptômes caractéristiques de la méningite spinale ont été très tranchés. La vive douleur accusée par la malade dans les régions cervicales, lombaires du rachis, le renversement de la tête en arrière, la contraction des muscles de la partie postérieure du trone qui plus tard à donné lieu à un opistothonos très prononcé ont été bien en rapport avec les lésions graves dont les méninges spinales ontété le siège. L'ouverture cadavérique nous à révélé sur se sujet une altération particulière, et qui nous a rendu compte des vives douleurs éprouvées par la malade dans les hanches et dans les aînes, douleurs sur lesquelles elle avait plusieurs fois attiré notre attention. Nous voulons parler de cette exsudation purulente qui recouvrait quelques points de la surface libre de la dure-mère spinale, qui pénètrait dans la partie inférieure du canal rachidien et baignait les nerfs qui forment 11 queue de cheval. Cette altération est-elle le résultat de l’inflammation du tissu cellulaire contenu dans le canal vertébral ? La dure-mère a-t-elle participé à cette phlegmatie ? C’est ce que nous n’oserions affirmer. Les cas de suppuration de la dure-mère sont excessivement rares. Quelques pathologistes nient l'inflammation de cette mem-
Meslier 8
RS brañe. On trouve néanmoins dans le Traité des maladies de Tencephale, publié par Abercrombie, quelques faits d’inflammation de la dure-mère cérébrale terminée par suppuration.
OBsERvATION X
Observation communiquée par Simon à la Société pathologique de Londres, 1855, et rapportée par Jaccoud dans son livre sur les paraplégies et l'ataxie du mouvement (page 229).
Un homme, sur les antécédents duquel on ne peut obtenir aucun renseignement, avait été reçu à l'hôpital pour une paraplégie à laquelle il succomba au bout de quelques semaines. A l’autopsie, on a trouvé dans les espaces intercostaux, tout près de la colonne vertébrale, une série d’abcès contenant chacun de une à deux onces de pus, les troncs nerveux sortant par les trous intervertébraux étaient littéralement baignés dans le pus, il existait en outre d'innombrables (sic) abcès dans le psoas et les muscles sacro-spinaux. Lorsqu'on eut ouvert le canal vertébräl, on vit la dure-mère recouverte d’un liquide purulent ; la cavité de l’arachnoïde était également remplie de pus, qui avait fusé dans l’encéphale. La moelie n’était pas inflammée et le tissu sous
arachnoïdien était sain.
Remarques. — Simon s’est bien trouvé en présence d’une périméningite aiguë. Etait-elle secondaire à une arachnitis suppurée comime il en existe un cas dans le livre d’Abercrombie, ou bien était-elle la maladie primitive ? C’est une question qu'il nous paraît possible de résoudre d’après les résultats nécroscopiques. Il existait du pus tout le long de
Ja colonne vertébrale , les trous invertébraux étaient bai-
gnés de pus. Pour nous ce serait nettement une périmé- . ningite aiguë consécutive à des suppurations échelonnées sur toute l’étendue du rachis, périméningite qui fut com-
pliquée pendant son évolution d’arachnitis et par là se
transmit à l’encéphale. Ce serait donc la première observation inattaquable de la maladie qui nous occupe, il n’y a qu’à regretter l'absence presque totale de symptomatologie.
OBsERvATION XI
Traube rapporte une observation de péripachyméningite spinale, dans le Gasammelte Beitrage.. II, 6, p. 1039.
Homme de 23 ans, constructeur de machines, entré le 15 janvier 1863, mort le 26 mars, la maladie s’est déclarée subitement du 8 au 9 janvier dans la nuit, à la suite d’un refroidissement par un frisson, douleurs de tête et douleurs de reins très violentes. Le 9, le malade essaie encore de travailler ; le 10 même, peut encore sortir mais déjà la merche est très périble. Aux douleurs de rein se joignent bientôt des. douleurs du même genre dans Ja nuque et il éprouve de la gêne pour fléchir la tête en avant. Ce n’est que depuis quatre jours qu’il se plaint de douleurs dans les membres inférieurs. Constipation depuis trois iours, En examinant le malade dont la physionomie exprime la douleur, on constaie ce qui suit: le malade peut encore faire quelques pas mais il tient la tête raide, lorsqu'il veut se coucher il n'arrive que progressivement à la position horzontale la tête restant toujours raide. Rien du côté des vertèbres. Sensibilité des. deux côtés des apophyses épineuses; hypéralgésie dans les
membres inférieurs. ue un PTE SE corpuseules de Fe daps l’urine,
Temp. 38° 9; P- ME resp. 26.
La maladie ne se modifie qu'après plusieurs j jours, pendant lesquels on fait des applications de ventouses scarifiées et des frictions avec l’onguent mercuriel tandis que le calomel est prescrit
à LE intérieur.
Te 9 février, la fièvre a diminué, la température n'étant plus qu’à 38°2. Un moment les injections sous-cutanées d’acétate de morphine avaient diminué les douleurs, mais ensuite l’état va loujours s’aggravant et la sensibilité s’augmentant. D’après ces symptômes, le diagnostic de méningite spinale doit être formulé méningite à la partie inférieure de la moelle puisque les membres
supérieurs sont entièrement libres.
Au cours de la maladie il se forme un abcès à gauche des ver tèbres lombaires, lequel s’étend par en haut jusqu'à la dernière dorsale et à une longueur de 0 m. 17 et uue largeur de 0 m. 06 il est très douloureux et fluctuant ; on l’ouvre et il donne issue à ‘une quantité énorme de pus bouable.
- Le maläde $e remet petit à petit, cependant l'appétit ne revient pas et lé pronostic reste réservé, lorsque le 26, le sujet meurt subitement: \
Autopsie. — À gauche de la ligne médiane dans la région dorsale, trois petites ouvertures fistuleuses qui conduisent dans un foyer purulent siégeant dans les muscles des gouttières vertébrales : les muscles de la couche profonde situés au-dessous de la dernière ver.èbre dorsale notamment sont parcourus par des trajets purulents qui aboutissent à la saillie postérieure, des apopt yses' transverses, lesquelles sont en partie dénudées
Te
rugueuses, la sonde introduite dans cetrajet s’y enfonce à 0 m.05 en se dirigeant vers la ligne médiane. |
Après enlèvement de la moelle, on constate que plusieurs de ces trajets correspondent avec le ‘canal rachidien par l’intermédiaire des trous de conjugaison. Ils renferment un pus verdâtre. Au niveau de la peau, l’orifice de fistule est tapissé comme par une muqueuse.
La dure-mère est dans toute son étendue plus épaisse que normalement, mais cet épaississement est énorme au-dessous des deux dernières vertèbres dorsales, elle est en partie couverte par la pie-mère, en partie soudée avec elle. A la partie inférieure, là où la dure-mère est fortement épaissie, la pie-mère est aussi plus épaisse que d'habitude et à l’intérieur de son tissu qui est gonflé, se trouvent quelques foyers purulents punctiformes ou linéaires. | :
En outre, depuis la région dorsale jusqu’au trou occipital, la pie-mère est dans beaucoup d’endroits infiltrée de sang danstout son pourtour, Une congestion de la pie-mère auelogue mais beaucoup plus forte, existe dans la région de !4 moelle allongée et de la … o.ubérance jusqu’au chiasma. Le cerveau et la moelle ne prése taient rien d’anormal à l'œil nu. Dans la partie supérieure d- “eux spoas, on trouve quelques foyers purulents en relation . vec les nerfs qui traversent le musclé et non avec les
vertèbres.
Remarques. — C’est un cas non douteux de périméningite aiguë, il y a bien un peu d’arachnitis, mais il est consécutif à la première affection.
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