TRAITEMENT
Quel doit être le traitement de cette grave complication des tumeurs malignes des organes abdominaux ?
Inutile de répéter les lieux communs et de déplorer l'insuffisance de nos moyens actuels de traitement des cancers. Notre chapitre du traitement sera nécessairement très bref. Nous ne nous occuperons pas des cancers des organes abdominaux mêmes, cela étant en dehors du cadre de notre thèse. Quand les tumeurs malignes se compliquent de la péritonite cancéreuse, les troubles locaux et généraux sont déjà si avancés que l’on est réduit presque toujours à se contenter d’un traitement symptomatique, en combattant les souffrances, les vomissements, la diarrhée, en cherchant à exciter l'appétit, à tonifier le malade. Les tumeurs ovariques constituent seules une exception.
La seule chose qui nous intéresse en particulier, c’est l’ascite. Jusque dans ces derniers temps les traitements conseillés contre l’ascite qui prend des proportions gênantes ont été la thérapeutique médicale, sous la forme de diurétique, de purgatif, etc., et la parcentèse en cas d'échec, quand l'intervention devenait d’une urgence absolue.
Nous n’insisterons pas sur leurs résultats par trop connus et nous occuperons seulement de l'utilité de l'intervention
22018 € chirurgicale au moins dans certains cas de péritonite néoplatique. |
Les heureux effets de la laparotomie sont déjà connus pour le cas particulier des ovaires. De nombreux gynécologistes ont apporté des observations de kystes prolifères papillaires, ovariques, compliqués de métastase péritonéale et guéris après l’ablation de la tumeur-mère. Sous linfluence de là laparotomie toutes les néoformations secondaires se flétrissént et disparaissent de la surface péritonéale comme disparaissent les grefles expérimentales, grâce à la réaction et à l’absorption péritonéale. Spincer Welly, Gaillard, Thomas, Rage, Cohn, Martin, Pozziopèrenttoujours les tumeurs
malignes ovariques, songeant que l'intervention chirurgicale
peut toujours procurer au malade au moins un soulagement momentané et même une guérison temporaire. Duvellins et Pozzi conseillent de faire toujours au moins une incision
exploratrice qui n’a pas le fâcheux pronostic que lui
attribue Olshausen.
La laparotomie pourrait être utile dans la péritonite cancéreuse des autres organes quand il y à une indication d’in-
tervention. Pratiquée dans toutes les règles de la chirurgie
moderne, elle ne présente aucun danger. Nous apportons un exemple de laparotomie simple dans le cas d’un cancer du grand épiploon. L’opérée a eu après l'intervention chirurgicale une santé satisfaisante pendant quelques mois.
Areclascki (Morgagni), après avoir étudié dans un grand nombre de cas les résultats fournis dans le traitement de
l’ascite par la laparotomie ou par des ponctions simples,
conclut en faveur de la première qui, sans présenter un danger beaucoup plus grand que la ponction évacuatrice,
MNT, AS
peut être curative quelquefois et qui, en même temps, constitue un moyen d’exploration complète de la cavité abdominale.
Si la laparotomie ne peut pas être curative dans la péritonite cancéreuse, elle peut au moins fournir de nombreux avantages qu’il ne faudrait pas mépriser. Une fois le liquide ascitique évacué, les troubles fonctionnels mécaniques cessent; la respiration devient plus facile et l’hématose plus complète ; la douleur diminue ou disparaît, l'appétit reprend, la digestion devient plus facile et l’opéré peut engraisser. Après la laparotomie l’épanchement ascitique ne se reproduit pas rapidement et reste bien modéré; enfin la marche fatale de la maladie paraît se ralentir pour quelque temps. Ainsi, grâce à la laparotomie, non seulement on soulage les malades en leur rendant la vie plus supportable, mais on peut aussi la prolonger plus ou moins, en ralentissant la marche de la maladie et en facilitant le fonctionnement de divers organes qui étaient gènés mécaniquement. La réaction de la séreuse péritonéale, la diminution de la tension intra-abdominale, l’action réflexe du traumatisme opératoire et l'influence psychique peuvent expliquer les effets favorables qu’on pourrait obtenir par l'ouverture de la cavité péritonéale.
NN