‹ Contribution à l'Étude de la Péritonite CancéreuseChapitre 36 sur 38 · EN ET VER · texte numérisé non relu

EN ET VER

Observation LXIX. — PERSONNELLE (inédite). Kyste glandulaire des ovaires. Péritonite cancéreuse.

X..., âgée d'une quarantaine d'années, se fait opérer en ville pour une tumeur qu’elle portait depuis longtemps.

Le. 2 décembre 1893. Laparotomie, — Léger épanchement ascitique. Le grand épiploon est adhérent à la tumeur droite qui est la plus grosse. La poche principale de celle-ci a une coloration grise et une surface aréolaire, les aréoles sont grandes comme des pièces de 50 centimes et toutes séparées les unes des autres par de petits reliefs d’un demi-millimètre d’épaisseur. L'ensemble présente beaucoup de ressemblance avec la muqueuse du bonnet des ruminants. Les deux tumeurs ovariennes ont des adhérences serrées avec les parois et les organes pelviens. Le décollement de la grande poche détermine sa déchirure et l’irruption dans le ventre d’un liquide jaune crémeux puriforme. Le contenu des autres poches est brun rougeûâtre. Le feuillet antérieur du péritoine pariétal présente une couleur rouge lie de vin et un peu au-dessous de l’ombilic une plaque nacrée où laséreuse est épaissie et endurcie; autour d'elle l'injection vasculaire est beaucoup plus intense. Sur le reste du péritoine on ne remarque rien d'important à signaler.

Le second jour après l'opération on constate dans la soirée une température de 41°; le lendemain matin elle s’abaisse à 380 et l'opérée meurt dans la soirée avec des phénomènes de péritonite. ie -

Examen ds pièces. — La grande poche du kyste droit a les parois. très épaisses ; vers son pédicule existe une masse de fongosité. L'examen microscopique de cette portion de la tumeur montre une structuré papillaire; les végétations en choux-fleurs sont très serrées et tapissées d’une rangée régulière de cellules épithéliales cylindriques.

Observation EXX. — PERSONNELLE (inédite). Cancer des ovaires, péritonite cancéreuse.

F. G., âgée de 35 ans, entre à la salle Sainte-Adelaïde, le 1 mai 18%.

Antécédents. — Nuls.

Début. — Elle a accouché il y a 11 mois d’un enfant né à

terme, qu'elle à allaité; 15 jours après l'accouchement elle a commencé à souffrir de coliques abdominales. Puis ‘elle a constaté le développement d’une induration au niveau de l’ombilic- Le néoplasme a fini par ulcérer la peau de cette région. C'est alors que la malade est entrée à l’hôpital pour y faire extirper sa tumeur ombilicale. |

Pendant cette intervention chirurgicale on a constaté la présence de noyaux métastatiques sur la séreuse viscérale et le péritoine pariétal. La malade est sortie de Fhôpital, guérie de sa plaie opératoire, mais ellé a continué à dépérir, son à appétit a diminué de plus en plus, elle a maigri et pâli.

Examen clinique. —- Elle revient à l'hôpital toujours pour les mêmes coliques abdominales et pour la tumeur ombilicale qui a récidivé. Son ventre est un peu gonflé. À la région ombilicale on voit la cicatrice opératoire violacée et términée par une tumeur mollasse et grosse comme une noix. Dans les deux régions inguinales les ganglions hyÿpertrophiés constituent deux tumeurs allongées et parallèles aux plis inguinaux. On constate sous les ligaments de la paroi abdominale quelques petites nodositées de la grosseur d’une lentille ou d'un pois ; au niveau d’une d'elles la peau est rose et adhérente. À gauche et en bas existe un cordon dur long de 3 à 4 centimètres se terminant aux ganglions engorgés de laine. Profondément on constate des nodosités dans l’hypogastre : à la hauteur de l’ombilic et à droite on palpe le bord inférieur d'une induration profonde. À l’épigastre on sent une surface noueuse. La palpation n’est pas douloureuse. Il n’y a pas d’épanchement ascitique. La percussion donne de la submatité au niveau de l’espace de Traube et au-dessus du bord inférieur du foie, Pas d’engorgément ganglionnaire aux aisselles ni au cou. Rien d'anormal au cœur ctaux poumons. Emaciation considérable, pâleur anémique. Pas de dépression. La défécation et la miction s s’accomplissent normalement.

Pendant tout le temps que la malade a passé à l'hôpital, elle n'a pas discontinué de se plaindre du ventre. L’amaigrissement s’est accentué progressivement. Dans la dernière quinzaine, elle a eu un peu d'œdème malléolaire, elle était déprimée et elle refusait les aliments solides. La température est restée toujours normale. Elle est morte le 18 juin.

Autopsie. — Le péritoine contient près de 300 grammes de liquide rougeâtre dans lequel nage un. caillot rosé.

Dans la cavité pelvienne les lésions sont très accentuées. Elle est remplie par les organes génitaux. Les deux ovaires sont dégénérés, durs comme des pommes, bosselés, uniformes à la surface; lovaire gauche seul présente un petit kyste gros comme un grain de raisin; à la coupe ces deux tumeurs ont une surface dure et uniformément grisâtre, parsemée de noyaux jaunes sur certains endroits. Le tissu utérin est dur scléreux ; les trompes sont un peu hypertrophiées, surtout. vers leur extrémité libre, où les franges sont ratatinées; elles sont parsemées de noyaux cancéreux jaunâtres très durs au toucher, simulant tout-à-fait une éruption tuberculeuse. Tout le péritoine pelvien est fortement endommagé par le cancer.

À gauche et en arrière une grande plaque cancéreuse fixe VS'iliaque contre le pourtour du petit bassin et arrive jusqu'à la tumeur ovarique par de larges traînées Ilymphatiques. On constate aussi de très nombreuses plaques et cordons dans les autres euls-de-sac. La séreuse de la paroi antérieure de la vessie est congestionnée et comme exulcérée. La paroi vésicale postérieure contient des noyaux cancéreux gros comme des lentilles, qui ont détruit toutes les tuniques de cet organe, , excepté la muqueuse. Le col utérin est dur; scléreux et crie sous le scalpel; il est infiltré dans toute son épaisseur de très nombreuses granulations cancéreuses jaunâtres de grosseur variant du volume d’une tête d’épingle à celui d'un pois. La muqueuse de la cavité utérine est saine. Ces mêmes granulations jaunâtres existent à la partie supérieure du vagin dans la muqueuse et dans la couche musculaire. Le rectum porte de très nombreuses plaques cancéreuses variant de la . dimension d'une pièce de 5o centimes à celle d’un franc. Les mêmes plaques sont multiples sous l’S iliaque et sur le cœcum, ‘moins nombreuses sur les côlons ascendant et descendant.

Presque tous les appendices épiploïques sont dégénérés et durs. Sur la moitié droite du eôlon transverse les lésions sont très intenses ; les plaques y sont confluentes, noueuses et la paroi intestinale est complètement dégénérée. Le grand épiploon se rétractant à ce niveau forme de nombreux plis ; il est maigre et porte de nombreux noyaux cancéreux aplatis et appendus à sa trame vasculoconnective ; il est adhérent à la paroi abdominale au niveau de lombilie ; à ce niveau, les noyaux néoplasiques sont plus nombreux.

Les intestins grêles ne présentent pas de noyaux secondaires ; le mésentère seul en porte quelques petites ; les ganglions mésentériques sont à peine hypertrophiés. La petite courbure de l'estomac présente quelques noyaux aplatis de diverses dimensions; quelquesuns ont envahi la tunique musculaire. On trouve aussi quelques noyaux néoplasiques au niveau du hile de la rate qui l'adhèrent intimement à l'estomac et au pancréas; le parenchyme splénique est sain. Le foie esttrès volumineux et bosselé, il occupe tout l’épigastre.

La capsule de Glisson ne porte pas de granulations cancéreuses, mais le tissu hépatique contient une quinzaine de noyaux cancéreux variant du volume d’uné grenade à celui d’une pêche; le parenchyme hépatique est atrophié-et d’une couleur de chocolat foncé ; il se détache facilement des noyaux cancéreux dont les gros sont bosselés et uniformes, tandis que les petits sont plus ou moins arrondis ; les noyaux superficiels qui touchent la capsule de Glisson sont ombiliqués. La vésicule et les conduits biliaires sont sains; le foie n’est pas adhérent aux organes voisins; son ligament suspenseur est sain. Sur la face inférieure du diaphragme existent, surtout à droite, quelques plaques cancéreuses, dont quelques-unes ont envahi toute l'épaisseur de cet organe. La plèvre diaphragmatique est indemme ; les deux plèvres contiennent très peu de liquide rougeâtre. Le péritoine pariétal est plaqué irrégulièrement de néoformations cancéreuses.

Sous son feuillet antérieur on constate très nettement à la vue et au toucher des cordons blanchis de lymphangite cancéreuse, suivant la direction des artères ombilicales et se terminant au niveau de la tumeur ombilicale où le grand épiploon devient adhérent à la paroi abdominale. Des noyaux cancéreux existent dans l’épaisseur de cette même paroi; la partie inférieure du grand droit en est farcie : le tissu musculaire est un peu décoloré ; les granulations ont les dimensions du volume d’une tête d’épingle à celui d’un pois. Dans le muscle droit gauche les granulations sont moins nombreuses, On constate aussi quelques granulations sur la paroi thoracique. Les ganglions lymphatiques les plus engorgés sont les ganglions inguinaux iliaques, surtout à gauche, et tous les ganglions lombaires qui forment un étui rigide autour de Faorte abdominal et font une saillie considérable devant la colonne vertébrale. Les ganglions médiastins sont à peine engorgés. Les reins sont congestionnés, mais sans noyaux métastatiques,

Le cœur est petit, le poumon gauche présente un noyau sous-séreux, Examen histologique. — L'examen des pièces enlevées sur l'ovaire, l'utérus, l'intestin, le muscle droit, le péritoine et la tumeur ombilicale, montre partout la structure d’un cancer alvéolaire. Les ‘cloisons conjonctives sont minces et les cellules qui remplissent les alvéoles sont irrégulières.

Réflexion. — La vie puerpérale paraît avoir joué un très grand

rôle pour provoquer la généralisation du cancer non seulement

dans la séreuse péritonéale, mais aussi dans tous les organes génitaux et dans la paroi abdominale antérieure. Le travail d’involution qui suit l'accouchement pourrait seul expliquer la force avec laquelle le néoplasme à fait son extension, surtout dans un territoire qui était un lieu de moindre résistance.

Observation LXXI. PERSONNELLE (inédite). — Æyste papilluire des deux ovaires. Péritonite cancéreuse.

A. Th..., âgée de 43 ans, est entrée à la salle Ste-Eugénie le xr juillet 1894.

Antécédents. — Nuls.

Début. — I1y a deux ans elle a commencé à souffrir de son ventre. En novembre dernier, elle a constaté qu’elle grossissait en même temps qu'elle sentait quelque chose se balancer dans son hypogastre. Depuis deux mois, le ventre a augmenté soudainement de volume, en même temps que les douleurs localisées à l'hypogastre, à la région lombaire et à l'épigastre, sont devenues plus intenses. Les mouvements de flexion du tronc exaspéraient ses souffrances. La malade a maigri graduellement, sa force musculaire a aussi diminué. Depuis 6 mois, elle a eu maintes fois la diarrhée. Jamais de vomissements ni de nausées. Anorexie complète. Pas de dysurie, pas de toux, pas de battements cardiaques.

Le 18 Juillet. Laparotomie. — Le péritoine contient près de 10 litres de liquide ascitique citrin. Le péritoine pariétal antérieur est considérablement hypertrophié, surtout au-dessous de l'ombilic. Dans cette région il est couvert d'un nombre considérable de minces villosités rouges. La portion sus-ombilicale du péritoine paraît relativement peu endommagée; on n'y constate qu’un peu d'infection vasculaire sans néoformations apparentes. La cavité

pelvienne est remplie par deux kystes ovariques papillaires, le droit étant plus volumineux que le gauche. Sur quelques points les végétations ont perforé la paroi kystique. Tous les deux kystes sont adhérents aux parois pelviennes et à l'utérus, Leur énucéation a été complète quoique laborieuse.

Le 15 Août, La malade sort guérie sans aucun accident postopératoire ; mais son appétit n’est pas encore satisfaisant, ses forces ne sont pas encore bien revenues et son état général inspire quelque chose d’inquiétant pour les suites éloignées.

Examen microscopique. —Les cellules épithéliales forment des tubes tortueux épais à leur base et eflilés vers l’autre extrémité. Sur d’autres points le stroma conjonctif forme des cavités closes dont les paroïs sont tapissées par deux rangées de cellules cylindriques, ou qui sont remplies de cellules polygonales avec un tel encombrement, qu'il est difficile d'y constater une configuration tubulaire. Les puits dé tissu conjonctif qui entourent les cylindres formés par les cellules épithéliales sont beaucoup trop larges pour ceux-ci et il reste un espace vide entre les deux.

L'examen d’un morceau du péritoine pariétal antérieur qui sur le vivant était rouge et paraissait tomenteux, fait voir de très nombreux groupes de cellules épithéliales qui se trouvent dans des loges de tissu conjonctif beaucoup trop grande pour leur volume. Ces groupes cellulaires sont situés dans la couche la plus superficielle du péritoine et paraissent présenter les tubes épithéliales coupés plus ou moins transversalement, Le tissu ambiant est encombré d’une grande quantité de cellules embryonnaires. Les lésions péritonéales sont ainsi tout à fait à leur début.

Observation LXXII. — PERSONNELLE (inédite). Kyste proligère glandulaire de l’ovaire droit. Péritonite cancéreuse.'

M.L.., âgée de 4 ans, entre. dans la salle Sté-Eugénie le 16 janvier 1894.

Antécédents : Nuls.

. Début. — Il ya à peu près 5 mois qu’elle a commencé à souffrir du ventre, ce qu’elle a attribué à la fatigue. Dès cette époque elle a commencé à maigrir et à se sentir de plus en plus faible. En réalité ce n’est que depuis deux mois que son ventre augmente de volume. Depuis deux mois l’amaigrissement a marché plus rapidement, l'appétit a diminué; la digestion, devenue difficile,

— Ai —

est accompagnée d’oppression, de céphalalgie et de vertiges ; Elle est constipée. Insomnie depuis quelques jours. Pollakyurie.

Examen clinique. — La malade a un teint terreux; elle est

très faible et très émaciée; le moindre effort amène de la suffocation. La peau du ventre présente une quantité considérable de vergétures. Les veines sous-cutanées abdominales forment des saillies appréciables dans leur trajet hypogastrique. Dans les triangles de Scarpa on trouve des paquets de veines variqueuses, indurés, tortueux, occupant surtout la face interne de la cuisse. La saphène interne gauche est dure, athéromateuse; la saphène externe variqueuse à son extrémité finalé. Toutes ces veines datent de grossesses antérieures.

La pércussion donne sur la ligne médiane de l'abdomen une matité hydrique remontant de l’arcade pubienne jusqu’à lombilic. Sur la ligne mammaire droite cette matité se continue à celle du foie, sans interposition de zone sonore, Sur la ligne mammaire gauche on trouve une sonorité hydro-aérique jusqu’à la hauteur de l’ombilic ; au-dessus, la sonorité intestinale commence. (Un moment auparavant cette sonorité hydro-aérique se trouvait dans la fosse iliaque, tandis que sur la ligne mammaire il ÿ avait une matité absolue). Dans la fossseiliaque gauche, la percussion donne de la matité, tandis que du côté droit on trouveune sonorité voilée. Dans les deux flancs il y a de la submatité. (A notre premièr examen, le jour d’entrée de la malade, nous avions constaté

uñe matité uniforme dans toute la zone sous-ombiliale du ventre). Le changement de décubitus n’amène d'autre modification dans le relevé de la percussion, que le soulèvement du niveau ‘le la matité au-dessus de l’ombilie, dans la station debout.

La sensation de flot est nulle. On constate vers la fosse iliaque droite et à l’hypogastre, la présence d’une tumeur dure, bosselée, irrégulière, non douloureuse à la pression. La tumeur de la fosse iliaque paraît pédiculée; elle est mobile et ballotante. La portion hypogastrique, plus volumineuse, èst immobile.

Le vagin est court, l'utérus abaïssé, les culs-de-sac effacés. L'utérus n’est guère mobile ; 1l laisse bOÈE de la mucosité purulente; la longueur de la cavité est normale, Le périnée est déchiré par les accouchements antérieurs, et le rectum fait hernie à l’orifice vulvaire. Par le toucher rectal on constate dans le cul-de-sac de Douglas des nodosités irrégulières, dures et immo-

biles.

Il y a de l’'épanchement dans les deux plèvres (matité hydrique, abolition des vibrations thoraciques, absence du murmure respiratoire, égophonie, pectoriloquie aphone, soufile doux), L'épanchement monte à droite jusque vers le milieu de la fosse sous-épineuse et, à gauche, jusqu'à la pointe de l’omoplate. Sonorité skodique et diminution de l’espace de Traube.

Rien d'anormal au cœur.

Le 22 janvier. Laparatomie. — Le péritoine contient près de 10 litres d’un épanchement séreux jaune-verdâtre.

La tumeur est constituée par un kyste multiloculaire de l'ovaire droit, dont une portion munie d’un pédicule court est logée dans la fosse iliaque droite ; la masse principale occupe l'hypogastre elle présente quelques adhérences lâches. Son extirpation se fait facilement. |

L'ovaire gauche est aussi kystique ; il est logé dans le cul-desac de Douglas et fixé par quelques adhérences. Les dimensions égalent celles d’une grosse pomme,

Le péritoine pariétal est un peu épaissi couvert d’arborisations vasculaires et de plaques ecchymotiques : il a une couleur bleu violacé avec des marbrures de blanc sale. On constate en outre sur le péritoine pariétal une grande quantité de taches blanchâtres

grandes comme des lentilles: Les mêmes néoformations existent .

sur l'intestin, le mésentère, le foie, l'estomac et même sur la

surface de la tumeur. Le grand épiploon est rétracté, épaissi,

noueux et d’une couleur où des plaques jaune-roses alternant avec des liserés violacés. FR

Le 15 février. Les suites opératoires ont été des plus simples. La malade sort guérie avec un état général satisfaisant. Les épanchements pleuraux ont diminué. Il n'y a pas de reproduction d'ascite.

Examen des pièces. — La tumeur constituée par l'ovaire droit est très irrégulière dans sa structure, ici on trouve des poches kystiques plus où mois volumineuses contenant du liquide citrin; là une multitude de cloisons complètes ou incomplètes donne un aspect oréolaire à la tumeur; sur d’autres points on trouve, un tissu compact et d’une couleur rose-pâle. La tumeur pèse plus de trois kilogrammes. L'ovaire gauche présente la même variation de structure.

Le liquide ascitique contient de rares globules blancs et

des globules rouges pas très nombreux. Nous n'avons point trouvé de cellules épithéliales.

L'examen microscopique des pièces prises sur la tumeur prin. cipale montre partout un stroma conjonctif creusé de grandes loges. Quelques-unes de celles-ci sont remplies de cellules polygonales rangées sans aucun ordre ; dans d’autres, on voit de minces travées conjonctives accompagner les cylindres épithéliaux. Le tissu conjonctif est très riche en noyaux allongés ou presque arrondis, surtout dans le voisinage des loges épithéliales.

Le 3 septembre 1894. La malade rentre encore à l'hopital. Après sa sortie, l'appétit a été bon et même exagéré. La dyspnée a disparue ; elle n’a souffert de nulle part. Les forces sont revenues. Au bout de trois mois, elle se met à travailler et ses troubles dyspeptiques recommencent peu de temps après.

Examen clinique. — Elle est pâle, maigre, avec des lèvres un peu violacées, quoiqu’elle ne soit pas suffoquée. Son pouls est régulier; elle ne tousse pas et elle ne souffre de nulle part. Son urine est normale. Sa digestion est très pénible et accompagnée de pesanteur, de gonflement du ventre, des nausées, des vertiges et quelquefois de vomissements verdâtres. Elle n’a pas de fièvre.

Les ganglions axillaires sont durs, d’un volume normal à gauche et un peu hypertrophiés à droite. Épanchement pleural double (à gauche le niveau du liquide monte jusqu'à la pointe dé l’omoplate et à droite deux doigts plus haut que ce point). Les ganglions inguinanx sont durs, mais petits. Dans l’anneau inguinal gauche, il s’est formé un noyau dur indolent et gros comme une noix. La matité hépatique est prolongé jusqu’à trois doigts au dessous de l’ambilic. Dans l'hypogastre la paroi abdominale est souple et sonore à droite, rénitante et submate à gauche. Le changement du déeubitus n’amène pas de modification. L’estomac est dilaté. Au niveau de l’ombilic on palpe une bande dure tendue tranversalement. D'après le malade elle correspond au bord supérieur de la ceinture hypogastrique qu'elle porte * depuis la laparatomie. Au-dessous et au-dessus de cette bande on constate profondément de nombreux noyaux durs, gros comme des pois ou des noix. A l’hypogastre on trouve quelques petits noyaux qui paraissent sous-cutanés. Les extrémités supérieure “et inférieure de l'incision de la laparatomie envahies par le cancer sont dures et tuméfiées. Le tissu utérin a une consistance ligneuse au-dessus du museau de Tanche. Le cul-de-sac

vésico- térin est infiltré et d’une dureté lisneuse. Le culkde-sac de Douglas contient un gros noyau dur ét immobile.

Péritonite cancéreusé d'origine génitale musculaire

Observation LXNIR CasruRt Miselie. méd. 1803, p: Gu4). ;

L.; âgé de 14ans, entréle 20 juin dans le service du: professeur

Laget. Antécédents. — Nuls.

Début. : Les premiers symptômes qui remontent au mois de

février ont été des troubles digestifs: perte d'appétit, dégoût, sensation de pesanteur. à L épigastre, vomissements. Peu à peu le ventre

augmente de volume — on. y sent déjà de petites tumeurs — les. jambes s'adématient, survient un amaigrissement considérable. Æxamen clinique. — Gachexie très avancée. Facies simiesque,

amaigrissement piodbnds pas de température, L’ abdomen, énorme, de 1 m.15 de pourtour, a refoulé les organes thoraciques et la dyspnée est extrème, Les veines cutanées abdominales sont considérablement dilatées. Les lombes et l’ombilie sont saillants en: dehors. À la palpation on sent surtout après l’é vacuation de l’ascite de très gros noyaux durs, disséminés partout, mais surtout du côté droit. Tout l'abdomen est mat sauf la région stomacale. Œdèriie des jambes et du scrotum. Constipation habituelle; dans les dérniers jours cependant, vomissements et diarrhée. Les urines ne contiennent ni albumine ni sucre. Décès le 15 juillet.

Autopsie. — Un litre environ de liquide séreux louche s ‘échappe de la cavité ‘abdominale. Tout l’abdomen est envahi par des masses énormes, d' aspect sarcomateux, plus grosses et plus nombreuses à droite. Le péritoine en est couvert. Elles varient depuis la grosseur d'un pois jusqu'à celle de la tête d’un fœtus à terme. On n’aperçoit que la vessie chassée du petit bassin et refoulé au-dessus du pubis, une pärlie du côlon transverse et la partie inférieure du foie sous l’appendice xyphoïde. L'ombilie est coïffé d'un gros noyau. Au niveau des deux ponctions la dégénérescence sarcomateuse commence à se montrer, Le foie renferme cinq noyaux secondaires. La vessie porte est Comprimée par la tumeur, La rate est entourée de noyaux quin'intéressent pas sa substance.

Le rein gauche est sain ;.le.droit a sa substance corticale dégénérée. L’estomac entouré de granulations est sain, L'intestin

AA

grèle et le gros intestin sont indemnes. La vessie est chassée du bassin par un gros bloc sarcomateux qui l’occupe tout entier. C’est là que semble avoir été le point de départ de la généralisation. Cette partie de la tumeur est. certainement plus ancienne; car, à la coupe elle laisse couler un léger suc que nous n'avons pas trouvé dans les autres noyaux. Dans ce cas, il ne serait pas impossible que les vésicules séminales dont nous n'avons pu trouver nulle trace aient été les premières atteintes.

Examen micr. (par M. le prof. Nepveu): Sarcome alvéolaire.

Observation LXXIV. RozziN (Soc. anat. 1887 p. 169).

G..., âgé de 69 ans; pollakyurie diflicile, urines ammoniacales, incontinence nocturne, miction par regorgement. Tumeur prostatique bosselée; violentes douleurs irradiées. Mort par bronchopneumonie.

Autopsie. — Le tissu cellulaire sous-péritonéal est dévenu dur, jaunâtre, criant sous le scalpel. L'aorte, la veine cave et la partie supérieure des uretères sont perdus dans une gangue néoplasique. La dissection est impossible, Le mésentère est épaissi présentant des noyaux gris durs ; des ganglions malades sont retrouvés jusqu’au niveau du pancréas.

Observation LXXV. — GimAuDEAU (r) (inédite)

Homme porteur d’une tumeur du testicule gauche de la grosseur du poing et présentarit en outre un développement considérable de l’abdomen; par la palpation on y constatait à côté de points fluctuants des masses dures, peu mobiles ayant, les unes les dimensions d’une noix, les autres celle d’une mandarine. Ce malade pâle, amaigri mourut, cachectique au bout de peu de mois. La maladie avait duré en tout 11 mois.

Autopsie. — Le testicule contenait une masse d'aspect encéphaloïde que l'examen histologique démontra être du sacrome.

Dans l'abdomen il existait des loges remplies d’un liquide gélatineux tremblottant et limités par des fausses-membranes épaisses, d'espect charnu. Les replis normaux du péritoine, mésentère, épiploon étaient également bosselés, adhérents aux parties voisines et farcis de masses charnues, friables, rosées. Le long de

(4). Nous. remercions vivement: M:, le -D: Giraudeau, médecin: des hôpitaux de Paris, d’avoir bien voulu nous fournir cette observation intéressante.

Aslanian, — 10,

la colonne vertébrale dans la région correspondant au point occupé par les ganglions lombaires à l’état normal, se trouvait une masse d’un volume d’une tête de fœtus développée vraisemblablement: à leur dépens.Il y avait:sur l’une des sigmoïdes dortiqués une petite masse friable de la grosseur d’un grain de chènevis.

Péritonite cancéreuse d'origine épiploïque.

Observation LXXVI. — Ta. Oucer. (Soc. anat, 1886). Cancer primitif du grand épiploon.

Fénime ‘de 25° ans. UE Reviens d'une tumeur ‘ét de l’ascite après un accouchemerit: LR

.Autopsie. —, Tumeur de l'épiploon.; des petites tumeurs lardacées jaunâtres, couvraient la face péritonéale de tous les viscères.

abdominaux qui se trouvaient sains.

Observation LXXVIL — Goux (Th. de Marquis. P. Ha) Cancer ancéphaloïde du. péritoine.

anis de 53 ans. Début par des douleurs vagues dans vie dons Tumeur, ascité, exagération de la circulation parié-

tale. Marche rapide,

Autopsié — Ascite non hémorrhagique. La Data courbure de l'estomac:est englobée dans une masse de tissu encéphaloïde développé entre les denx feuilléts du grand épiploon (?) D'autres : tumeurs beaucoup. plus petites arrondies, appendues au bord libre de l'intestin grèle. Pa | se

Observation LXXVIIL — MizzañD (Th. de Lorreyte Pr 1876 nt Femme agée de 39 ans. Début par des douleurs abdominales suivies de gonflement du ventre. Ascite et nodosités abdominales. Mort par cachexie rapide.

> Autopsie. —"Ascite hémorrhagique abondante ; 5 ‘bloc ini neux bosselés rouge carminé occupant tout le grand épiploon, Petits : ODA cancéreux sur le péritoine pariele et le FER ed Obsutralion LXXINE Rodin ScnuLrz (Arch. ee Heillkunde 1876 t, XVII). Das endothélcarcinum.

.Femme-agée de de 39 ans, Début par des douleurs térébrantes

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