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Estomac. — De tous les organes de l’économie c’est l'estomac qui est le plus souvent atteint de dégénérescence maligne et en même temps ce sont les néoplasmes de cet organe qui déterminent le plus souvent l’infection péritonéale : la péritonite cancéreuse. Lebert (1), analysant une statistique de 57 cas de cancer stomacal, a rencontré » fois de l’épanchement séreux citrin, et ce n’est que dans 2 cas qu'il a trouvé de nombreuses petites tumeurs cancéreuses sur un grand nombre de points du péritoine. | Sur: lés.irente observations que Marc Mathieu (2) publie dans sa thèse sur le cancer précoce de l’estomac, nous avons relevé 9 cas de génération péritonéale. On voit très nettement la grande différence qui existe, au point de vue de l'infection péritonéale, entre les cancers précoces et les cancers des adultes. Dans le premier cas la péritonite néoplasique complique son évolution dans les proportions de 30 °/,, tandis que dans le second cas la proportion n’est que de 3.5 °/; par conséquent le cancer précoce se complique 8.5 fois plus souvent de métastase péritonéale.
Dans cette statistique nous avons exclu les cas de cancer stomacal ayant déterminé la dégénérescence de la séreuse péritonéale dans le voisinage des néoplasmes seulement (péritonite cancéreuse circonscrite). Ces cas sont très fréquents. Lebert sur ses 57 cas analysés à constaté 32 fois la formation de tumeurs cancéreuses dans d’autres parties. Ce sont les tissus qui entourent
(1) Lebert. Traité pratique des maladies cancéreuses. Paris, 1851, p. 482. (2) Marc Mathieu. — Th. Lyon, 1884.
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l'estomac qui ont été le plus souvent trouvés atteints de cancer; l’épiploon est l’un des principaux. D’après une statistique de Brinton (1) sur 271 cas de cancer de l’estomac ces tissus ont été envahis 25 fois et demi sur 100, c'est-à-dire plus d'un quart.
Si l’on compare les néoplasmes de diverses parties de l’estomac, on voit que ce sont ceux du pylore et de la petite courbure qui se compliquent le plus souvent de la généralisation péritonéale. Sur 16 de nos observations de cancer stomacal où l’on a mentionné le siège du néoplasme, nous avons relevé 8 cas de cancer du pylose, 6 cas de cancer de la petite courbure, 1 cas . de la grande courbure et 3 cas de carcinose infiltrant toutes les parois de l’estomac. Le cancer de la petite courbure étant moins fréquent que celui du pylore, comme le montrent les statistiques d’Orth (2) (60 °/ au pylore, 20 °/, à la petite courbure, 10 °/, à la grande courbure), on peut conclure que les néoplasmes de la petite courbure sont plus graves parce qu'ils se COMpliquent de péritonite cancéreuse deux fois plus souvent.
Intestin. — Les intestins entrent pour une part moins importante dans l'étiologie de la péritonite cancéreuse. D'abord les tumeurs épithéliales de l’intestin sont bien moins fréquentes que celles de l’estomac : la proportion est de 1/42 (3). En second lieu
(1) Brinton. — Traité des maladies de l'estomac. (2) Orth. — Lehrf. der pathol. anat.
(3) Houssman. — Etude sur l’étiologie et l'anatomie pathologique du:
cancer de l'intestin. Th. P. 1882,
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les premières sont beaucoup plus fréquemment localisées vers la partie terminale du tube digestif, où ses rapports avec la séreuse péritonéale deviennent moins intimes. Pour un cancer de l'intestin grêle on en compte 9 à 10 du gros intestin. Il est difficile de donner des chifires précis pour la fréquence d'infection péritonéale. Nous n’avons pu recueillir, dans nos recherches, que 9 cas de péritonite cancéreuse consécutives aux tumeurs épithéliales, localisées 1 fois à l'iléon, 1 fois à la région iléo-cœcale, 3 fois au cœæcum, 2 fois au côlon transverse, 1 fois à VS iliaque et 1 fois au rectum. Sur nos 5 cas de péritonite cancéreuse consécutive au lymphadénome intestinal, & fois la lésion primitive était sur l'intestin grêle et 1 fois sur la terminaison de l'iléon et le cœcum. De 1886 à 1893, on a présenté à la Société anatomique de Paris 22 cas de tumeurs épithéliales de divers segments du tube intestinal; nous n'y avons relevé que 3 cas de péritonite cancéreuse consécutive, tous les trois ayant comme point de départ le gros intestin. Ceci donne une proportion de 1/7, probablement supérieure à la réalité, car en général ce sont les cas intéressants qu'on présente. Pour ce qui concerne la lymphadénome, nous n'avons trouvé que trois exemples de métastase péritonéale parmi les 30 observations suffisamment détaillées qu'a publié notre maître docteur Gilly (1) dans sa thèse. Aïnsi la généralisation existerait 1 fois sur 10, chiffres qui se
() Gilly. — Etude sur le lymphadénome intestinal. Th. P. 1887.
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rapprochent sensiblement des premiers. L’infection du péritoine par les tumeurs malignes du rectum est comparativement la plus rare, parce qu'en général les malades succombent avant que les lésions cancéreuses aient atteint la cavité péritonéale.
Foie. — Le foie occupe par ordre de fréquence le troisième rang dans l’échelle des cancers, après l’estomac et l’utérus, quoique quelques auteurs le placent même après les mamelles et les intestins. Mais le cancer primitif du foie qui nous intéresse seul, est 8 fois moins fréquent que le cancer secondaire et la métastase péritonéale d’origine hépatique n’est pas fréquente. Parmi les 13 observations que Gilbert (1) a publié dans sa thèse, nous n’avons trouvé que deux cas de péritonite néoplosiquegénéralisée. Dans l'excellente étude de Hanot et Gilbert (2) sur les maladies du foie, il n’y a que trois cas de métastase péritonéale sur 24 cas de cancer primitif du foie.
La dégénérescence maligne des conduits biliaires
se complique plus fréquemment de généralisation
péritonéale. Sur les 6 observations publiées par Morin
(3) dans sa thèse, l'infection péritoniale a été constatée trois fois, c’est-à-dire dans la moitié des cas. La situa-
tion particulière de la vésicule et des canaux biliaires
rend compte de cette prédisposition.
On dirait qu’autour du canal de Vinslow, le péri-
(1) Gilbert. — Du cancer primitif du foie. Th. P. 1886. (2) Hanot et Gilbert. — Etudes sur les maladies du foie. Paris, 1888. (3) Morin. — Epiphelioma primitif de la ves. biliaire. Th. Paris, 4890.
L'OTAN, LATTES
LE hot ja
toine constitue un locus minoris resistantiae ; les cancers qui naissent dans cette région: cancers des conduits biliaires, de la tête du pancréas, du pylore et de la petite courbure de lestomac montrent une grande tendance à se généraliser dans la cavité péritonéale.
Pancréas. — Les dégénérescences malignes de cet organe sont très fréquemment compliquées d'infection péritonéale. En relevant les observations publiées par Bard et Pic (1), Lucron (2), Vernay (3), nous trouvons la métastase péritonéale. | |
Bard et Pic : 2 fois sur 5 cas.
Lucron : Re NRC R ER lea, Vernay : 4 — 10 — | TOUT Mu
Ce qui donne la proportion considérable de 36.8 pour 100.
Quoique le cancer primitii du pancréas soit rare, nous avons pu trouver 9 cas de péritonite néoplasique consécutive à la dégénérescence maligne de cet organe.
Reins. — Malgré la présence d’une épaisse couche de tissus graisseux qui sépare les reins de la séreuse péritonéale, et malgré l’évolution lente et peu enva-.
(1) Bard et Pic. — Revue de méd. 1888.
(2) Lucron. — Th. Paris, 1893.
(3) Vernay. — Th. Lyon. 1887.
Le AT
hissante des dégénerescences malignes de cet organe, on a observé plusieurs cas d'infection péritonéale :
Robert 3 fois sur 51 cas.
Dickinson 1 — 19 — Rohrer 2 — 1e Lachmann 1 — 39 — Guillet (1), 5 — 19 — Luna (2) 1 — 19 — ÉD TOUR AU EN NOTE ES AE
suit 6 péritonites cancéreuses sur 100° tumeurs malignes rénales.
Vessie. — Les cancers vésicaux sont ceux qui infectent le moins facilement la cavité péritonéale. Nous n’avons pu trouver qu’un seul cas de péritonite cancéreuse d’origine vésicale, c’est celui que Chouppe a présenté à la Société anatomique en 1872 (3). La lente propagation des cancers de la vessie rend compte de
la rareté exceptionnelle de la péritonite cancéreuse
d’origine vésicale. | Ulérus. — Quoique le cancer de l'utérus soit excessivement iréquent au point que certains auteurs ont revendiqué pour lui le premier rang, la propagation à la séreuse péritonéale est rare, probablement grâce à l’épaisseur de la couche musculaire et grâce à la durée courte de cette ‘affection; les malades sont emportés de bonne heure par la métrorrhagie, l’intoxication cancéreuse et divers autres troubles graves que (4) Guillet. — Th. P., 1888.
(2) P. Luna. — TL. P. 1884.
(3) Albarran. — Tumeurs de Ja vessie.
Ut ae
déterminent les néoplasmes malins de la matrice. Caron (1) dans sa thèse sur les complications du cancer de l’utérus, n’a trouvé que 3 cas de généralisation péritonéale sur 51 autopsies. Gussarow (2) dans un travail sur les néoplasmes utérins, ne signale que 18 fois cette généralisation sur 264 cas. Lebert et Luys l'ont rencontré encore plus rarement, le premier 1 fois sur - 45 cas et le second une fois sur 27 cas. Les statistiques de Caron et de Gussarow paraissent plus vraisemblables; le premier donne une proportion de 5.88 °/0 et le second de 6.8 °/..
Ovaires. — L’ovaire occupe le premier rang parmi les organes pelviens qui déterminent la péritonite cancéreuse secondaire. La grande fréquence des tumeurs ovariennes et leur structure histologique particulière rendent compte de cette iréquence. Ce sont les kystes, épithéliomas mucoïdes de Malassez et de Sinéty, qui ont fourni le plus de cas de péritonite néoplasique. Poupinel (3) a recueilli dans sa thèse de nombreuses observations de métastase péritonéale survenue 33 fois avant l'intervention chirurgicale pour extirper le kyste ovariq ue et 14 fois après l’ovariotomie. Hadjès (4) aussi, peu de temps après, a pu recueillir 12 autres cas d’ovariotomie où l’on a trouvé la généralisation péritonéale. Schrœæder, sur 71 cas a constaté 20 fois. des symptômes de récidives ou de généralisation. Sur
- (4) Coron. — Th. P. 1884.
(2) Gussarow. — Die Neubildungen des Te
(3) Poupinel. — Th. P. 1886.
(4) Hadjès. — Th. P. 1889.