ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Les productions néoplasiques de la cavité péritonéale préséntent absolument la même structure histologique que la’ tumeur qui a déterminé l’infection péritonéale. IL s’en suit que la péritonite cancéreuse n’est pas unique mais multiple, de même qu'il n’y a pas une seule péritonite aiguë, mais plusieurs, selon le microbe pathogène qui a déterminé l'infection péritonéale. C’est ainsi que la péritonité néoplasique peut être carcinomateuse, épithéliomateuse, sarcomateuse et lymphadénique. er
Nous allons d’abord décrire les lésions du péritoine, puis nous nous occuperons des lésions accessoires.
Toutes les parties de la séreuse péritonéale ne sont pas vulnérables au même degré. La dégénérescence néoplasique atteint presque toujours et en premier lieu certaines portions du péritoine, le grand épiploon par exemple. D’autres peuvent échapper à l’envahissement ou n'être atteint que tardivement. Les lésions les plus accusées sont toujours au niveau de la tumeur-mère et en second lieu dans les parties environnantes. Cette propagation se fait directement soit par l'infection des espaces lymphatiques, soit par le contact du néoplasme avec la séreuse
tqs
d’un autre organe lequel à son tour devient ‘une
sourcé d'infection. Au niveau des cancers d'estomac, par exemple, on observe très fréquemment ces deux processus d'infection. Le cancer gagne la tunique séreuse de l'estomac, puis, contracte des adhérences cancéreuses avec les organes voisins, le côlon, le Îoie, la paroi abdominale, tandis que d’un autre côté les conduits Iymphatiques propagent l'infection dans un autre sens.
Nous ne nous occuperons pas d’une manière particulière de ces cas de péritonite cancéreuse circonscrite qui sont très fréquents et en dehors du cadre de notre thèse. Cependant, pour que la généralisation du néoplasme dans la cavité péritonéale se réalise, ce premier stade doit toujours être accompli, c’est une condition sine qua non. Aucune tumeur maligne, développée dans les viscères abdominaux ne peut être une cause d'infection péritonéale, tant que sa propre séreuse n’a pas été atteinte. Cette tunique séreuse une fois envahie, les cellules cancéreuses ou les parasites cancéreux, si réellement ïils existent, pourrons librement se disséminer dans la cavité péritonéale pour y engendrer des néoformations secondaires. :
Sur le péritoine pariétal les néoformations secondaires peuvent s'implanter partout; mais d’après nos observations elles ont une prédilection marquée pour la partie droite du péritoine diaphragmatique et pour le péritoine pariétal antérieur. Faut-il traiter ces deux régions comme des lieux de moindre
résistance à cause des frottements et des froissements auxquels elles sont exposées continuellement ? Les mouvements respiratoires frottent sans cesse la partie droite du péritoine diaphragmatique à la face convexe du foie. Le péritoine pariétal antérieur est encore plus exposé aux traumatismes : mouvements du tronc, acte de l’effort, pression du corset, de la ceinture, etc. Dans plusieurs cas de péritonite cancéreuse d’origine ovarique que nous avons observé, nous avons Îréquemment constaté un nombre considérable de néoplasmes secondaires dans la loge hépatique et sur le feuillet antérieur du péritoine pariétal. Dans les observations publiées par divers auteurs, nous avons pu faire la même constatation. | Le
Le péritoine pelvien est aussi une des régions où s'implantent fréquemment les néoformations secondaires. Les germes du cancer, cellules ou parasites, suspendus dans le liquide ascitique et accumulés, grâce à la pesanteur dans la cavité pelvienne, infectent très facilement la séreuse qui tapisse ses parois et ses viscères. Sur les autres portions du péritoine pariétal les noyaux secondaires sont bien moins jréquents et bien moins nombreux. |
Parmi de replis péritonéaux c’est certainement le grand épiploon qui est le plus vulnérable. Le mésentère, l’épiploon gastro-hépatique, le ligament suspenseur du Îoie, les ligaments larges viennent en seconde ligne. L’étendue du grand épiploon qui le met en rapport avec plusieurs viscères abdominaux, et sa situation superficielle qui l’expose aux froissements, pourraient
Peu
peut-être expliquer cette fréquence relative de l’implantation néoplasique à sa surface.
Les productions néoplasiques secondaires n’ont pas
une forme unique. Nous basons sur les descriptions
des auteurs et sur nos propres observations, nous pourrons leur décrire cinq formes macroscopiques ; forme miliaire, forme nodulo-ulcéreuse, forme végétante, forme kystique et forme infiltrante.
1° La forme mihaire a été décrite par des auteurs comme Cornil et Ranvier, Klebs, Petrina, etc. Ces derniers l’ont considérée même comme caractéristique de la péritonite cancéreuse primitive. Nous avons déjà déclaré que nous ne pourrions admettre la péritonite cancéreuse primitive, n'avant trouvé aucune observation convainquante. Dans tous ces cas publiés
sous le titre de péritonite cancéreuse primitive, il
s’agit du cancer primitii d'un organe quelconque qui a déterminer l'infection cancéreuse de la cavité péritonéale. Quoiqu'il en soit, cette forme miliaire serait très comparable à la forme homonyme de la péritonite
tuberculeuse. Chez une de nos malades (obs. LXXII)
les néoformations secondaires étaient excessivement petites au moment de l'ovariotomie et elles ressemblaient par leur forme et leur couleur à des parcelles de lait caillé disséminées sur la séreuse péritonéale. Plus tard, elles avaient considérablement grossie pour former de gros noyaux, variant du volume d’un pois à celui d’une noix. Ainsi ces néoformations miliaires n’acquièrent pas d'habitude un volume considérable,