‹ Contribution à l'étude de la péritonite encapsulanteChapitre 8 sur 14 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

rapportées dans l’ordre chronologique

Giuserpe Pisrouui (Parme), juillet 1931.

L'auteur est intervenu chez une jeune fille de 17 ans avec le diagnostic d’invagination chronique, et chez une autre de 25 ans, pour kyste de l’ovaire tordu.

Dans les deux cas, il a constaté la présence d’un processus de mésentérite rétractile d’origine indéterminée, peutêtre inflammatoire ou traumatique, et l’existence d’une membrane épaisse, blanchâtre, d'aspect « porcelainée », emprisonnant une portion plus ou moins importante d’intestin grêle. Il attribue la formation de cette capsule à la mésentérite rétractile, par tassement des anses grêles et compression des lvmphatiques, dont l’exsudation se concrétise secondairement. Il signale que les anses peuvent être adhérentes entre elles et à la capsule, mais que parfois aussi elles sont assez facilement clivables. L’ascite est peu abondante ou même totalement absente.

Au point de vue histologique, il constate qu’aueune pathogénie n’a pu être dégagée de l’examen des lésions ; il envisage une malformation congénitale du péritoine, ou une inflammation chronique, tuberculeuse ou autre.

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Borrozanti (Verone), août 1932.

Rapporte le cas d’un jeune homme de 18 ans ayant présenté en 3 ans 2 crises d’ocelusion intestinale. À la 3€ on intervint à la 7e heure ; la laparotomie montra une adhérence serrée du foie au diaphragme et au eôlon, et l’encapsulation de la totalité du grêle, le péritoine pariétal étant indemne. Aucune tentative de libération des anses intestinales n’a abouti.

En l’absence de tout antécédent syphilitique ou tuberculeux, l’auteur croit pouvoir imputer l’étiologie des lésions péritonéales à une fièvre typhoïde

survenue à l’âge de 13 ans.

Az8o (Montevido), octobre-novembre 1932.

Présente 2 cas.

Observation [. — Il s’agit d’une femme de 23 ans, sans antécédents pathologiques, qui a été opérée d’urgence d’un kyste de l’ovaire ; les suites opératoires ont été médiocres : fistule interminable à la partie inférieure de la cicatrice médiane sous-ombilicale, douleurs et nausées, amaigrissement important. L’examen du transit intestinal à la radio s’avère normal. Pourtant, un an après la première intervention, on est forcé d’opérer à nouveau au cours d’une crise douloureuse particulièrement intense. A l'ouverture on trouve une tuméfaction apparemment kystique cachant entièrement le grêle, adhérente au cæcum. Les anses encapsulées adhèrent si fortement à la gaine et entre elles que leur libération est impossible, et la malade meurt 20 heures après l'intervention.

Observation II. — Homme de 37 ans opéré d'urgence chez lequel on trouve l’appendice gangrené, et la terminaison du grêle couverte de granulations tuberculeuses ; il y a de nombreux ganglions mésentériques. Pas d’ascite.

ET

On fait suivre l'intervention d’une cure hélio-marine, mais 4 mois plus tard, le malade revient pour ocelusion. On sent alors une masse dans la fosse iliaque droite. À l’ouverture on trouve une tumeur nacrée contenant des anses grêles qu’on arrive à libérer sur une longueur de 1 mètre et demi. I n’y a pas de granulations sur le péritoine. 24 heures après l'intervention, le malade est en occlusion complète et meurt quatre jours plus tard sans avoir accepté une proposition d'intervention palliative.

M. J. Manter, novembre 1932.

Présente à la Société Nationale de Chirurgie 2 fragments de membrane prélevés sur un cas de péritonite encapsulante à l'intervention. C’est une membrane mince, très résistante, parfaitement continue, d'aspect aponévrotique.

L'examen histologique n’a décelé aucune infection spécifique, et le seul facteur étiologique possible était un traumatisme abdominal sérieux (contusion par tampon de wagon).

BerGereTr, novembre 1932.

Rapporte le cas d’un employé de chemin de fer qui vient consulter avec des phénomènes d’obstruction chronique du grêle. À l'intervention on trouve la cavité abdominale occupée par une masse allongée commençant en haut et à gauche de la colonne vertébrale, immédiatement audessous de l’angle duodéno-jéjunal, et décrivant un S qui l’amène en bas et à gauche de l'abdomen. Au niveau du cæcum, le manchon fibreux qui enveloppe cette masse se poursuit en l’englobant. Il se prolonge aussi sur les côlons à l'exception du transverse. Le grand épiploon ne participe pas au processus. Quant au manchon fibreux lui-même, il présente une surface lisse, nacrée, brillante, fenêtrée de loin en loin d’orifices ovalaires ou rectangulaires de 1 em? en moyenne, laissant voir le contenu du manchon, c’est-àdire les anses grêles.

La dissection de ces anses se fait avec assez de facilité. Les suites opératoires sont des plus simples.

PrizzaGazr (Milan), 17 décembre 1932.

Expose le cas d’une femme de 23 ans hospitalisée avec le diagnostic d’occlusion intestinale subaiguë datant de 6 jours. La palpation montre lexistence d’une tumeur médiane, À l'ouverture on se trouve en présence d’une tumeur kystique occupant presque tout le petit bassin, adhérente en avant au grand épiploon, en arrière à la paroi abdominale par un volumineux pédicule. Cette tumeur contenait des anses grêles, le cæcum et le sigmoïde. La capsule était représentée par une membrane blanche, épaisse, nacrée.

Pinsau rapporté par Louis Bazy, 29 octobre 1932.

Le rapporteur signale d’abord quelques caractères essentiels de la péritonite encapsulante, en particulier l’intégrité constante du péritoime pariétal, déjà signalée par Le- NORMAND, Wizmorx et Pare. Le péritoine ouvert, on rencontre, sous une couche de liquide mince et souvent absente, une membrane lisse d’aspect nacré et glacé parfois parsemée de microkystes, tout à fait analogue à l'enveloppe d’un kyste de l'ovaire. Pas d’anses grêles visibles. C’est selon l'expression de BERGERET € une cavité abdominale sans Intestin » Toutefois l’intestin n’est pas toujours contenu en entier dans cette coque fibreuse. La membrane incisée, on constate la présence d’anses grêles et quelquefois de côlon, plus ou moins adhérents à la coque et entre eux. La fausse membrane «en toile d’araignée » de l’observation de BEerNarDp et DELALANDE serait le stade initial de la péritonite encapsulante.

L'observation de Prixsau est typique : elle signale un péritoine pariétal indemne, et une grosse masse occupant la totalité de la cavité abdominale ; aucune anse grêle n’est libre. Seuls le côlon pelvien et la première portion

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du duodénum sont visibles. La coque de la tumeur est fortement adhérente à l'intestin sous-jacent.

Bazy discute ensuite l’origine et la pathogénie de la capsule. [l penche pour un processus de sclérose épiploïque, homologue de la mésentérite rétractile, déjà signalée par Giuserpe Pisrouur. Bazy ne pense pas qu’il puisse y avoir récidive, c’est-à-dire reconstitution de la capsule, mais redoute que l’adhérence des anses entre elles se reproduise inévitablement.

LENoRMaAND approuve Bazy en ce qui concerne lintégrité du péritoine pariétal. Il pense qu'il ne faut donner à la péritoine encapsulante qu’une signification purement anatomo-pathologique et que lPétiologie de cette affection doit être imputée à divers facteurs dont la tuberculose serait l’essentiel.

F. V. Gousser (Moscou).

Présente l’observation d’un jeune homme de 20 ans qui avait consulté dès Juillet 1930 pour tumeur douloureuse apparaissant d’une façon intermittente dans le flanc gauche.

En novembre 1930 de violentes douleurs abdominales motivèrent son hospitalisation. La tumeur intermittente existait toujours, disparaissant sous l'influence de lavements pour reparaître ensuite ; le malade était pâle et présentait des adénopathies inguinales et axillaires multiples, quoique de petit volume. La température et le pouls étaient sensiblement normaux.

L'examen du ventre montrait l'existence d’une tumeur siégeant dans le flanc gauche, de forme variable, et siège d’un hyperperistaltisme intense. Cette tumeur était mobile, non adhérente à la peau, oblongue, de consistance élastique, mate et légèrement douloureuse. L’ampoule rectale était vide. L’examen du chimisme gastrique montrait la présence d’HCI libre et l'absence de sang.

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Le diagnostic porté fut celui d’obstruction intestinale chronique sans précision étiologique.

L'auteur fit une incisior para-médiane de 20 centimètres et tomba sur une masse importante occupant toute la partie inférieure de la cavité abdominale : cette masse paraissait repliée et accolée en canon de fusil ; elle avait un aspect blanc et brillant. Nulle anse grêle, nulle portion du côlon n’était visible. L’incision de la capsule de la tumeur montra son contenu formé d’anses grèles soudées entre elles et à la capsule. L'auteur fit une résection de la capsule et libéra les anses intestinales, puis ferma complètement. Au premier Jour, il v eut une selle spontanée et la cicatrisation par première intention ne demanda que 15 jours au bout desquels le malade sortit guéri.

L'examen microscopique de la capsule montra un péritoine épaissi et granuleux, doublé à lintérieur d’une couche fibrineuse compacte.

Le malade revu 1 an et demi après, était en parfaite santé.

Gousser discute la nature du processus et hésite entre tuberculose et traumatisme, opératoire ou accidentel. Il n’affirme pas que la coprostase avec lésions de la paroi intestinale et péricolite soit entièrement étrangère à l’étiologie de cette affection.

Dans le cas ci-dessus exposé, 1l y avait eu appendicectomie deux ans auparavant ; d’autre part le frère du malade était tuberculeux avéré, et lui-même portait une lésion apicale en évolution.

L'auteur achève son rapport en proposant l’association de la physiotérapie à l’intervention.

Tanasescu et BarBizirAN (Jassy), 9 juin 1933. Rapportent le cas d’une femme de 45 ans hospitalisée dans un état de grande faiblesse, pour tumeur dans le bas

ventre et métrorragies abondantes. Cette femme a mis au monde à terme deux enfants qui devaient mourir en bas âge sans cause définie. Neuf ans avant son hospitalisation, elle a fait une métrorragie abondante qui a duré plusieurs semaines, avec douleurs dans la fosse iliaque gauche, mictions fréquentes, et fièvre. Puis son ventre a augmenté de volume du côté gauche pendant que ses règles devenaient tout à fait irrégulières qualitativement et quantitativement. L'augmentation de volume du vertre est surtout marquée depuis 2 ans. 10 mois avant son hospitalisation, elle a eu une amenorrhée de 4 mois et demi suivie d’une hémorragie brutale et abondante ayant engendré une syncope. La tumeur est devenue douloureuse. Les mictions sont fréquentes et la constipation rebelle, il existe un syndrome de subocclusion.

L'examen met en présence d’une femme affaiblie, deshydratée, chez laquelle on peut déceler un souffle anémique à l’auscultation cardiaque. Le ventre est ballonné. Il existe dans l’hypogastre une tumeur dure, fixe, se prolongeant sous la symphyse ; son volume est celui d’une tête d’adulte. Le col utérin est perméable et le toucher permet de constater la continuité de la tumeur avec le col. Le diagnostic porté est celui de fibrome intracavitaire.

L'intervention a lieu le 22 mars 1933 — sous rachianesthésie — Après incision médiane sous-ombilicale, on peut constater que le péritoine pariétal est très adhérent à la tumeur. Le décollement est difficile. On réussit à dégager la tumeur, qui porte sur le côté gauche une poche kystique emplie de liquide louche, appartenant à l'ovaire gauche ; l'ovaire droit est également kystique. La vessie est adhérente à la tumeur ainsi que le côlon pelvien et les anses grêles. On pratique l’ablation de la tumeur par section de l'isthme, on laisse l’ovaire droit et la partie adhérente de l'ovaire gauche. En prolongeant l’incision, on constate que le péritoine cesse d’être adhérent. On aperçoit une mem-

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brane blanche partant de la partie supérieure de la tumeur et recouvrant une partie de la masse intestinale. Des anses grêles ainsi que le côlon ascendant en émergent.

Le côlon transverse et le grand épiploon n’ont aucune connexion avec cette membrane. Cette coque est épaisse de 2 millimètres, elle n’adhère pas à l'intestin qu’elle contient.

On pose un Mickuliez. On ferme aux bronzes.

La malade sort en bon état Le 9 avril.

Les auteurs concluent à une péritonite encapsulante coexistant avec une tumeur pelvienne très adhérente.

Ils n’en proposent pas d’étiologie, se bornant à constater que les stigmates et les antécédents de tuberculose manquent chez la malade, et qu'ils n’ont pas fait la preuve de l'existence d’une appendicite. [ls se contentent de signaler que l’origine génitale du processus n’est pas d’emblée à écarter, en l’absence de toute trace d’épiploite.

Ils soulignent en terminant que la symptomatologie emprunte ses éléments à la maladie qui détermine la péritonite encapsulante ou à la complication à laquelle elle aboutit.

Raymond Bonneau, 7 juillet 1933.

Présente une malade chez laquelle on a en 1921 ponctionné une ascite de 6 litres. Le liquide était chyliforme, avec des paillettes.

En 1922, elle a fait une péritonite annexielle attribuée à une tuberculose péritonéale pelvienne et abdominale gauche, et traitée par l’héliothérapie.

En 1927, la malade est revenue pour une ‘tumeur du fianc droit, « macaron » siégeant manifestement dans la paroi. Il y a une ascite assez abondante.

Intervention : On trouve un péritoine pariétal épaissi. De la cavité abdominale sortent 6 litres de liquide ressemblant à du « bouillon de légumes au tapioca ». On ne trouve

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