‹ Contribution à l'étude de la perméabilité cellulaire: La pénétration des acides organiques dans les cellules de quelques champignons inférieursChapitre 75 sur 82 · B) INFLUENCE DU CLUCOSE SUR LA CONSOMMATION DE L’ACIDE · texte numérisé non relu

B) INFLUENCE DU CLUCOSE SUR LA CONSOMMATION DE L’ACIDE

Pour les auteurs anciens les acides organiques étaient protégés par une quantité suffisante de sucre, et leur consommation par le champignon était l’indice d’une carence du milieu en source de carbone glucidique.

SAKAMURA, infirmant cette hypothèse, a montré que la consommation de l’acide oxalique par l’Aspergillus niger commence alors qu’il reste des quantités importantes de sucre, et que lorsqu'il a disparu la consommation s’arrête si les conditions de pénétration ne sont pas réalisées. En d’autres termes la consommation de l’acide ne dépend pas de la quantité de sucre mais du pH du milieu.

J'ai pu constater le même phénomène avec l’Aspergillus niger et les autres champignons utilisés, ce qui semble bien indiquer qu'il est général.

La conception téléologique du choix de ses aliments par le champignon ne peut donc plus être retenue.

Il assimile tout ce qui lui est offert quand bien même il en résulterait des conditions dysgénésiques, et Ja rapidité de la pénétration de chaque substance est fonction de la perméabilité de la membrane pour chacune d’elle.

J'ai même pu constater avec la culture indirecte que le glucose, loin de protéger l’acide, favorisait, au contraire, son assimilation. Ce comportement, en apparence paradoxal, se conçoit aisément

En présence de glucose le milieu permet normalement un bon développement du mycélium, il se fait avec le milieu environnant des échanges rapides que nécessite la rapidité de son accroissement, et l’acide qui participe à ces échanges, est absorbé en quelque sorte « par entraînement ». En l’absence de glucose, au contraire, l’acide, seul élément énergétique ne permet qu’un développement médiocre du mycélium ; s’accroissant lentement, il a peu de besoin ei l’absorption de l’acide est plus lente.

Ce phénomène, moins net avec les champignons peu exigeants comme l’Aspergillus niger, peut aller avec d’autres, comme j’ai pu le constater avec Cunninghamella echinulata, jusqu’à la suppression complète de l’absorption.

Cette différence entre l'intensité des échanges n’est d’ailleurs

pas la seule cause, car, après quelques heures de contact, vient s’ajouter encore la différence des poids de mycélium réagissant.

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