CONCLUSIONS
1° Les observations de perte de la vision mentale concernent uniquement des mélancoliques ou des anxieux. La genèse du symptôme sera donc à rechercher dans l’état psychique des mélancoliques.
»° La perte de la vision mentale ne semble pas être la conséquence d’une lésion anatomique ou d’une inhibition fonctionnelle ; la lésion de ce centre supprimerait en effet la reconnaissance visuelle des objets, ce qui n’est pas le cas.
On pourrait plus vraisemblablement l’attribuer à une lésion du genre de celles des aphasies de conductibilité, c'est-à-dire à une rupture des fibres unissant les centres supérieurs de l’idéation (?) à celui des images visuelles, mais, comme précédemment, ce n’est là qu'une hypo-
thèse basée sur une autre hypothèse, celle des aphasies de' conductibilité —
3° En fait, la perte de la vision mentale ne paraît
relever actuellement que d’une explication psychologi-
me NL MON Ce
que. Elle ne consiste pas en une disparition des éléments représentatifs élémentaires qui entrent dans la constitution du souvenir. Ils sont conservés, mais il leur manque certaines conditions nécessaires pour déterminer le souvenir et ce, en raison de l’état psychique particulier des
mélancoliques.
4° C’est en effet dans Fétat mental du mélancolique qu'il faut rechercher l'origine de la perte de la vision mentale. Il faut incriminer le défaut de synthèse mentale au ralentissement de l’activité psychique et à la douleur morale qui envahit tout et entrave tout travail psychique. Cette déficience de la synthèse mentale rendra pénible et difficile le groupement harmonieux des éléments représentatifs qui constituent le souvenir et
, L d’autre part entravera leur appropriation au mor.
5° Il faut incriminer surtout la perte de la tonalité affective du souvenir, la disparition de l’élément émotionnel de l’image sous l'influence des troubles profonds de l’émotivité déterminés par l’état mélancolique. Or, la perte du composant émotionnel de l’image entraîne les troubles les plus graves dans l'acte de la reconnaissance.
Le souvenir disséqué, squelettique par déficience de la synthèse mentale, se présentant par ailleurs sans ska marque affective caractéristique, apparaîtra étrange et étranger au malade, qui le niera d'autant plus facilement qu'il est plus pénétré de cette humeur négative propre
aux mélancoliques.
6° Cette humeur négative d’une part, l’attitude men-
‘tale adoptée d'autre part par le malade vis à vis du
symptôme tendront à rendre permanente la perte de la vision mentale qui sera encore invoquée alors mêmé
que les souvenirs seront redevenus normaux.
Vu, le Doyen, Vu. le Président,
H. Rocer. - Cu. AcHarp.
Vu et permis d'imprimer :
Le Vice-Recteurdel'Académie de Paris.