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Des Guidi a avoué lui-même que sa conversion fut loin d'être immédiate. Que des millionièmes de grains puissent être efficaces dans un cas où les remèdes allopathiques prescrits par d'excellents praticiens de Lyon, Paris, Grenoble, Montpellier, avaient échoué, il en douta longtemps. Mais écrit-il, « il me fallut bien finir par reconnaître qu'un fait nouveau, incroyable pour moi, n'en était pas moins un fait. Je fis des expériences sur moi, sur d’autres, et ma conviction fut bientôt inébranlable. le m'attachai, deux ans ce suite, au cours de clinique ouvert à Naples par les docteurs de Romani et de Horatus, j'étudiai de toutes mes forces et avec quelque goût » (1).
C'est à Lyon, où il s'était établi et où il passa la majeure partie de sa longue carrière (2), que le docteur des Guidi gagna à la doctrine d'Hahnemann des premiers adeptes français. Les cures qu’il opéra ne pouvaient échapper à l’attention et elles furent la meilleure propagande pour la thérapeutique nouvelle. Nombre de médecins de Lyon et des environs, entre autres, les docteurs Gueyrard, Dessaix, Rapou père, Pérussel, Peschier, Dufresne, après un sérieux examen des guérisons obtenues par lui, tinrent à assister à ses consultations publiques du dimanche et furent gagnés à l’homéopathie.
Ainsi se constitua en France, avant même l’arrivée d'Hahnemann à Paris, Un premier noyau de médecins homéopathes qui bientôt créèrent un journal: « La Bibliothèque homéopathique » et se groupèrent en une association: « la Société homéopathique gallicane », sur l'initiative du docteur Pierre Dufresne, de Genève.
Le renom de l'homéopathie ne tarda pas à se propager de ville en ville. À Paris, il y avait déjà pénétré trois ans avant qu'Hahnemann ne vint s’y établir. Un médecin anglais, le docteur Guin, qui avait été le dernier médecin de Napoléon l°, et devint ensuite celui du prince Léopold, futur roi des Belges,
(1) Lettre aux médecins français sur la médecine homéopathique, suivie des moyens homéopathiques de guérir le choléra et de s'en préserver (Lyon 1832).
(2) Il mourut à Lyon en 1863, à l'âge de 94 ans. Trois ans auparavant il avait été présenté à l'impératrice Eugénie qui se faisait alors soigner par un médecin homéopathe, le Docteur J.-P. Tessier, et qui tint à le féliciter des services qu'il avait rendus. Une médaille (en bronze) commémorative de l'introduction de l’'homéopathie en France fut offerte à la Société d'Histoire de la Pharmacie par M. Vassy, de Vienne. Cette médaille, reproduite en septembre 1920 dans le Bulletin de cetté société porte à l’avers une effigie de Sébastien des Guidi, au revers une inscription rappelant que c'est à lui que l'on doit l'introduction de l’homéopathie à Lyon.
ENoree contribua à y former un groupement analogue à celui de Lyon. « À sa suite, écrit M. Marcel Vallée (1) se groupèrent notamment le docteur P.-F. Curie, grand-père de l'inventeur du radium, le docteur Gueyrard, retour de Lyon, où il avait été un des disciples de des Guidi, le docteur Léon Simon, premier d’une célèbre lignée homéopathique ». Avec les docteurs Molin, Tournier et Davet, les homéopathes de la capitale formèrent, en août 1833, les premiers membres de la « Société homéopathique de Paris » présidée par le docteur Antoine Pétroz, qui, lui aussi, s'était rallié à la doctrine nouvelle sous l'influence de des Guidi.
À Bordeaux, l'un des tout premiers adeptes de la loi de similitude fut le comte de Bonneval, qui soutint en 1833 la première thèse sur l’homéopathie.
C'est dire que l'homéopathie avait déjà une clientèle dans plusieurs villes de France avant que la venue d'Hahnemann ne lui conquit de nouveaux adeptes. Et ses premiers succès avaient été assez marqués pour justifier l'ouverture, à Paris, d’une pharmacie spécialisée.
(1) L'organisation actuelle de l’homéopathie en France. Thèse de médecins (Lyon 1936).