LES PREMIERES PHARMACIES HOMEOPATHIQUES
C'est le frère du docteur Antoine Pétroz qui la fonda. Henri Pétroz, médecin, lui aussi, et pharmacien en chef de l'hôpital de la Charité avait, l’un des premiers, compris que la thérapeutique nouvelle devait avoir des officines. Celle qu'il ouvrit, rue de Richelieu, dans une dépendance de la pharmacie Guibourt, inaugura à Paris la vente des remèdes préparés d’après les méthodes hahnemanniennes.
« Le vrai médecin, avait dit Hahnemann, dans son Organon, ne peut compter sur la vertu curative des médicaments que quand il les a entre les mains aussi purs et aussi parfaits que possible. [| a donc besoin de savoir en apprécier lui-même la pureté ».
C'est de ce principe que s’inspira Henri Pétroz dans son petit laboratoire. Membre de l’Académie de Mécecine depuis 1824, il était tout particulièrement apte au rôle qu'il assuma. C'est tout d'abord en préparant son frère, le docteur Antoine Pétroz, fervent adepte, nous l’avons dit, de la thérapeutique nouvelle, les médicaments dont celui-ci avait besoin, qu'il se familiarisa avec les doses infinitésimales.
Il rendit ainsi grand service aux homéopathes de son temps. Car jusqu'alors ceux-ci avaient dû se contenter de posséder par devers eux un dépôt de dilutions des substances étudiées dans la matière médicale. « Pour cela, écrit M. Charles Janot (1), ils s'approvisionnaient à Leipzig, Genève, où auprès de ceux de leurs confrères qui prenaient le temps de préparer eux-mêmes leurs atténuations. Hahnemann et Mure, par exemple, furent de grands fournisseurs de ce genre ».
Mais il n'est pas douteux que la délivrance directe des remèdes par le médecin à ses clients était une complication et représentait en outre une infraction aux lois pharmaceutiques.
(1) Histoire de l’homéopathie française (1938).