‹ Contribution à l'étude de la Pharmacie HoméopathiqueChapitre 29 sur 32 · XI. - CONCLUSION · texte numérisé non relu

XI. - CONCLUSION

Cest une des forces de l’homéopathie que d’avoir à la longue triomphé de l'opposition de ses adversaires. Après avoir été en butte, il y a plus d’un siècle, à l'hostilité des pharmaciens, la doctrine de Samuel Hahnemann compte aujourd'hui parmi eux nombre de partisans convaincus qui se sont ralliés à l’opinion du grand bactériologiste Chantemesse : « Ne plaisantons plus les homéopathes, disait-il. Les vaccins et les tuberculines n'agissent-ils pas suivant leurs principes ? Mais reprochons leur ce garder pour eux ce qu'ils savent. »

Ce reproche même, l’homéopathe ne le mérite plus aujourd'hui. Ses grands laboratoires, ses médecins, ont largement diffusé les procédés de leur thérapeutique. Ils se sont efforcés de lutter contre ce qu’on a pu appeler les « excès infinitésimaux », contre ce que les ennemis de leur méthode qualifient de « mysticisme thérapeutique »; ils n’ont pas hésité à réviser ce qu'il pouvait y avoir, au début, d'empirique dans certaines pratiques de traitement.

La pharmacie homéopathique apparait comme une réaction contre la polypharmacie, à Une époque où les remèdes étaient prescrits à doses massives. En proclamant que le principe d'action des médicaments est dynamique, qu'ils ont toujours assez de force pour provoquer des symptômes un peu plus intenses que ceux de la maladie naturelle, et surtout en préconisant les reñèdes simples, à petites doses, Hahnemann à ouvert des perspectives nouvelles à la médecine, dont M. Georges Duhamel a pu dire que « malgré ses surprenantes conquêtes, elle s'évertue sur les marches d'un empire qui demeure prodigieusement secret ».

Il n’est pas contestable que les pharmaciens homéopathes ont eu leur part dans les revirements d'opinion dont l’homéopathie a bénéficié. Leurs préparations scrupuleusement exécutées, avec le soin et le contrôle constant qu’elles nécessitent pour rester à l’abri de toute erreur et de toute pollution, ont

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largement contribué aux succès d’une thérapeutique qui, sans avoir l'avantage de plusieurs siècles de tâtonnements et d'expérience, a réussi à s'imposer et à démontrer son efficacité.

Le célèbre clinicien Huchard, membre de l’Académie de Médecine, n'écrivait-il pas, il y a quarante ans (1) : « J'ai à peine besoin de dire que je ne suis converti, depuis longtemps du reste, qu'à deux lois thérapeutiques : celle du traitement et de la guérison d'un assez grand nombre d'états morbides par des médicaments produisant des symptômes analogues à ceux de ces maladies: celle des médicaments prescrits parfois à très petites doses, tant il est vrai, comme l’a dit autrefois Pecholier, de Montpellier, que, dans un médicament, il y a plusieurs médicaments, suivant les différentes doses. »,

L'histoire de la pharmacie homéopathique est trop intimement liée à celle des origines et de l’évolution de cette doctrine pour que nous n'ayons pas eu à associer souvent en ces pages les principes et leurs applications. Et nous ne saurions trop redire que nous n'avons pas abordé cette étude avec un esprit de parti. Tout en reconnaissant à la médecine allopathique, comme l'a écrit un homéopathe, M. |ean Téteau (2), « son autorité ancestrale, la puissance de son enseignement, la valeur de ses découvertes et de ses travaux scientifiques », nous ne croyons pas que l'esprit de vérité ne réside qu’en elle. De même qu'elle a sa place en beaucoup de pharmacies non spécialisées, l’homéopathie peut revendiquer sa part des progrès réalisés dans l’art de guérir. Les deux écoles jadis opposées se rencontrent de plus en plus en un carrefour où elles peuvent mutuellement s'aider et se compléter. Nous aurons atteint notre but si nous avons réussi à le montrer en cette étude, tout en y soulignant aussi le rôle important des pharmaciens spécialisés, qui ont, chaque jour, à préparer leurs dilutions ou triturations en partant des souches extrêmement variées et difficiles à obtenir et en assurant la pureté de remèdes qu'une technique impeccable peut seule mettre au point.

(1) Journal des Praticiens (21 maärs 1908).

(2) « Essai d’homéopathie scientifique » (concours médical, 25 août 1935).

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