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CHAPITRE II

Histoire de la phlébite goutteuse.

On sait depuis fort longtemps que les intoxications chroniques s’attaquent généralement aux artères, et les artérites de toute nature ont une très vieille histoire clinique. Mais on croyait que ces mêmes intoxications n'endommageaient guère les veines et on négligeait un peu létude des lésions veineuses.

Renouard a bien décrit une phlébite rhumalismale et goutleuse dans la Æevue médicale en 1848, mais c’est à l’auteur anglais, Paget, que revient l'honneur d’avoir le premier, en 1866, dans les « Saint Bartholomew hospital reports » et dans ses « Clinical lectures », affirmé l'existence, chez des goutteux avérés, d’une phlébite spécifique. Il ne pouvait la rattacher < ni à une plaie, ni à une distension ou une compression des veines, ni à une septicémie, ni au rhumatisme ou à la cachexie ». De plus il signalait des caractères très spéciaux: ces phlébites étaient superficielles, se déplaçant facilement,

et se terminaient, soit par une résolution rapide, soit

par l'embolie, Il y avait là assez de notions étiologiques et cliniques pour établir une individualité patho logique. Plus tard, Paget s'hypnotisa peut-être un peu sur sa découverte ; par exemple, lorsqu'il voulut l’appliquer à des phlébitiques qui auraient pu être, tout au plus, des goutteux héréditaires.

Bientôt après, Prescott Hewett, puis Tuckwell (187%) signalèrent et mirent au point de nouveaux cas. Tuckwell relate l’autopsie d'un malade mort d'embolie pulmonaire (voir obs.) et insiste sur la fréquence de cette terminaison.

En 1877, Owen Rees ajouta encore aux données acquises.

Dans notre pays, où la goutte est beaucoup moins observée qu'en Angieterre, les phlébites goutteuses et rhumatismales restaient toujours confondues. A peine Lasègue s'était il avancé sur ce terrain en signalant que les goutteux avaient souvent des varices aux membres inférieurs.

En 1880, Viccaji dans sa thèse, écrite sur les indications de M. Raymond, faisait une place bien à part aux phlébites goutteuses auprès des phlébites rnumatismales.

Mais bientôt le professeur Lancereaux définissait magistralement la nouvelle affection dans son Traité d'Anatomie pathologique et depuis ce temps elle figure dans tous les manuels classiques de pathologie.

Citons encore trois études importantes : celle de

Para en 1891 dans la France médicale, une autre de

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