B. — LES VALVULES
Les valvules orientent le sens de la circulation et jouent . un rôle protecteur en préservant les parois vasculaires des à coups dela pression abdominale. Jusqu'à ces jours derniers on croyait que les valvules constituaient des soupapes luttant énergiquement contre la pesanteur. On croyait à une fragmentation du courant sanguin, alors que nous venons de voir que les vaisseaux ne peuvent rester partiellement remplis.
RE je
Dos Sanros a rappelé que dans les conditions physiologiques normales, le sang veineux forme une seule colonne sans aucune interruption depuis les malléoles jusqu’à l'oreillette droite. Les valvules orientent seulement la circulation. Mais lorsqu'il y à hyperpression au niveau de cette colonne par contractions violentes du diaphragme (toux, rire...)la valvule dela fémorale et la valvule de l’'embouchure de la crosse de la saphène interne, si elles sont suffisantes, s'opposent à cette hyperpression et protègent les parois des veines du membre inférieur.
L1 Rôle des valvules au niveau des veines communicantes.
a) WarwicH a pratiqué des phlébographies sur des cadavres de personnes jeunes, non variqueuses et il a obtenu les résultats suivants :
— L'injection d’une substance opaque à grande pression dans la veine tibiale antérieure, remplit les veines profondes à l'exception des veines tibiales postérieures. Par conséquent, au niveau-des veines communicantes il existe des valvules suffisantes empêchant la progression de la substance injectée vers les veines superficielles et les tibiales postérieures possèdent également des valvules suffisantes empêchant leur remplissage rétrograde.
— L’'injection d’une substance opaque à grande pression dans les veine tibiale postérieure donne les mêmes résultats. Dans ce cas, ni les tibiales antérieures, ni le système superficiel ne se visualisent.
Il est donc logique de penser que le sang veineux circule au niveau des veines communicantes de la superficie vers la profondeur. Fraise
b) MARTORELL pratique des phlébographies sur le vivant et conclut comme Dos SANTOS :
— L'injection pratiquée dans la saphène interne, audessus des malléoles, permet de visualiser uniquement cette veine et quelques fines collatérales. La saphène interne ne vide son contenu dans le système profond qu’au niveau de sa crosse.
— L’injection pratiquée dans une veine du pied permet de visualiser les saphènes et les tibiales postérieures, mais tout au long de la jambe les deux systèmes sont indépendants.
On peut donc conclure que les communicantes proprement dites entre système superficiel et profond sont fonctionnellement inexistantes dans les conditions normales,
en position horizontale et au repôs. Il est possible qu’elles soient utilisées dans les besoins circulatoires plus grands.
En résumé, et en accord avec les observations de BARKER et ORLER, exception faite pour le pied, les systèmes superficiel et profond qui communiquent anatomiquement sont fonctionnellement indépendants en position horizontale et au repos. Au contraire, durant la marche les veines superficiellesse vident rapidement dans le système profond, dans ce cas il est très vraisemblable qu’entrent en jeu les communicantes. Les veines du système superficiel se vident au niveau de leur crosse, aussi l'injection de substance opaque dans la saphène externe visualise poplité et fémorale et dans la saphène interne elle visualise la saphène interne et les veines iliaques.
De ces notions découle la technique actuelle de la phlébographie du membre inférieur. Au repos les systèmes superticiels et profonds étant fonctionnellement indépendants alors qu’au pied ils communiquent largement, l'injection d’une substance opaque dans une veine dorsale du pied et la mise d’un garrot sus malléoiaire bloquant la circulation superficielle nous permet d’opacifier uniquement le système profond dans les conditions PHReRIques normales (fig. 2).