D. — LES AFFECTIONS VEINEUSES CONGÉNITALES DES DES MEMBRES INFÉRIEURS
Il est des cas particulièrement intéressants où seule la veinographie permet de faire un diagnostic qui n'aurait pu être fait autrement. LERICHE et SERVELLE citent deux observations
a) l’une présentait une absence de veine et d’artère fémorale et la suppléance se faisait par les vaisseaux ischiatiques;
b) l’autre consistait en l'absence de veine poplité. Elle était traduite par une grosse jambe et avait pour origine uje bride fibro-vasculaire qui l’étranglait. L'intervention permit sa libération.
La phlébographie du membre supérieur
Elle est plus facile que celle du membre inférieur et c’est ce qui explique que ce fut la première étudiée, car les auteurs profitèrent de l'injection dans-une des veines du pli du coude de produits iodés servant à la pyélographie, pour radiographier les veines du membre supérieur. Mais son intérêt est moindre car le domaine qu’elle permet d’explorer est beaucoup plus restreint.
Elle repose sur la connaissance d’un principe physiologique mis en évidence par VAN DE MAELE :
La veine basilique peut être considérée comme le cow:ant-
__ veineux principal du bras dans lequel viendrait déboucher
la veine humérale pour former la veine axillaire et tout se passe comme si la céphalique était une collatérale de la basilique.
Ceci est d’ailleurs vérifié depuis longtemps par les anatomistes et GÉRARD écrit au sujet de la veine basilique :
… C’est la maîtresse veine, la Reine du membre supérieur : la’veine: axillaire la continue bien plus qu’elle ne continue la veine humérale ».
En effet, une injection poussée dans la basilique n injecte guère que cette veine et une injection poussée dans la céphalique n’injecte également que cette même ous après reflux par le M. veineux.
Mais il n’en est pas toujours ainsi et VAN DE MAELE luimême écrit que chez l'enfant presque tout le liquide injecté dans la médiane céphalique passe dans la céphalique. Cela est dû probablement à ce que la musculature chez
l’enfant n’est pas suffisamment développée et cela se passe comme chez le foetus. |
Mais le principe de VAN DE MAELE est sérieusement critiqué par SERVELLE. D’après les résultats de ses recherches il trouve que l’on injecte normalement soit la basilique, soit la céphalique, mais souvent la substance opaque passe de l’une à l’autre par l’anastomose veineuse située à la partie moyenne du bras. Et il écrit ensuite : «.. Si l'injection est poussée lentement et avec un produit non douloureux (Thorotrast, Per Abrodil), l'injection est vraiment sélective. Il n’en est pas du tout de même si la veinographie est faite avec le Ténébryl ou l’Uro Selectan. Tout le monde a pu constater avec ces produitsles phénomènes douloureux déclanchés. Mais radiographiquement ces phénomènes douloureux se traduisent par des spasmes veineux que nous avons souvent constatés. Ils ont pour effet de s’opposer au cheminement dans la céphalique et le liquide reflue vers la basilique par récurrence au coude et le liquide étant plus dilué dans cette veine plus grosse, ne détermine pas ici le spasme, d’où le phénomène qu'avait noté l’auteur belge et qu’il considère comme normal».
Il faut noter que VAN DE MAELE et SERVÉELE sont d’accord sur ce point : si l'injection n’est pas douloureuse la sélectivité existe.
A notre point de vue les RC NSEe de spasmes GnttenE certainement en ligne de compte. Mais si l’on injecte une substance opaque indolore dans la céphalique, le liquide ne refluera vers la basilique que si le débit d'injection est trop important par rapportau débit propre de la céphalique On doit tenir compte aussi des anastomoses existant entre les deux veines.
Si nousexaminons cette circulation veineuse dans les cas pathologiques, on voit qu’il n’en va pas de même. Dans le cas d’obstacle intra thoracique, les deux veines sont également injectables. Dans le cas d’obstacle axillaire c’est la céphalique qui devient le courant principal et la basilique ne S’injecte plus, même si on pousse l'injection dans cette
même veine basilique. Nous avons vérifié.ce principe dans un cas de thrombophlébite par effort de la veine axillaire.