‹ Contribution à l'Étude de la PhlébographieChapitre 7 sur 57 · SENTE · texte numérisé non relu

SENTE

Définition

La Phlébographie est une méthode d'exploration qui consiste à rendre le système veineux opaque aux rayons X par injection de substances de contraste.

© «Cette méthode nous permet, au moins expérimentale- « ment, d'étudier la perméabilité des veines superficielles et «profondes au niveau du membre inférieur et°du bassin; «elle peut nous donner certains renseignements sur le siège «de l’obstruction, la valeur et la nature de l’obstacle, utili- «sée chez l’homme elle nous permettra probablement de «prendre des décisions sur la conduite à tenir en présence «des grosses sequelles phlébitiques». É

Telles sont les conclusions émises, dès 1927, par notre Maître Monsieur le Professeur DucuiInG, sur la phlébographie expérimentale, dans son livre « Phlébites, Thromboses et Embolies post-opératoires ».

Ces notions, pleinement confirmées vingt ans après, montraient déjà les grandes possibilités de la phlébographiemoderne.

Le problème de la phlébographie est, au point de vue technique, plus difficile, plus complexe, donc plus incertain : que celui de l’artériographie. Cela se conçoit sans peine si l’on veut bien penser que le sang artérielet le sang veineux ont des origines totalement différentes et ne suivent pas des. voies analogues. En effet, sil’arbre artériel de chaque territoire de notre organisme dépend d’un vaisseau, l’arbre ‘veineux de chaque territoire voit par contre ses racines.

multiples dispersées au sein même des tissus, Par ailleurs en artériographie la base est la ponction du vaisseau principal-du membre. Le sang artériel, grâce à son fort courant . fait le reste et amène le produit opaque dans toutes a divi- sions du vaisseau.

Au contraire, dans la pHiébégrapise, la physiologie normale et pathologique de la circulation veineuse, les multiples communications des systèmes superficiels et profonds,

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rendent variables les voies suivies par le sang et la substance de contraste.

De ces notions brièvement rappelées découlent deux possibilités techniques de la phlébographie : la phlébographie indirecté et la phlébographie directe.

19 La phlébographie indirecte. — C’est la technique idéa-

le et la plus physiologique. L’opacification du système veineux est obtenue par l'injection de la substance opaque dans l'artère principale du membre, c’est l’artério-phlébographie, déjà réalisée, dont on n’a pas encore exploré toutes les possibilités, mais-qu’il faut pour le moment laisser de côté en. raison de l’inconstance de ses résultats.

20 La phlébographie directe. — C’est Ia seule technique permise actuellement. L’opacification du système veineux est ici réalisée par injection directe de la substance de contraste dans une des veines du membre. C’est pourquoi elle demande des techniques différentes qui varient selon les régions à étudier, selon les lésions du système veineux et selon qu’on veut visualiser la circulation profonde ou superficielle.

Historique

La phlébographie est née le jour où les cliniciens firent entrer dans la pratique médicale les découvertes des rayons . X, car très vite leur attention fut portée sur la visualisation des vaisseaux. :

Dans les premières années la vasographie utilisa les rayons X en vue de l'étude anatomique des vaisseaux et les premiers travaux furent réalisés en 1897 par Remy et CONTREMOU- LINS. Puis l’étude physiologique expérimentale du systéme vasculaire fut également entreprise, et, RIETHUS en 1902, ÆFRANCK et ALWENS en 1910 publièrent les premiers résultats. : |

En 1906, BELA ALEXANDER, par le moyens de la photogra- phie plastique, reproduisit les vaisseaux sanguins au niveau des extrémités où les masses musculaires n'étaient pas trop épaisses et où le champ de vision n’était pas couvert par les os. Les radios qu’il publia en 1908 étaient belles mais on ne pouvait pas distinguer entr’elles les veines et les artères, De toute façon la méthode n’était pas pratique et dès lors le problème dé la recherche d’une substance de contraste inoffensive et indolore était posé.

Les premières injections d’émulsions huileuses opaques sur les animaux en 1910 par FRANCK et ALWENS furent un échec, RrerHus, en 1902, avait même tenté chez des ani- maux de visualiser les vaisseaux et les cavités cardiaques en introduisant des grains de plomb dans la veine jugulaire.

En 1907, notre Maître, Monsieur le Professeur DUCUING, observa que l'injection d'huile camphrée dans les veines des malades n’était pas dangereuse. .

Mais en 1910, SCHEPELMANN, essaya, le premier, d’opacifier in vivo les vaisseaux de l’homme. Comme il craignait

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les émulsions huileuses, il préféra recourir à des substances de contraste solubles dans l’eau (sodium, calcium), mais pour produire un contraste suffisant il fallait en injecter de très grandes quantités.

. Ainsi, tous les efforts se portèrent vers la recherche d’une sbétnee de contraste convenable et des résultats cliniques furent obtenus en France en 1918 et en Allemagne en 1921 par FiscHER et Scamirr avec des injections utilisant l’huile d'olive et des émulsions d’huile camphrée. En 1922, Leo et URTEL publièrent aussi des résultats cliniques utilisant des injections intraveineuses d’huile camphrée.

En 1922-23 vinrent les investigations de SicarD et Fo- RESTIER utilisant une huile appelée lipiodol qui contenait des acides iodés. :

Enfin, en.1923, BArBERICH et HirscE, firent entrer pour la première fois dans les faits l’artériographie et la phlébographie chez l’homme, maïz ils n’obtinrent que de petites images mal visualisées. De toute façon, la ne de réalisation était démontrée.

Mais, tandis que la phlébographie ne se développaïit presque pas, l’artériographie, pour diverses raisons, prenait un grand essor dans les mains de REYNALDO Dos SANTOS et de Ecaz Moniz Et la phlébographie ne fut étudiée que de temps en temps, mais l’usage de solutions opaques utilisées pour l’urographie d’excrétion ou la radiographie des voies biliaires d’une part et les résultats de l’artériographie d’autre part, rappelaient constamment l'attention sur les veines.

Il faut arriver en 1927 pour que notre Maître, Monsieur le Professeur DuCuING, dans son livre : «Phlébites, Thromboses et Embolies post-opératoires » étudie la phlébographie expérimentale et pose les bases de la phlébographie moder-

ne. En effet, notre Maître expose les résultats de sa longue -et complète étude de l’opacification des veines des chiens d’une part, et envisage en entier le problème de la phlébographie chez l’homme, d’autre part.

Du point de vue expérimental. — Il affirme en accord avec SICARD et FORESTIER: … «que les animaux supportent des dosrs importantes de lipiodol sans le moindre inconvénient.…» et cela à des doses infiniment supérieures à celles employées par les auteurs précités. Ensuite, il prouva sur dés chiens l'efficacité de la phlébographie, d'abord en étudiant la progression du lipiodol dans les veines, puis en cherchant à localiser par cette méthode des obstacles qui existaient au niveau des veines de ces animaux.

Du point de vue clinique. — Notre Maître approuve d’abord les communications faites par LERICHE, à deux reprises, à la Société de Chirurgie (1927) sur la périphlébite : génératrice de «veinospasme » et sur la «possibilité de guérir : définitivement les troubles consécutifs aux phlébites des membres inférieurs en intervenant au lieu de l’oblitération ». Et notre Maître écrit dans son livre : «ces sequelles si imméritées aussi bien par le malade que par le chirurgien et qui compromettent pour l’un et pour l’autre les résultats d’une opération souvent brillante, seront peut-être un jour guéries par notre bistouri, qui, comme la lance d'Achille, réparera le mal qu'il aura causé...»

».. Mais si l’o n veut débloquer une veine comprimée par la périphlébite, faire cesser la veinospasme par une sympathectomie peri-veineuse, il faut en effet pouvoir répondre aux questions suivantes :

1° Ou est le siège principal de la gêne circulatoire ? 29 Quel est son degré et son étendue ?

30 Quelle est la cause exacte, mécanique ou spasmodique, de l’obstruction veineuse ?

40 Quelle est la valeur de la circulation profonde ? 59 Quelle est la valeur de la circulation superficielle ?

6° Quelle est la valeur de la circulation profonde entre les deux. réseaux? .

C'était à cette époque déjà poser le problème de la phlé-

bographie et entrevoir les possibilités de la chirurgie veineuse moderne.

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