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à l'alimentation par le blé noir quelques jours avant furent atteints de la maladie qui sévissait chaque fois que l’on sortait les animaux de la bergerie.
Elle apparaît brusquement chez les moutons que l’on conduit au pâturage. Bien portants à la bergerie, dès qu’ils sont à l’air libre ils manifestent en moins d’une heure les premiers symptômes de l’affection. Une congestion soudaine de la face, des oreilles, des paupières, des narines, des lèvres, de la gorge, parfois même du pourtour de la vulve survient, bientôt suivie de tuméfaction due à l’infiltration œdémateuse du derme. Ces régions dénudées, à peau fine et dépigmentée deviennent chaudes, rouges, un peu douloureuses et très prurigineuses.
A ces manifestations locales du début se joignent des symptômes généraux : le pouls est accéléré, l’artère tendue ; on remarque de la raideur des membres et une sorte d'ivresse avec agitation de la tête. Les malades . font fréquemment entendre des bélements plaintifs, les uns tournoient rageusement ou. présentent des symptômes vertigineux, les autres courent ça et 1à se laissant tomber brusquement sur le sol en proie à des convulsions épileptiformes. En même temps se produit une éruption de vésicules au niveau des surfaces congestionnées et œdématiées ; arrondies et de la grosseur d’un pois à la face, lenticulaires et plus rares aux commissures labiales, ces vésicules renferment un liquide citrin. Elles évoluent rapidement et s’ouvrent spontanément ou sont déchirées par les frottements incessants occasionnés par un prurit intense. Les nombreuses petites plaies qui en résultent
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se recouvrent de croûtes foncées qui deviennent. très adhérentes. La dermite ainsi constituée prend des formes variables de gravité qu’on a décrit sous les noms de vésiculeuse, bulleuse, phlegmoneuse, érysipèlateuse et gangrèneuse. Souvent en effet, quelques heures d'exposition au grand air suffisent pour déterminer une sphacèlisation plus ou moins étendue des oreilles, des paupières ou de 1a peau du chanfrein.
Les muqueuses participent ordinairement à la phlegmasie cutanée: la conjonctivite rend chassieux des yeux déjà à demi-fermés, la cornée devient laiteuse et s’ulcère parfois, la muqueuse nasale envahie par l’éruption laisse écouler un peu de jetage séreux et des ulcérations s’installent à la face interne des lèvres. Ces lésions gênent la respiration, la préhension et la mastication des aliments sont difficiles, on peut noter de la fièvre et de l’inappétence.
Le pronostic de la maladie reste bénin si l’on a soin de soustraire les animaux à l’action du soleil dès l’apparition des premiers symptômes, et dès la rentrée à la bergerie les malades récupèrent rapidement la santé. Ce fait curieux, que n’explique pas la simple hypothèse d’une intoxication alimentaire, est connu depuis longtemps et les anciens vétérinaires avaient bien remarqué que les pauvres moutons recherchent instinctivement l’abri des ombrages. Si les animaux sont au contraire laissés au grand soleil, de graves complications viennent assombrir le tableau clinique et l’on peut observer des cas mortels plus ou moins rapides dus à l’asphytie mécanique par obstruction des premières voies respiratoires, ou à l’apopleæie lumineuse, la mort survenant alors dans le coma.
Dans l’étude du fagopyrisme, nombreux sont les cliniciens qui ont noté ce fait remarquable : les moutons et les agneaux blancs sont les seuls atteints dans la grande majorité des cas, et chez les animaux pies, tachés de blanc, c’est au niveau des régions dépigmentées que se localisent les lésions de dermite ; les moutons noirs passent être préservés de la maladie. Quelques auteurs disent pourtant avoir observé la maladie, ou une affection analogue sur des animaux noirs (Prof. Moussu).