A MONSIEUR LE PROFESSEUR CUNY
Qui nous a toujours témoigné beaucoup de sympathie et de bienveillance.
A MES ANCIENS MAITRES de l’Ecole Vétérinaire de Lyon
Introduction
C’est une notion aujourd’hui universellement admise que l’organisme vivant dépend étroitement du milieu dans lequel il vit : il lui emprunte la matière dont il est'pétri et toute l’énergie que l’entretien de la vie met en œuvre. Aux variations du milieu l’être vivant oppose toute une série de réactions dont les unes tendent vers le maintien du plan physiologique préétabli et les autres vers sa rupture ; suivant la prépondérance des unes ou des autres l’être survit ou succombe.
La vie est donc en somme un équilibre instable entre l’organisme et les forces qui l’environnent.
Parmi ces forces il faut compter notamment lés radiations infiniment diverses qui le baiïgnent ; les unes lui sont favorables, les autres lui seraient nuisibles si la nature prévoyante ne l’avait armé de moyens de protection contre leur excès. Dans cette multitude nous ne retiendrons que les radiations lumineuses visibles et invisibles, à l’action desquelles les animaux offrent leur revêtement cutanéo-muqueux et leurs
phanères, dont l’homme renforce le pouvoir protecteur par l’écran des vêtements les plus divers.
Que ces radiations soient d’une grande utilité pour notre existence, c'est un fait indiscutable. Que d'autre part, Si pour une ‘ause physique l’action de la lumière devient plus intense, ou si pour une raison biologique la sensibilité tégumentaire s’aiguise, notre santé en souffre, ceci ne peut non plus être contesté.
Certains phénomènes pathologiques dus à l’action de la lumière , tels que le coup de soleil, le coup de chaleur ou insolation, sont depuis longtemps connus. D’autres sont d'acquisition bien plus récente; dus à la rupture de l’équilibre dont nous parlions, par suite de l’accroissement de la sensibilité organique vis-à-vis des radiations lumineuses, ils sont classés sous le nom d'accidents de photosensibilisation.
Ces faits infiniment curieux, dont certains avaient déjà abordé l’étude il y a plus de vingt ans, ont attiré l’attention de nombreux chercheurs durant ces dernières années. Ces patients travaux ont dissipé les ombres qui enveloppaient ces phénomènes, à la lumière de ces recherches leur pathogénie s’est précisée, leur portée s’est montrée très générale et le domaine de leurs manifestations bien plus vaste qu’il ne paraissait tout d’abord.
Cet ensemble de faits nouveaux pourrait, semblet-il, changer notablement plusieurs des orientations de la pathologie, et leur étude suffisante apportera sans doute la solution de plusieurs problèmes biologiques non encore résolus. Nous y avons cansacré ce modeste essai, sans avoir la prétention de faire œuvre originale,
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mais, en présence des travaux nombreux que cette notion nouvelle à suscités, tant en pathologie humaine qu’en pathologie vétérinaire, et dont les conclusions sont parfois contradictoires, il nous à paru utile de faire le point et de voir où nous en sommes,
L'intérêt de la question nous fut signalé par notre ‘Maître M. le Professeur C'adéac, qui nous fit l'honneur de nous attacher à son laboratoire, Grâce à ses conseils et aux précieux renseignements que nous à obligeamment donnés M. Auger, chef de clinique à l’Ecole Vétérinaire, nous avons pu élaborer ce travail: A nos deux Maîtres dévoués nous exprimons notre profonde oratitude.
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Notions sur la lumière
Parmi les apparences changeantes que la nature déroule autour de nous, une des premières, la lumière a éveillé la curiosité scientifique que des siècles de méditations et de patientes recherches n’ont pas épuisée.
Qu'est-ce que la lumière ? Quels mystères entourent sa naissance ? La lumière est-elle due à des corpuscules matériels incroyablement petits, légers et rapides ? Est-elle le frémissement d’un milieu qui échappe à tous nos sens, qu’on suppose exister partout et qu’on nomme l’éther ? Les savants ont oscillé entre ces deux conceptions, et si la théorie des quanta a discrédité un moment la théorie des ondes, c’est encore celle-ci qu’on admet le plus généralement puisqu’elle permet d'interpréter des phénomènes que les autres: théories ne peuvent pas expliquer.
La lumière consiste en un mouvement vibratoire électromagnétique de particules très ténues, électrisées négativement séparées par l’éther et mobiles par rapport à lui qu’on appelle électrons.
Un corps lumineux, le soleil par exemple, est le
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siège d’une activité vibratoire, qui se propage en ligne droite dans tous les sens, sous forme d’ondes lumineuses, dont la vitesse est dans le vide de 300.000 kilomètres à la seconde, mais dont la fréquence (le nombre d’oscillations par seconde) est différente. Le faisceau de lumière blanche ainsi envoyé dans notre direction est composé d’une infinité de radiations élémentaires. I1 n’y a donc pas une lumière mais une infinité de lumières que le prisme sépare; elles different entre elles par leur couleur et se disposent dans un ordre immuable: s
Violet, indigo, bleu, vert, jaune, orangé, rouge. D'une couleur à l’autre la transition se fait par une infinité de nuances que notre œil ne peut séparer, mais que des appareils délicats parviennent à. saisir. Chacune de ces lumières monochromatiques est caractérisée par sa longueur d'onde, rapport entre la vitesse
Ÿ | , et la fréquence: — = 1; f atteint des centaines de É
trillions, aussi l’exiguité du nombre représentant À a conduit à la création d'unités spéciales. L’angstrôm, en abrégé U. A. ou A. est égal au 1/10.000 de Micron (2), ce dernier étant égal au 1/1.000 de millimètre (®/*)
La lumière ne se limite pas, comme on le croit communément, à ce que nos yeux en perçoivent, les radiations visibles, susceptibles de donner une sensation JTumineuse, ont des longueurs d’onde comprises entre 3.970 et 7.500 A. environ, qui vont croissant du violet