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CHAPITRE PREMIER

La Photosensibilisation en biologie

Le curieux phénomène de sensibilisation à la lumière a été mis en évidence à la suite des nombreuses recherches scientifiques appliquées à la photographie. Dès 1873, Vogel montrait que l’addition de substances fluorescentes, d’éosine notamment, aux plaques photographiques les rend sensibles à des radiations de longueurs d’onde plus grandes, que celles qui les impressionnent habituellement. Giffard, Alinari et Castellani ont de même adapté la sensibilité du gélatino-. bromure d'argent aux radiations rouges et vertes en utilisant l’érythrosine, l’orthochrome T, l’homocol de Bayer, l’éosine ; la sensibilisation pour les radiations jaunes, oranges et rouges est obtenue par le moyen de la chlorophylle, du violet de méthyle.

Les travaux de A. et L. Lumière et Barbier ont

permis d'étendre encore la sensibilité des sels d’ar-

gent vis-à-vis de radiations de plus grandes longueurs d'onde: la cyanine A sensibilise au rouge et à l’orange tout en conférant une plus ample résonance aux radiatoins comprises entre 5.500 et 6.000 A; de même, la cyanine B sensibilise entre 5.700 et 6.500 À.

Ces résultats nous montrent la rigueur physique du phénomène en ce qui concerne la matière inerte; car il ne s’observe pas uniquement dans le domaine de la photographie; d’ordre très général, ce phénomène se manifeste chez les êtres vivants et on l’observe chez les microorganismes les plus simples comme chez les métazoaires les plus évolués.

Marcucei avait remarqué que le développement des œufs de grenouille est influencé par la quinine, mais seulement à la lumière.

Raab entreprit de vérifier les propriétés photodynamiques de diverses substances qui par leur composition chimique se rapprochent de la quinine. Il expérimenta sur certains infusoires (Paramæcium caudatum) avec des solutions d’acridine, dont il avait au. préalable éprouvé la non toxicité pour les microbés : qui sy trouvaient plongés. Il soumettait ces paramécies à l’irradiation d’une source lumineuse et a constaté que (en plein soleil le paramécinm meurt dans la solution à 1/20.000° en 6 minutes, à la lnmière dif. fuse en 60 minutes, tandis qu’à l’obscurité il survit 42 heures ».

Or, l’acridine étant fluorescente, Raab a répété l’expérience avec d’autres substances fluorescentes : sulfate de quinine, éosine et a trouvé que toutes favorisent l’action lumineuse; aussi a-t-il conclu que la

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iluorescence lui paraissait être la propriété en cause Après lui, Danielsohn et Ullmann, constatèrent le même phénomène avec la lumière électrique:

Ledoux-Lebard reprit en 1902 cette étude méthodique sur des cultures de Paramécies; utilisant des solutions d’éosine à 1/1.000°, il constate qu’au soleil les microorganismes sont tués en quelques minutes, tandis que maintenue à l’obscurité la culture reste vivante pendant deux à trois semaines.

Dreyer exposa en 1903 les résultats de ses recherches par lesquels il prouve que des organismes vivants (infusoires, bactéries), de la peau vivante peuvent, après sensibilisation, se conduire vis-à-vis des rayons rouges, orangés, verts, comme les sels d'argent ; c’est- -à-dire qu’insensibles à ces rayons avant d’être mis en contact avec la substance sensibilisatrice, ils deviennent sensibles à ces radiations dès qu’ils sont sensibi lisés, et de ce fait les rayons rouges, verts montrent une action que l’on considérait comme la propriété exclusive des rayons ultra-violets. Halberstaedter véri- fia les expériences effectuées par Dreyer avec l’érythrosine, précisant bien que les faits observés n’étaient pas la conséquence d’une action toxique du sensibi lisateur. Ù |

En 1907, Von Tappeiner et Jodlbauer tuaient, en les exposant à la lumière, des infusoires et des bactéries imprégnés d’éosine ou d’hématoporphyrine. De même ils constatent avec le sulfate de fer en solution au dix millionième, qui est inoffensif dans l’obscurité, la mort des paramécies après dix minutes d’exposition à la lumière, Lœb à fait des expériences analogues sur des

œufs de cœlentèrés; G. Bohn et Drzewina, sur le sperme d’Echinodermes, sur des planaires et des petits crustacés.

Sacharoff et Sachs ont étudié l’action photodynamique exercée sur les globules sanguins par les matières fluorescentes et confirmé les données fournies par les auteurs précédents ; ils ont constaté aussi que toutes les substances actives sont fluorescentes, mais que leur activité ne croît pas avec la fluorescence. Plus récemment, Fabre et Simonnet, étudiant l’action hémolytique de l’hématoporphyrine sur les globules rouges du cheval, ont vu que cette action est beaucoup plus rapide lorsqu’elle se passe en lumière jaune.

Victor Henri, en 1912, employant une solution colloïdale de sélénium, montre qu’à l’obscurité elle reste sans action sur les protozoaires qu’elle baigne, alors qu’ils sont assez souvent détruits s’ils sont exposés à la lumière et, fait très remarquable, seuls les animalcules qui ont absorbé des particules de sélénium sont détruits par la lumière.

Hertel, en 1905, étudia sur diverses bactéries l’action photodynamique de l’éosine; il fit les constatations suivantes : |

1° Certaines bactéries, si on les expose à une lumière ultra-violette (2.800 A.), sont tuées en 60 secondes, alors que des bactéries de même espèce ne sont pas modifiées après une demi-heure d’exposition aux autres radiations du spectre visible.

2° Si l’on ajoute de l’éosine au milieu où elles sont en suspension, ces bactéries ne sont pas modifiées si on les maintient dans l’obscurité absolue, |

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