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en 1877, qui, les premiers, montrèrent que c'est la partie chimique du spectre qui agit dans la stérilisation des cultures microbiennes. Après eux, . Duclaux, Arloing, Roux, Buchner, Marshall Ward ont étudié cette action et confirmé ce que les premiers auteurs avaient indiqué; ils ont pu établir que le pouvoir microbicide est maximum pour les radiations comprises entre 2.000 et 2.800 A. Il a été utilisé par J. Courmont et Nogier pour stériliser les eaux préalablement filtrées sans supprimer les gaz et les sels. L’héliocution se produit après un court temps qui varie avec l’espèce microbienne, avec l’état de sporulation, elle dépend de la nature du milieu, dont la transparence est une condition sine qua non pour que les germes soient atteints, et de la durée de l’irradiation. Les ultra-violets ont sur les microbes une action directe, ils ne tuent pas les bactéries en modifiant le milieu ; la mort des microbes est précédée de modifications profondes, il se produit soit une véritable ‘bactériolyse, soit une dissociation granuleuse.
L'action des ultra-violets swr la peau est depuis longtemps connue; c’est le coup de soleil, l’actinite bien étudiée depuis Charcot; c’est le physicien Foucault qui le premier semble avoir rapporté cet accident aux UÙ. V., Finsen à démontré nettement leur action, et tout récemment divers auteurs ont précisé que les rayons les plus erythémateux sont voisins de 2.800 A. Après une exposition plus ou moins longue au soleil, ou après une séance prolongée devant la lampe de quartz, on voit survenir d’abord un, crythème de chaleur passager, qui colore Ja peau en vermillon; mais:
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si l’insolation ou l’irradiation se prolonge, on voit apparaître plus ou moins rapfdement un erythème secondaire de teinte carmin qui mérite le nom de photochimique et qui se développe progressivement après un certain temps de latence. De petites extravasations sanguines se produisent qui permettent à l’hémoglobine d’imbiber les premiers plans du derme. Bientôt la dermite se complique d’œdème douloureux et à un degré de plus apparaissent des phlyctènes. Les jours suivants une | pigmentation plus ou moins foncée se substitue à l’erythème et les accidents sont suivis de desquamation plus ou moins intense. L’erythème solaire s'accompagne de lésions histologiques bien étudiées par Miramond de Laroquette, Leredde et, Pautrier. Elles intéressent avant tout l’épiderme et affectent particulièrement la couche granuleuse et celle de Malpighi. Les noyaux cellulaires sont surtout : frappés ; le derme réagit par une dilatation vasculaire. Les leucocytes s’infiltrent dans la couche papillaire, puis dans la zone superficielle et déposent le pigment entre la couche dégénérée et la zone de régénération. Ainsi les U. V. soit à causé d’une sensibilité spéciale des cellules comme on l’observe chez les blonds, soit par suite d’une action trop prolongée ou trop intense : traumatisent la peau ; cette action locale s’accompagne parfois de symptômes généraux à allure toxémique qui résulteraient de la résorption des éléments nocifs élaborés au niveau des lésions. Lorsque l’irradiation est suffisamment progressive, le coup de soleil ne se produit pas: on observe l’apparition d’une pigmentation intense. Ce phénomène semble indiquer un effort da: -
daptation de la cellule et réalise une protection efficace contre l’actinite; il s’accompagne d’un abaissement de la teneur du sang en tyrosine et se trouve en rapport étroit avec le degré d'activité des glandes à secrétion interne.
Le rôle physiologique du pigment reste fort discuté ; . si quelques-uns lui accordent un rôle protecteur, d’autres le considèrent comme un accumulateur ou un transformateur d'énergie, d’autres enfin se demandent s’il n’agirait pas à la façon d’un catalyseur.
Quoi qu’il en soit, érythème et pigmentation traduisent l’action des rayons actiniques sur des cellules non accordées à leur rayonnement; lorsque les cel: lules tégumentaires sont au contraire préparées à recevoir l’énergie chimique, on observe des modifica: tions fonctionnelles de l’organisme. Au cours des irradiations, les sujets accusent une euphorie remarquable, dûe à une stimulation du système nerveux; cet effet coïncide avec des modifications humorales: le nombre des globules rouges augmente ainsi que la quantité d’hémoglobine, la résistance globulaiïire s’accroît. Les modifications du plasma mettent en évidence l’action des U. V. sur les échanges nutritifs, qui indiquent que la lumière, agissant comme un principe d'équilibre, tend à ramener à la normale les métabolismes altérés. En particulier les rayons actiniques provoquent la fixation dans l’organisme du calcium et du phosphore; en moins d’un mois, sous l’influence de l’irradiation, on voit chez les rachitiques le taux du calcium passer de 8 à 11,5 centigrammes par litre de sang; la phosphatémie subit un accroissement
| parallèle, les changements portant surtout sur le phosphore salin. Les radiations actives semblent situées entre 4.000 et 2.800 A. Après irradiation, on peut noter une chute de la pression sanguine avec hypoglycémie ; différents auteurs ont constaté l’intensification . des échanges respiratoires ; il semble enfin que les U. V. accélèrent le métabolisme général, ce qui ‘expliquerait leurs effets favorables chez les goutteux. La rate, les organes hématopoïétiques sont nettement influencés pa l’irradiation qui peut bouleverser leur nutrition (Pech, Jolly).
Nous voyons par ce rapide exposé que l’irradiation U. V. a des effets variés, qu’elle agit non seulement sur l’épiderme mais sur tout l’organisme. Ce que nous savons de la pénétration de ces rayons nous indique assez qu’il ne saurait être question de leur attribuer une action chimique directe sur le sang et les tissus. En ce qui concerne le rachitisme, les recherches nouvelles des auteurs américains sur les propriétés antirachitiques des substances irradiées pemettent de supposer que les U. V. confèrent aux lipoïdes de l’épiderme des propriétés analogues à celles qu’acquiert la peau irradiée in vitro: l’ergostérol se transforme en vitamine D.
Faute d'explication chimique pour les autres effets des rayons courts, on à dû rechercher parmi leurs propriétés physiques celles qui permettent d'interpréter les faits. Si Rothmann explique leur action générale par un abaïissement du tonus sympathique, pour Rollier ils sont transformés par le pigment en rayons caloriques qui agissent pour leur propre compte.
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Th. Christen pense que les U. V. déterminent dans la peau une fluorescence d’où résultent des rayons ê qui, gagnant les tissus, provoquent la formation de substances à effet toxique. Selon Saidmann, l’irradiation, provoquerait l’émission dans les cellules épidermiques de rayons cathodiques qui agissent sur les échanges osmotiques dans les cellules ou le plasma qu’ils rencontrent. Certains admettent une action cata-, lytique ou un effet stimulant sur une propriété tégumentaire de défense antitoxique.
Keller, sans préjuger de rien des phénomènes qui provoquent les altérations cellulaires, pense que ces produits de destruction résorbés produisent des effets analogues à ceux qui résultent de l’administration . parentérale de protéines, et que les U. V. agissent par choc toxique. C’est l’opinion de Guillaume qui admet toutefois que les U. V. se transforment dans l’épiderme corné en fluorescence.
En résumé, si les U. V. ont une action générale
favorable, ils peuvent aussi causer des troubles locaux et généraux.
Définition de la Photosensibilisation .
L'étude des propriétés fondamentales de la lumière nous à montré que l’action abiotique des radiations lumineuses est d'autant plus prononcée que leur fréquence vibratoire est plus grande ; aussi. dans les conditions ordinaires, les seules radiations susceptibles d’occasionner des troubles chez un organisme normal appartiennent aux wltra-violettes, tandis que les radiations lumineuses vraies n’ont aucun effet nocif. Or, l’observation et l’expérimentation nous apprennent, que, si l’aptitude individuelle à réagir sous l'influence des radiations lumineuses varie considérablement dans une même espèce, il existe néanmoins des cas anormaux qui traduisent chez certains sujets une sensibilité morbide à la lumière. Ces individus, placés dans les mêmes conditions d'irradiation qui laissent indifférents le commun des individus de même espèce, présentent des altérations photo-réactionnelles, C’est ainsi que l’on voit certains sujets présenter une coup de soleil sous l’influence des pâles rayons d’hiver, que le brouillard et les poussières de l’atmosphère urbaïne avaient déjà atténué,
Ces états morbides traduisent une photosensibilisation.
La sensibilisation, selon Dreyer, c’est la propriété qu'ont certaines substances de rendre plus sensibles à l’action de la lumière les organismes inférieurs et les cellules des organismes supérieurs. Au cours de ce travail nous verrons que la photosensibilisation résulte de l’introduction ou de l’apparition dans un organisme de corps fluorescents qui rendent actives sur cet organisme des radiations qui le laissaient auparavant indemne, cette transformation d'énergie aboutissant à l’éclosion d'accidents dits photodynamiques.
Nous verrons que ce n’est pas un phénomène d’exception, mais au contraire un phénomène très général, assez répandu dans la nature et qui trouve son appli. cation dans l’étiologie de nombreuses maladies. Il s’observe aussi bien chez les êtres vivants que dans le monde de la matière inerte; si l’on peut à volonté modifier la sensibilité des sels d'argent à la lumière, on observe la photosensibilisation aux diverses radiations visibles chez l’homme, les animaux et les plantes, comme chez les protozoaires et les bactéries.