SENS
que ces radiations ne sont pas absorbées par les deux
colorants précédents.
Sur les organismes supérieurs, hautement différenciés, animaux ou végétaux, des faits semblables ont été constatés par les chercheurs.
Dreyer en faisant agir la lumière filtrée par le monochromate de potasse sur l’oreille saine d’un lapin n’obtient aucun résultat, alors qu’il observe de l’œdème sur l’autre oreille sensibilisée par lérythro-. sine à 1/100 qui n’a pas d’action irritante par ellemême.
Halberstaedter est parvenu à sensibiliser localement des cobayes par injection hypodermique d’érythrosine stérile et a constaté que seuls les animaux sensibilisés et exposés à la lumière présentent une lésion locale. |
Jacobson, injectant à des grenouilles de l’éosine à une dose bien supportée à l’obscurité, remarque que l’exposition au soleil provoque une vive excitation de l’animal, suivie de paralysie au bout de six heures et de mort le lendemain.
Saccharoff et Sachs en utilisant l’érythrosine ont réussi à conférer une sensibilité générale à des souris blanches. Si on les expose aux rayons lumineux elles meurent en 2 heures 1/2 après avoir présenté de l’érythème et des troubles nerveux. Les témoins injectés et tenus à l’abri de la lumière ne manifestent aucun symptôme d’intoxication.
Joldbauer et Busk, injectant du rose bengale à des souris, constatent la chute des poils et de l’exophtalmie, puis de la nécrose des oreilles après exposition
à la lumière bien que l’action de la chaleur ait été éliminée.
Harris, puis W. Haussmann ont relaté en 1911 l’action photodynamique de l’hématoporphyrine chez la souris et le rat blancs et ont obtenu une action similaire avec la chlorophylle. Les accidents observés sont plus ou moins dramatiques : L’animal peut tomber dans le coma quelques minutes après l’exposition à la lumière, c’est l’apoplexie lumineuse. La forme aiguë se traduit par des symptômes précoces d'irritation ; l’animal agité se gratte; après quelques minutes les oreilles deviennent rouges, les paupières se ferment, l’animal se fatigue, présente parfois des convulsions tétaniformes et succombe en quelques heures. Dans la forme subaiguë on observe surtout des œdèmes cutanés et la nécrose des oreilles caractérise la forme chronique.
Gassul à constaté à l’autopsie des animaux sensibilisés des altérations histologiques des reins, du foie, des poumons, de la rate, consistant en hyperémie, . ectasie, extravasations, infiltrations cellulaires.
Des accidents s’observent aussi chez les grands animaux, les vétérinaires allemands en ont fait involontairement l’expérience. Dès 1900, Titze a rapporté la sensibilisation par l’éosine des chevaux alimentés avec de l'orge à bestiaux que l’administration allemande avait fait teindre pour le distinguer des orges de brasserie. Elle avait compté sans l’action photodyna- -mique du colorant, et si les animaux ne furent pas incommodés à l’écurie, il n’en fut pas de même au pâturage où la lumière occasionna d'assez graves accidents toxiques.