‹ Contribution A L'Etude De La Physionomie Chez Les AliénésChapitre 11 sur 25 · ARTICLE I · texte numérisé non relu

ARTICLE I

Sentiments attractifs ou de sympathie.

À quelque groupe qu'appartienne un sentiment, nous le trouverons toujours composé de plusieurs éléments. Il n’est donc pas indivisible, indécomposable. Sans doute, et c’est ce qui fait que nous avons tenté de les grouper, quelques-uns ont des caractères communs, ou tout au moins un; mais nous verrons sé grouper autour de ce point fondamental d'autres phénomènes qui donneront aux sentiments leur cachet particulier et Les différencieront les uns des autres.

Un exemple fera mieux comprendre.

L'admiration peut être considérée comme se composant de l'élément surprise auquel viendraient se joindre en tout ou en partie les phénomènes attention et désir.

La surprise se caractérise par la faible ouverture de la bouche. La lèvre inférieure s’abaisse plutôt par relâchement de la tonicité de la zone marginale du sphincter labial que par contraction de ses muscles abaisseurs, tandis que la zone

périphérique de ce mème sphincter, en se contractant légèrement, porte un peu les lèvres entr'ouvertes en avant.

Les yeux sont ouverts et les sourcils légèrement élevés.

L’attention, caractérisée par la contraction du muscle sourcilier, ne se manifeste que partiellement, et l’on ne constate que le léger rapprochement des angles internes des sourcils.

Enfin, l’élément désir intervenant, se traduit par un mouvement de la tête qui s'approche de l'objet qui provoque l'admiration.

Si l’un de ces différents phénomènes prend une importance prépondérante, on pourra avoir différentes nuances dans le jeu de physionomie exprimant ce sentiment.

De même, cette mimique variera suivant que Le mobile, la cause est de nature gaie ou empreinte d’une idée belle, grandiose, courageuse, réjouissant les sens ou attristant l'esprit. . Chez les natures primitives dont l'intelligence, ou mieux, l'éducation intellectuelle est peu développée, l'admiration se manifeste d’une autre facon que chez les individus d'esprit cultivé.

En outre, l'ensemble de la physionomie admirative variera suivant que tel sens ou tel autre aura transmis l’objet de la sensation.

Quoique un des caractères de la mimique de l'admiration soit d'ouvrir largement les yeux, on peut voir des individus les fermer, tout en conservant le facies de ce sentiment, lorsque le sens de l’ouie, comme dans la musique par exemple, reçoit les vibrations destinées à nous ravir.

Cependant, même dans ce dernier cas, persisteront Îles caractères fixes de cette émotion : c’est-à-dire, la légère contraction des muscles sourciliers, moins forte que dans l’attention, la légère élévation des pommettes moins prononcée que dans le rire, Le léger élargissement consécutif du visage, moins considérable que dans la figure épanouie du grand bonheur et surtout l’entr'ouverture de la bouche.

LS

De l'admiration, voyez comme il faut peu de chose pour passer aux sentiments voisins.

Dans l’extase par exemple, les yeux et la bouche sont ouverts mais là, l'élévation des sourcils est plus prononcée, pour permettre aux paupières de s'élever davantage.

La bouche est plus largement ouverte, mais encore, bien plutôt par disparition du tonus sphinctérien que par l’action des fibres dilatatrices.

L'entrainement des sourcils en haut nuit à la faible contraction des muscles sourciliers que nous avions constatée dans le sentiment précédent. Il'a lieu pour permettre au regard de se porter obliquement, en haut, et latéralement, mouvement qui est, comme le fait remarquer Duchenne (de Boulogne) complémentaire de l’extase et du délire sensuel.

Dans l’extase, nous ne trouvons pour ainsi dire point de contraction énergique, car il y a comme un sentiment particulier qui nuit à toute action volontaire.

De même que devant les grands spectacles de la nature, l’homme souventse recueille et reste muet, de même l’extase provoquée le plus fréquemment par la contemplation des choses célestes stupéfie le masque, mais sans raideur, et seuls les yeux s'élèvent, subissant une sorte d’attirance.

Au contraire, l’attention, qui est une manifestation de la volonté, se traduit par des actions musculaires et des contractions, partant, des effets physionomiques d'autant plus

intenses que l’attention est plus soutenue, plus prolongée,

qu'il y a plus d'obstacles à la production de ce sentiment.

Le sourcilier se contracte violemment, ramène l’une près de l’autre les extrémités internes des sourcils et les élève. De profondes rides verticales sillonnent le front sur la ligne médiane.

La réflexion et la méditation procèdent de l'attention. Nous voyons alors le même facies dans ces trois cas et, comme nous venons de le dire, ce facies est principalement

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