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caractérisé par les rides verticales frontales médianes provoquées par la contraction du musele sourcilier.
Duchenne (de Boulogne), dit Darwin, a appelé ce muscle: le muscle de la réflexion, ce qui n’est pas exact. Le fait principal qu'indique la contraction de ce muscle est plutôt la présence d’un obstacle à vaincre et qu'il faut franchir.
Il existe bien, en somme, cet obstacle dans la réflexion, puisqu'il faut, pour que la réflexion soit complète, suppression de tout ce qui peut détourner l'attention et l’action de lintelligence sur la connaissance acquise.
Le sourcilier serait alors plutôt le muscle du faciés de la résistance ou de la volonté.
Dans toutes les races, les hommes froncent les sourcils quand ils ont l'esprit perplexe pour une cause quelconque.
Comme le fait remarquer Sir Ch. Bell, ce froncement donne habituellement à la physionomie une expression d'énergie intellectuelle, et Darwin se range à son opinion en faisant remarquer qu'une méditation profonde ne peut être poursuivie longtemps sans quelque difficulté et qu'elle s’accompagne en général du froncement des sourcils.
Dans le phénomène attention, le regard doit être clair et vif, ou bien dirigé en bas, ce qui a souvent lieu dans la réflexion profonde.
Darwin ajoute plus bas que dans la méditation, qu'il décrit d'ailleurs dans le même paragraphe que la distraction, les sourcils ne se froncent pas et que le regard semble errer dans le vide.
Nous ne croyons pas qu'il y ait analogie entre le facies de la distraction et celui de la méditation.
Bien loin de là. La méditation se rapproche singulièrement de l'attention, tandis que la distraction s'en éloigne.
S'il est compréhensible que le facies de La distraction diffère de celui de l'attention, que le sourcilier ne soit pas con-
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tracté et que le regard semble errer, il est illogique de croire qu'il en soit ainsi dans la méditation.
L'attention recueille des matériaux, la méditation les étudie. L’attention suppose un phénomène extérieur au moi; la méditation, le contraire; elle analyse les sensations reçues; c'est une réflexion prolongée avec une plus grande intervention de l'intelligence, un travail plus pénible.
Il ya lutte, car il y a obstacle, et Darwin, pour être d'accord avec le rôle qu'il attribue au sourcilier, devait indiquer la contraction des sourcils comme dans l'attention. C'est en effet ce qui a lieu.
La méditation sans contraction des sourciliers est la rèverie, parente bien proche de la distraction.
Il y à cependant une différence entre l'attention et la méditation. Dans les deux cas, le sourcilier est contracté, mais le regard est bien différent et par suite l'expression physionomique.
Comme nous le disions plus haut, l'attention exige un phénomène extérieur, et dans ce but nous adaptons nos sens de facon à le mieux saisir. Si le phénomène est visible, nos yeux sont très ouverts et notre regard clair et fixe. S'il est perçu par l’ouïe, par exemple, on observe la tension de la tête et quelquefois même du corps vers la cause de la sensation.
:s yeux, dans ce cas, peuvent se fermer pour ne point spporter de distraction aux sensations auditives, souvent ils restent ouverts el le regard est fixe vers un point sans intérêt.
Dans la méditation, si les yeux sont ouverts, le regard est vague. Le plus souvent ils sont fermés.
Nous verrons plus lard combien ces différences sont marquées chez l’aliéné dont les sentiments sont généralement excessifs par rapport à l'état normal.
Chez le mélancolique par exemple, où l'attention a perdu beaucoup de sa puissance, c’est surtout dans l'attitude médi-
tative qu’on le voit, alors que chez le persécuté simple, le phénomène attention est exagéré. Il cherche à surprendre des voix ou des gestes en rapport avec son délire, il est tout yeux, tout oreilles. |
Dans la classification des muscles de la face, donnée par Duchenne (de Boulogne) au point de vue physiologique, cet auteur n’attribue plus au sourcilier l'expression de l'attention, mais celle de la douleur, ce qui supposérait : obstacle. Il se range done à un avis proche de celui de Darwin. Cest au frontal qu'il attribue le premier rôle dans le facies attentif, et il fait de l'orbiculaire palpébral supérieur le muscle de la réflexion.
L'orbiculaire peut être à un certain point de vue considéré comme muscle de la réflexion, en ce sens que si le sourcilier provoque l'attention, le muscle qui, par son adjonction, augmentera son action, tel l’orbiculaire supérieur, provoquera une attention plus forte, plus soutenue, qui est la réflexion.
Nous ne croyons pas que le frontal soit le muscle de l'attention mais plutôt celui de l'étonnement, de la surprise.
Parmi les sentiments attractifs nous avons rangé l'amour. Nous aurions pu le classer parmi les sentiments de bonheur, mais il nous a paru qu'il pouvait être un sentiment pénible et que son caractère particulier reposait surtout sur le phénomène d'attraction entre déux êtres.
Rien n'est plus difficile à caractériser au point de vue physionomie ou mimique, que ce sentiment, sauf cependant lorsqu'il se manifeste avec intensité.
En général, c’est une résultante de tant de sentiments divers, que cette émotion n'a vraiment pas de caractères propres. C’est un mélange d’admiration et d'extase auquel se mèle soit le rayonnement du bonheur ou l'empreinte de Ja tristesse.
Chez l'aliéné dont les manifestations psychiques sont
plus violentes et chez lequel, en outre, les sentiments d'amour sont souvent déviés, nous verrons qu'à quelques symptômes on pourra dans certains cas juger de l’existence ou non de ce sentiment. Chez l'individu normal, on ne peut deviner les sentiments affectifs que lorsqu'ils sont exaspérés ou contrariés; dans les deux cas, ils touchent de bien près aux phénomènes que nous rencontrons chez les malades. Nous y reviendrons plus tard.