‹ Contribution A L'Etude De La Physionomie Chez Les AliénésChapitre 15 sur 25 · ARTICLE IV · texte numérisé non relu

ARTICLE IV

Sentiments de malheur.

Le mécontentement provoque une légère contraction du sourcilier, qui s'accentue d'autant plus que le sentiment s’exagère et que l'individu s'efforce de ne point pleurer.

En effet, les pleurs s’accompagnent d'une contraction énergique des sphincters palpébraux, contraction qui s'oppose notablement à l’action du sourcilier.

Des plis transversaux à la base du nez indiquent la participation des pyramidaux du nez.

. Enfin les coins de la bouche s’abaissent. C'est maintenant qu’agissent les antagonistes du risorius et du grand zygomatique. Tandis que les coins de la bouche s’abaissent, les parties médianes de la lèvre supérieure s'élèvent par la contraction des muscles petit zygomatique pour ce qui est du pleurer modéré et des muscles élévateurs propres et communs, de ces derniers surtout dans le pleurer à chaudes larmes.

En mème temps que s’abaissent les coins de la bouche, s'abaissent les angles externes des sourcils et que s'élèvent leurs angles internes; ce qui contribue à leur donner une direction très-oblique et entraîne la formation d’une courbure très particulière de la paupière supérieure.

Cette élévation des angles internes est due à la contrac-

Le M

tion des faisceaux médians du muscle frontal (rides horizontales médianes.)

De la contraction du sourcilier, quoique entravée comme nous l’avons vu, et de celle des faisceaux médians du frontal, il résulte à la fois des rides verticales et horizontales, qui présentent ceci de particulier qu’elles ne se produisent que sur la partie moyenne du front.

Ces phénomènes des muscles de la douleur (Darwin) se passent dans la douleur morale beaucoup plus souvent que dans la douleur physique.

Cette expression de la douleur était familière aux anciens sculpteurs grecs, ainsi que nous Le voyons par les statues de Laocoon et d’Aretius; mais comme le remarque Duchenne (de Boulogne), ils commettaient une erreur anatomique grave en faisant traverser toute la largeur du front par des rides transversales. Il est plus vraisemblable de croire, cependant, que des artistes d’une perspicacité si merveilleuse n'ont pas péché par ignorance, mais ont sacrifié volontairement la vérité à la beauté; car il est certain que des rides rectangulaires au milieu du front n'auraient pas fait grand effet sur le marbre. Cette expression à son plus haut degré n’est pas souvent représentée dans les tableaux des anciens maîtres.

Dans la Descente de Croix de Fra Angelico, à Florence, on la distingue nettement sur l’une des figures de droite.

Lorsque l'abattement se produit, la circulation s’alanguit, le visage pâlit, les muscles se détendent, souvent l’on percoit une sensation générale de froid, un frissonnement: les paupières s’abaissent, la tête se penche sur la poitrine oppressée, les lèvres, les joues, la mâchoire inférieure s’affaissent sous leur propre poids, tous les traits s’allongent. Une souffrance prolongée rend les yeux ternes, inexpressifs.

N'est-ce pas là, vraiment, le tableau de l’aliéné mélancolique? peut-on soutenir avec quelque apparence de vérité

e de l'a l'aliéné est log que, Ailes n’est, chez lui s, que le “miroir de ses sentiments. Litie le nous essaierons de de dE le chapitre

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