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est destinée à allonger le diamètre transversal de la fente buccale.
Ces trois muscles sont : le petit zygomatique, le grand zygomatique et le risorius de Santorin.
Tous trois se rendent à la muqueuse buccale presque au même point, près de la commissure, mais ils viennent de points relativement éloignés les uns des autres, ce qui leur donne une direction et par conséquent une action différentes.
Le petit zygomatique, quoique oblique de bas en haut et d'avant en arrière, est assez rapproché de la verticale pour que son action concorde avec celle des élévateurs, et, comme le fait remarquer Duchenne (de Boulogne) « loin de s’associer au grand zygomalique pour concourir à l'expression des sentiments gais, il s'associe au contraire aux deux élévateurs pour exprimer la tristesse dans toutes ses nuances, un simple attendrissement lorsqu'il se contracte à peine, une douleur vive accompagnée de larmes lorsque ses contractions deviennent plus énergiques ».
Comme le précédent, sur la face externe de l’os malaire, mais plus en dehors et en arrière, plus horizontal par conséquent, s'attache le grand zygçomatique.
Il attire en haut et en dehors la commissure des lèvres. Quoique son obliquité ne soit pas beaucoup plus considérable que celle du petit zygomatique, le grand zygomatique produit par sa contraction un résultat tout différent.
C'est maintenant la joie à tous ses degrés et dans toutes ses nuances.
C'est le seul, dit Duchenne (de Boulogne), qui exprime complètement la joie, depuis le simple sourire jusqu’au rire le plus fou.
Enfin, le troisième muscle, presque complètement horizontal celui-là, attire en arrière la commissure.
Le risorius de Santorini dépend du peaucier du cou, dont il
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représente les faisceaux supérieurs, souvent indépendant du reste du muscle mais pouvant parfois se confondre avec lui d’une facon intime.
Il naît en arrière par un ou plusieurs faisceaux du {issu cellulaire qui recouvre la région parotidienne; il irait mème jusqu’au sterno-mastoïdien.
Son action s'associe à celle du grand zygomatique pour provoquer Le sourire et à celle du buccinateur pour agrandir le diamètre transversal de la bouche.
Le peaucier de la face et du cou continue le plan du risorius de Santorini. Il s’insère en bas, au tissu cellulaire souscutané des régions sous-claviculaire et acromiale. La direction de ses faisceaux est oblique en haut et en dedans. En haut, ce muscle s'attache à la face profonde de la peau de la région mentonnière par ses faisceaux internes entrecroisés sur la ligne médiane; au tiers inférieur de la ligne oblique du maxillaire, par ses fibres moyennes qui s’entrecroisent au niveau de leur insertion avec les faisceaux d’origine du triangulaire des lèvres; enfin, les fibres externes vont jusqu à la peau de la commissure labiale. Les fibres les plus supérieures sont souvent contiguës à celles du risorius de Santorini. Ce muscle atrophié chez l'homme, attire en bas la peau du menton et la lèvre inférieure : c'est, dit Cruveilhier, le muscle des expressions tristes, de la colère, de la terreur et de la souffrance.
Enfin, le plus profond des muscles est le buccinateur. I est plat, disposé en éventail et naît en arrière sur une longueur de plusieurs centimètres. Ses fibres convergent vers la commissure des lèvres où elles s’entremèlent avec les fibres des orbiculaires. Les fibres moyennes sont tout à fait horizontales, les fibres supérieures et inférieures sont obliques.
Il agrandit la fente buccale en tirant les commissures en arrière. Son action principale est de comprimer l'air accumulé dans la bouche et de le chasser doucement ou violem-
SÉOREZ
ment suivant la force de ses contractions (buccinare — jouer de la trompette), et encore de ramener entre les arcades dentaires les aliments destinés à être triturés.
Un mot seulement pour signaler les muscles des mâchoires dont le but principal est la mastication, mais qui, dans certains cas jouent un rôle dans la mimique. Tel est le masséter, dont on voit les faisceaux saillir sous la peau chez les personnes maigres qui serrent violemment ou convulsivement les arcades dentaires les unes contre les autres. Tels sont encore les muscles qui fournissent des mouvements de latéralisation à la mâchoire inférieure dans l’action de grincer des dents par exemple, et encore les muscles abaisseurs de cette mâchoire, dans l’ouverture violente de la bouche.
: L'étude précédente des muscles de la face, incomplète au point de vue anatomique, a pour but de montrer qu'autour des différents orifices de la face : les yeux, le nez, la bouche, se trouvent à la fois un sphincter constricteur et un plan rayonné de fibres dilatatrices, plan plus ou moins complet dans toute sa périphérie.
Il y a, d'autre part, comme nous l'avons vu, une prédominance des fibres rayonnées élévatrices.
Les sphincters des yeux et de la bouche donnent l’occlusion absolue, celui des narines est peu développé. Dans l'échelle animale, on trouve ce sphincter beaucoup plus parfait, et chez l’otarie par exemple, l’orifice nasal jouit d’un sphincter assez puissant pour provoquer le rapprochement total des narines et leur contact de chaque côté de la cloison du nez.
Tout cet appareil musculaire est mis en mouvement par des filets des nerfs craniens des III, IV°, Ve, VI: et VIT paires.
Les nerfs sympathiques viennent du cordon cervical du
nerf et accompagnent chacune des branches de division de. l'artère carotide externe.
D'autres arrivent par l'intermédiaire des artères de la base du crâne et proviennent de deux cordons qui ont pénétré dans la cavité cranienne en même temps que le tronc de la carotide interne.
C’est par l'intermédiaire de ces différents rameaux nerveux, soit sensitifs, soit sympathiques, que se produisent les effets émotifs que l’on remarque du côté de la face; mais cette action ne fait que se transmettre aux vaisseaux et provient de différents centres nerveux.
L'action qui agit pour produire l'émotion se passe dans la protubérance annulaire, ainsi que l’a démontré Vulpian.
C’est là que se produit le phénomène sous la dépendance duquel surviennent des modifications vasculaires, consistant tantôt en une exagération, tantôt en une cessation plus ou moins complète du tonus des vaisseaux. Lorsque la rougeur émotive survient, elle succède à une paralysie du tonus, tandis que la pâleur est sous la dépendance d’une exagération de ce même tonus vasculaire.
Pour les muscles de la face, dit M. le D' Rosenbach!, il faut distinguer, en outre des mouvements volontaires et des mouvements réflexes proprement dits, les mouvements de la mimique. La paralysie peut exister pour ces derniers mouvements, alors que pour les mouvements volontaires le fonctionnement reste normal.
Charles Bell a, le premier, attiré l’attention sur ce fait, et a cité l'observation d’un malade pouvant, sous l'influence de la volonté, faire fonctionner les muscles innervés par le facial, alors que dans les expressions mimiques (rires ou pleurs) la fonction de ces mêmes muscles paraissait com-
plètement abolie.
1. Innervation des mouvements mimiques (Neurologische Centralblatt, 1886).