‹ Contribution à l'étude de la pneumectomieChapitre 13 sur 59 · ORNE · texte numérisé non relu

ORNE

Réseclion de la portion herniée du poumon

8 septembre. — Je pratique la résection de la tumeur pulmonaire avec l’écraseur linéaire. Bien que cette section faite lentement ait demandé une demi-heure environ, il s'écoule un peu de sang noir par la surface. Le thermo-cautère arrête facilement cet écoulement. Le malade n’a pas été chloroformé et n’a pas souffert pendant l’opération. Pansement de Lister. Je dois noter, une fois pour toutes, qu'il ny a jamais eu d'hémoptysie dans tout le cours de la maladie.

9 septembre. — On remarque une œdème notable des bourses, principalement à gauche.

10 septembre. — L’inflammation qui existait au moment de l’opération autour de la plaie du thorax s’est accentuée ; il y a un peu d’œdème. Je fais une incision verticale de quatre centimètres qui donne issue à du pus noirâtre et fétide : drain.

Les jours suivants, les pièces de pansement sont salies par une quantité de plus en plus grande de pus mal lié. Ce pus s'écoule assez mal quand le malade tousse ; on voit comme un jet de pus très fluide s'échapper par la plaie du thorax.

13, 14 et 1$ septembre. — La fièvre augmente, la température est à 3906 et le pouls est à 116. Je m'aperçois que le pus a une odeur urineuse. Cependant le malade n'urine pas involontairement dans son lit. Pour éviter toute cause d'erreur, je prends les précautions nécessaires dans la confection du pansement. J'acquiers la conviction que le pus qui vient de la plaie du thorax a indubitablement et franchement une odeur urineuse.

Du 15 au 25 septembre, la situation locale est la même ; de petits abcès se forment autour de la plaie du thorax. L’hypochondre gauche reste tuméfié et douloureux. Fièvre régulière entre 3708 et 39°6. Râles de bronchite aux deux bases. A la base gauche, légère matité. Le malade s'amaigrit et perd ses forces. La néphrectomie est proposée, acceptée et pratiquée le 26 septembre.

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Cette opération fut suivie d’un soulagement marqué et d’un amendement de la plupart des symptômes.

La veille de opération, la température était à 3904 et le matin du jour à 38°8. Le soir même, la température tombe à 38°2; le lendetuain matin, elle était à 37°8 et oscilla ensuite 37°5 et 38°. Pas de manifestations urémiques. Quantité des urines : 700 grammes après l’opération monte à 1800 grammes. La réunion de la plaie par première intention fut obtenue, mais par les drains il s’écoulait toujours une assez grande quantité de pus. Je raccourcis les drains, je les remplaçai par des drains plus petits. Bref, je ne pus les retirer définitivement que le 26 novembre, lorsque la suppuration fut à peu près complètement tarie. Départ de l'hôpital le 21 décembre; à ce moment, les urines sont claires de densité : 1022. Quantité par 24 heures : 1920.

Malade revu plusieurs fois depuis sa sortie de l’hôpital. Sa santé est parfaite. T1] raconte qu’au mois de janvier 1886, en soulevant une pierre, il a senti une petite douleur au niveau de la plaie du thorax. Depuis ce jour, quand il tousse, il voit apparaitre à ce niveau une petite grosseur. En effet, dans les eflorts de toux, on perçoit sous la cicatrice solide des tévumentsune tumeur grosse comme la moitié d’une mandarine. Cette tumeur disparait aussitôt que la toux cesse. Les doigts reconnaissent alors entre les deux côtes un hiatus produit par l'écartement des muscles intercostaux, dont les bords divisés par le couteau se sont cicatrisés isolément à une certaine distance l’un de l’autre. Rien à la percussion ni à l’auscultation.

La portion du poumon enlevée est aplatie, de forme triangulaire; elle a 8 centimètres de largeur et 8 centimètres 1/2 de longueur. La largeur du pédicule sectionné est de 4 centimètres.

L'auteur de l'observation ajoute les réflexions suivantes : « Quelle est la conduite à tenir en présence d'une hernie du poumon? Faut-il réduire ? Convient-il de réséquer? N'ayant vu le malade que le quatrième jour,

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je trouvaile problème simplifié. Les suites de l'opération ont été bénignes ; le poumon a repris plus tard toute sa mobilité. Mais n’aurait-il pas mieux valu attendre? La destruction lente de la portion du poumon herniée et le bourgeonnement consécutif du pédicule n'eussent-ils pas mieux mis à l'abri d’une pneumocèle ultérieure? »

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